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La CNESST rend obligatoire le port du masque N95 en zone tiède

Mardi, le Tribunal administratif du travail a ordonné qu'on fournisse un masque de type N95 à tous les professionnels en soins, tant en zone chaude que tiède.

Des respirateurs à particules N95 de marque 3M.

La CNESST rend obligatoire le port des appareils de protection respiratoire N95 en zone tiède dans le réseau de la santé.

Photo : Getty Images / Justin Sullivan

Radio-Canada

La Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) rend obligatoire le port des appareils de protection respiratoire N95, ou supérieurs, pour tous les travailleurs et travailleuses en zone tiède dans tous les milieux de santé.

La décision de la CNESST survient au lendemain d'un jugement rendu par le Tribunal administratif du travail (TAT), qui stipule que les employeurs du réseau de la santé doivent fournir des masques N95 non seulement aux travailleurs en zone chaude, mais aussi à ceux en zone tiède.

Dans sa décision, rendue publique mardi par communiqué, la CNESST rappelle qu'elle avait obligé sans attendre le port d'un appareil de protection (APR) de type N95 ou de protection supérieure pour tous les travailleurs et les travailleuses de la santé qui œuvrent en milieu de soin dans une zone chaude.

Elle étend désormais cette obligation aux travailleurs de la santé en zone tiède.

Dans sa décision rendue mardi soir, le juge Philippe Bouvier du TAT reconnaît que le principe de précaution aurait dû être appliqué, considérant le risque important de transmission aérienne du virus.

Il ordonne aux établissements de fournir à l'ensemble des professionnels en soins un masque de type N95, que ce soit en zone chaude ou tiède et dès qu'un résident est atteint de la COVID-19 ou suspecté de l'être.

Plus de 41 000 travailleurs de la santé ont attrapé la COVID-19 depuis le début de la pandémie et 18 sont décédés de la maladie.

Pendant des mois, Québec a limité l'utilisation du masque N95, allant même jusqu'à l'interdire formellement, sauf aux employés prodiguant des interventions médicales générant des aérosols (IMGA).

Le 9 février 2021, la CNESST a rendu obligatoire le N95 en zone chaude.

Or, selon ce qu'a appris Enquête, l'avis selon lequel cette précaution était nécessaire avait été transmis dès avril 2020 à la CNESST de la part de son organisme-conseil, soit l’Institut de recherche Robert-Sauvé sur la santé et la sécurité du travail.

Réactions politiques

À Québec, les partis d'opposition ont tour à tour dénoncé mercredi les décisions prises par le gouvernement de François Legault relativement au port du masque N95.

Le Parti libéral du Québec (PLQ) et Québec solidaire (QS) affirment que le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) devrait s'excuser auprès des travailleurs du secteur de la santé. À l'instar des libéraux, le Parti québécois (PQ) réclame une enquête publique.

Ce à quoi le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, a rétorqué que le gouvernement avait suivi les recommandations de ses experts. Il n’y a aucune politique à faire avec la protection du personnel, a écrit le ministre dans un message publié sur Twitter.

Christian Dubé a déclaré que le jugement du TAT allait être mis en oeuvre.

De son côté, le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, a affirmé que pour contrer la COVID-19, la meilleure source de protection, c'est le vaccin. On encourage nos travailleurs à aller se faire vacciner.

Une gifle juridique, selon QS

De l'avis du co-porte-parole de Québec solidaire (QS), Gabriel Nadeau-Dubois, la décision du TAT illustre que le gouvernement a failli à sa tâche de bien protéger les soignantes.

C'est une gifle juridique pour le gouvernement, qui devrait maintenant présenter des excuses officielles aux soignantes, poursuit M. Nadeau-Dubois. Ce sont ces gens-là qui doivent rendre des comptes, ce sont ces gens-là qui doivent s'excuser.

La porte-parole libérale en santé, Marie Montpetit, réclame elle aussi des excuses pour les travailleurs de la santé. La santé et la sécurité des travailleurs, ce n'est pas un privilège, c'est un droit, a-t-elle affirmé.

Si le gouvernement avait mieux protégé les soignantes, combien de vies auraient pu être sauvées? demande-t-elle.

Une enquête publique demandée

L'absence des soignantes qui avaient contracté la COVID-19 a eu des conséquences, a poursuivi Mme Montpetit.

C'est exactement la raison pour laquelle on veut une enquête publique indépendante pour faire la lumière sur toutes les décisions politiques [...] comme celles-ci qui ont eu de lourdes conséquences, a-t-elle indiqué.

Le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, s'étonne qu'on ait mis en jeu la santé et la sécurité des soignantes en toute connaissance de cause, en présumant qu'un masque chirurgical avait la même valeur de protection qu'un N95.

Si on cherchait un signal clair comme quoi on a absolument besoin d'une enquête publique indépendante sur la gestion de la crise, eh bien le voici, a-t-il ajouté.

Avec les informations de La Presse canadienne

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