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Violence contre les femmes au Québec : « Ça doit cesser », dit Guilbault

Gros plan sur Geneviève Guilbault.

Ni le couvre-feu ni aucune des restrictions sanitaires en place ne doivent empêcher les victimes de violence conjugale de fuir et de demander de l'aide, a insisté la ministre Geneviève Guilbault.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Après les meurtres de sept femmes en sept semaines au Québec dans des contextes de violence conjugale, la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, promet davantage de ressources et d'argent pour faire cesser ce fléau, y compris davantage de répression envers ce genre de crimes.

En conférence de presse aux côtés de la ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest, Mme Guilbault s'est dite très préoccupée non seulement par la multiplication des féminicides ces dernières semaines, mais également par l'intensification de la violence conjugale en général constatée ces derniers mois au Québec.

Selon Mme Guilbault, des statistiques préliminaires en la matière montrent une augmentation de 45 % des accusations pour violence conjugale dans la province, doublée d'une hausse de 12 % des signalements de violence conjugale compilés par les corps policiers du Québec.

Il y a eu sept féminicides, sept morts tragiques en sept semaines au Québec […] On ne peut pas accepter ça comme gouvernement, comme femmes, comme société.

Une citation de :Geneviève Guilbault, ministre de la Sécurité publique du Québec

J’étais en discussion avec SOS violence conjugale en début de semaine et quand on dit que le phénomène est exacerbé, c’est que la violence est plus grave. Et ce qu’on voit présentement ce sont des cas qui arrivaient par le passé, mais les conséquences sont plus graves, les actes sont plus violents, a précisé la ministre Isabelle Charest.

Ça doit cesser, cette violence envers les femmes, a lancé à son tour la ministre Guilbault, qui a incité toutes celles qui craignent pour leur sécurité ou celle de leurs enfants à ne pas hésiter à fuir un milieu familial dangereux.

Sachez que le contexte de la pandémie, les mesures et tout l’environnement de restriction actuel ne doit jamais vous empêcher de demander de l’aide, de quitter un foyer ou un milieu qui est à risque pour vous et pour vos enfants, a rappelé Mme Guilbault.

À aucun moment, une femme qui fuit avec ses enfants un foyer familial violent ne sera inquiétée par des policiers ou par des règles du couvre-feu ou les règles sanitaires.

Une citation de :Geneviève Guilbault, ministre de la Sécurité publique du Québec

Besoin d'aide?

Contactez SOS violence conjugale au 1 800 363-9010 ou au sosviolenceconjugale.ca (Nouvelle fenêtre).

La ministre rappelle que son gouvernement prend la chose très au sérieux, qu'il a déjà consacré 180 millions de dollars pour lutter contre la violence conjugale et qu'il a augmenté de 30 % le financement des maisons d'hébergement pour les femmes aux prises avec ce problème.

Geneviève Guilbault assure que s'il faut mettre encore plus d'argent et de ressources, son gouvernement n'hésitera pas à le faire non seulement pour aider les femmes, mais aussi en ajoutant des ressources en prévention et en santé mentale pour aider les hommes qui ont des problèmes de violence et de comportement.

Conscient que l'argent et la bonne volonté ne seront pas suffisants pour venir à bout de cette forme de violence, Québec compte également intensifier les efforts du système judiciaire qui traite déjà plus d'affaires de violence conjugale en raison d'une augmentation de la dénonciation.

C'est important que les gens comprennent que cette violence n'est pas impunie au Québec, a souligné la ministre Guilbault.

Un homme violent, que ce soit physiquement, psychologiquement, contrôlant ou toute la déclinaison des formes que peut prendre la violence, ne peut pas vivre au Québec sans être inquiété par le système judiciaire.

Une citation de :Geneviève Guilbault, ministre de la Sécurité publique du Québec
Une femme pleure sur un sofa pendant qu'un homme furieux lui crie des choses.

Les refuges demandent aux femmes de fuir leur domicile si elles croient qu'elles y sont en danger.

Photo : getty images/istockphoto / fizkes

Il y a beaucoup de choses qui ont été faites, mais beaucoup de choses restent à faire, constate néanmoins la ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest, qui travaille actuellement à la mise en oeuvre du plan d'action présenté en décembre par le gouvernement Legault.

Dans ce plan, le gouvernement présentait 14 nouvelles mesures qu'il compte prendre pour lutter contre la violence conjugale. Parmi celles-ci, la Sécurité publique devait notamment évaluer la possibilité de recourir à des bracelets électroniques pour surveiller les ex-conjoints violents et les tenir à distance de leur victime.

Questionnée par les journalistes sur les délais qui s'allongent pour la mise en place des mesures contenues dans le plan de décembre dernier, Geneviève Guilbault a répondu que pour les bracelets électroniques, par exemple, le rapport sur la faisabilité de cette mesure qui devait être remis en mars 2022 a été devancé à cette année.

En ce qui a trait à la grille d'évaluation des conjoints violents qui ont déjà des antécédents judiciaires, la ministre Charest a expliqué qu'il s'agissait à l'origine d'un projet pilote qui vient tout juste d'être déployé.

On va continuer de travailler d’arrache-pied. Cette situation-là est inacceptable. Si ça prend plus de moyens, on va mettre plus de moyens, a assuré Isabelle Charest.

L'opposition réclame une attention de tous les instants du gouvernement

Malgré les sommes investies récemment par Québec, l’argent doit se rendre jusqu’aux familles en détresse, souligne l’opposition, qui déplore que trop de femmes et d’enfants qui se présentent dans les maisons d’aide ne soient pas capables d’y obtenir de l’hébergement, faute de place.

Il faut qu’il y ait une personne au gouvernement qui soit responsable de regarder ce qui se passe et de s’assurer qu’il y a un travail, un accent sur cet enjeu, a déclaré la cheffe de l’opposition officielle, Dominique Anglade.

Pour la co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, le premier ministre François Legault doit poser des gestes clairs en nommant quelqu’un qui va s’en occuper à temps plein.

Il faut avoir des sous pour quand elles vont cogner à la porte afin de chercher de l’aide pour se protéger, a pour sa part ajouté la députée péquiste de Gaspé, Méganne Perry Mélançon, porte-parole du Parti québécois en matière de condition féminine.

Des échos jusqu'à Ottawa

Prenant la balle au bond cet après-midi, à la Chambre des communes, le chef de l’opposition conservatrice, Erin O’Toole, a souligné au gouvernement Trudeau l’existence d’une crise de santé mentale et d’une vague de violence conjugale qui sévissent actuellement au Canada.

Les programmes existants ne fonctionnent pas, a déploré M. O’Toole.

Assurant que son gouvernement allait continuer de travailler avec tous les membres de la Chambre pour lutter contre ce fléau, Justin Trudeau a rappelé qu'il s'attaque de front à ce problème depuis plusieurs années.

Et on va continuer de le faire avec des investissements records, a-t-il promis.

On a mis de l’avant des mesures contre les armes à feu qui comprennent des éléments contre la violence conjugale. On travaille depuis longtemps sur les femmes et les filles autochtones disparues ou assassinées, a notamment rappelé le premier ministre.

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