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Des projets d'hébergement pour femmes vulnérables mis en suspens en Estrie

Une femme se cache le visage avec sa main.

La vulnérabilité des femmes violentées a grandement été accentuée avec la pandémie.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Alors que le Québec est ébranlé par plusieurs féminicides, un regroupement de maisons d'hébergement pour femmes victimes de violence et des organismes leur offrant du logement social encaissent un coup dur : plusieurs de leurs projets viennent d'être mis « en suspens », et ne seront pas priorisés.

C'est le cas des initiatives des Habitations l'Équerre de Sherbrooke, qui souhaitait ajouter des chambres pour femmes vulnérables, et de la Fédération régionale des organismes sans but lucratif (OSBL) d'habitation de la Montérégie et de l'Estrie (FROHME).

Un projet d'habitation pour femmes vulnérables

L'esquisse du projet des Habitations l'Équerre, à Sherbrooke, qui est sur la glace pour le moment.

Photo : Plan de Jubinville et Associés, avec la permission des Habitations l'Équerre

Pourtant, l'urgence est là, a énoncé Gaëlle Fedida, coordonnatrice aux dossiers politiques à l'Alliance MH2 en conférence de presse mardi matin. Dans le climat actuel où les féminicides en contexte conjugal se multiplient, où six femmes ont perdu la vie en un mois et demi au Québec, faisant 13 orphelins, il est consternant de voir ce projet tomber à l'eau, a-t-elle ajouté.

Ces maisons sont cruciales pour les femmes victimes de violence qui quittent leur milieu abusif, car elles visent justement la prévention de l'homicide conjugal. La violence post-séparation met les femmes particulièrement à risque, a-t-elle expliqué.

Après leur passage en maison de deuxième étape (la première étant un séjour en refuge d'urgence), ces femmes doivent habiter quelque part : c'est là que le logement social permet de maintenir le filet de sécurité.

« Un besoin à Sherbrooke »

En entrevue à Vivement le retour, Denise Godbout, directrice des Habitations l’Équerre, a quant à elle précisé que ces habitations ont pour but de s'adresser à toutes les clientèles de femmes.

Par exemple, les jeunes filles qui sortent de la DPJ qui ne veulent pas encore aller dans un logement, qui ne sont pas encore prêtes pour aller dans un logement, seraient venues dans la maison de chambres.

Une citation de :Denise Godbout, directrice des Habitations l’Équerre et présidente de la Fédération régionale des OSBL d’habitation de la Montérégie et de l’Estrie

C’est un besoin à Sherbrooke, d’avoir des maisons de chambres en général. Il n’y a aucune maison de chambre pour femmes à Sherbrooke et aucune maison de chambre en général gérée par un OBNL [organisme à but non lucratif]. C’était un projet novateur à Sherbrooke, et qui était demandé par plein d’organismes du milieu, souligne-t-elle.

Les projets avaient été déposés auprès de la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL) via son Initiative pour la création rapide de logements (ICRL).

Cependant, 115 millions de dollars du fonds de l'ICRL ont été transférés du fédéral au provincial, déplorent les organismes touchés. Ils dénoncent que le gouvernement du Québec se serve de cet argent pour financer des projets déjà annoncés, fermant la porte à de nouveaux projets comme les leurs. Ils demandent ainsi que Québec soutienne financièrement les nouvelles initiatives proposées, afin que ces logements, en plus de ceux déjà annoncés par Québec lors des derniers budgets, puissent voir le jour.

Les 54 projets [déjà annoncés] au Québec, ce sont de beaux projets, mais ils n’avaient pas été déposés au fédéral [comme le projet d'habitations] que nous, on avait déposé, déplore Mme Godbout.

Elle ne compte cependant pas baisser les bras.

Ça fait longtemps que ce projet-là je le veux, donc je vais le pousser. [...] On va le travailler autrement, mais assurez-vous qu’il va y avoir une maison de chambre, prochainement, à Sherbrooke, pour femmes, et gérée par un OBNL, conclut-elle.

Avec les informations de La Presse canadienne

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