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Rapport du BAPE sur GNL Québec : des réactions aux antipodes

Une affiche sur un terrain vague.

L'usine de liquéfaction de gaz naturel de GNL Québec serait construite près du terminal maritime de Grande-Anse, dans l'arrondissement de La Baie à Saguenay.

Photo : Radio-Canada / Pascal Girard

Les réactions se multiplient pour et contre le projet de construction d’une usine de liquéfaction de gaz naturel à Saguenay, à la suite du dévoilement du rapport du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) sur GNL Québec.

Le député conservateur de Chicoutimi–Le Fjord, Richard Martel, croit toujours en la pertinence du projet Énergie Saguenay. Il estime que le rapport du BAPE, qui relève plusieurs failles tant sur des points économiques que sur des points environnementaux, poussera GNL Québec à l'améliorer.

C’est une nouvelle étape franchie pour un projet qui ne cesse de s’améliorer depuis sa présentation en 2014. Sans beaucoup de surprise, le BAPE ne rejette pas le projet, mais demande à GNL Québec de montrer son impact positif à l’échelle planétaire, a déclaré le député fédéral et lieutenant de son parti au Québec, dans un communiqué diffusé en début d'après-midi.

Bien qu'ils se soient opposés à des projets d'énergies fossiles dans l'Ouest canadien par le passé, les deux députés du Bloc québécois du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Alexis Brunelle-Duceppe (Lac-Saint-Jean) et Mario Simard (Jonquière), ne s'étaient jamais officiellement positionnés au sujet de GNL Québec. Ils disaient attendre le dévoilement du rapport du BAPE avant de prendre position. Mercredi, les deux députés ont indiqué, dans un communiqué conjoint, que le Bloc québécois n’avait jamais considéré GNL Québec comme un projet particulièrement porteur.

MM. Brunelle-Duceppe et Simard croient que GNL n'a pas réussi à prouver les bienfaits environnementaux et économiques de son projet.

Toujours dans l’arène politique, mais cette fois au provincial, le député péquiste de Jonquière, Sylvain Gaudreault, a qualifié le rapport du BAPE de dévastateur.

Même le ministre nous dit, au fond, que le projet ne respecte pas ses trois conditions : l’acceptabilité sociale, la diminution des gaz à effet de serre et la transition énergétique.

Une citation de :Sylvain Gaudreault, député péquiste de Jonquière

Québec solidaire, par l'entremise de sa porte-parole en matière d'environnement, Ruba Ghazal, a demandé au gouvernement d'enterrer le projet Énergie Saguenay.

Le ministre a beau être très créatif pour trouver des excuses et des justifications, il ne peut pas nier ce qui est écrit noir sur blanc dans le rapport. M. Charette a tous les pouvoirs en main pour refuser le projet : il doit planter le dernier clou dans le cercueil de GNL Québec, a-t-elle martelé.

La députée de Chicoutimi à l’Assemblée nationale et ministre responsable de la région, Andrée Laforest, a indiqué, par l’intermédiaire de son attaché politique, qu’elle ne réagirait pas au rapport du BAPE mercredi.

La mairesse de Saguenay, Josée Néron, reconnaît pour sa part que la tâche s'annonce énorme pour GNL Québec si l'entreprise souhaite poursuivre sa démarche en respectant les différents avis formulés par le BAPE.

Si le gouvernement décide de délivrer les certificats d'autorisation, on sera là pour accompagner le promoteur, mais on s’entend que c'est l'entreprise qui a le dernier mot à savoir si elle va de l’avant, a commenté la première magistrate de Saguenay, consciente que GNL Québec peut décider de son côté de tout arrêter avant ou après l'autorisation, selon le marché et le financement.

Les groupes environnementaux jubilent

Le co-porte-parole de la Coalition Fjord, qui milite depuis des années contre le projet de GNL Québec, se réjouit des conclusions de la commission indépendante du BAPE sur le projet Énergie Saguenay.

Le rapport donne raison à tous les arguments avancés par l’organisme environnemental, notamment en matière d’émissions de gaz à effet de serre, croit le co-porte-parole en question, Adrien Guibert-Barthez.

Le rapport du BAPE dit que ce qui risque d’arriver, c’est une augmentation de 45 millions de tonnes de gaz à effet de serre, et ça, c’est l’équivalent de 60 % des émissions de gaz à effet de serre du Québec ou les émissions de 10 millions de voitures. Le BAPE confirme le chiffre que la Coalition Fjord dit depuis deux ans.

Une citation de :Adrien Guibert-Barthez, co-porte-parole de la Coalition Fjord

Greenpeace s'est amusée à jouer avec les mots en affirmant que Legault n’a pas le go, dans un communiqué de presse diffusé conjointement avec d’autres organismes environnementaux.

Les conditions qu’il [le gouvernement] a posées, soit l’acceptabilité sociale et le respect de l’environnement, ne sont pas respectées. Ce projet est inacceptable environnementalement, socialement et écologiquement, et il ne reste plus qu’à l’enterrer une fois pour toutes , a déclaré Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-Énergie chez Greenpeace.

Le mot béluga mentionné 213 fois

Le Groupe de recherche et d'éducation sur les mammifères marins (GREMM) a pour sa part relevé le fait que le mot béluga a été mentionné à 213 reprises dans le rapport du BAPE, ce qui, à son avis, montre l'importance de préserver l'espèce.

[C'est] signe que ce mammifère marin en voie de disparition a su s’insinuer dans les préoccupations des commissaires Denis Bergeron et Laurent Pilotto, a commenté le GREMM dans un message diffusé sur sa plateforme Baleines en direct.

En entrevue dans le cadre de l’émission C’est jamais pareil, le directeur scientifique et président de l’organisation, Robert Michaud, a exprimé clairement sa satisfaction par rapport au document.

On y retrouve toutes les nuances, toutes les inquiétudes, mais aussi toute la prudence dont il faut faire preuve quand on a la responsabilité de cohabiter avec d’autres êtres vivants comme le béluga, a-t-il mentionné

C’est un rapport équilibré qui ne tombe pas dans le catastrophisme, a-t-il ajouté avec enthousiasme.

La Chambre de commerce réitère son appui au projet

La Chambre de commerce et d’industrie Saguenay–Le Fjord, qui souhaitait ardemment que le projet se réalise en raison des retombées économiques pressenties, va continuer de soutenir l’initiative de GNL Québec.

Sa présidente-directrice générale, Sandra Rossignol, s’appuie notamment sur le fait que le BAPE a reconnu que, pendant la phase de construction, des retombées directes seraient générées pour la région.

 L’incertitude du marché n’est pas un frein à l’investissement. C’est la définition même de l’entrepreneuriat que de prendre des risques, et ceux-ci reposent sur les épaules des investisseurs. Nous croyons que ces derniers, des experts ayant déjà investi plusieurs millions dans la région, connaissent bien le marché et prennent la décision d’investissement sur les meilleurs fondements, a déclaré Sandra Rossignol, également par voie de communiqué.

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