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Un nouveau variant « double mutant » en Inde

Un agent de santé recueille un échantillon sur écouvillon d'une femme dans une gare routière, à New Delhi, en Inde, le 16 mars 2021.

L'Inde a enregistré mercredi 47 262 nouvelles infections et 275 nouveaux décès, le plus haut bilan cette année.

Photo : Reuters / Anushree Fadnavis

Radio-Canada

Dans le sous-continent indien, une énième version de la COVID-19 a été découverte. L’Inde estime toutefois qu’il n’y a pas de lien entre son apparition et la flambée des infections en cours au pays.

Le nouveau variant aurait été signalé dans 206 échantillons de l’État du Maharashtra, l’État le plus touché du pays par la pandémie, ainsi que dans neuf autres à New Delhi, selon les autorités sanitaires.

D’après le virologue Shahid Jameel, interrogé par la BBC, le variant indien présente deux mutations dans les zones clés de la protéine de spicule du virus. Ce qui peut augmenter les risques, permettre au virus d’échapper au système immunitaire et le rendre plus infectieux, dit-il. Le ministère de la Santé indien exprime lui aussi ses craintes d’une plus grande contagiosité de cette nouvelle version du virus.

La protéine de spicule est aussi nommée protéine S, pour spike en anglais. C’est elle qui est responsable de la transmission du virus chez l’humain. Elle entoure la particule virale et forme les pointes de sa couronne.

La découverte du variant indien intervient au moment où le pays fait face à une résurgence des cas de contamination. Mercredi, l’Inde a enregistré 47 262 nouvelles infections et 275 nouveaux décès, le plus haut bilan cette année. Mais il n’y a pas de lien entre la hausse et le nouveau variant, selon les autorités.

Bien que des COV [variants préoccupants] et un nouveau variant doublement mutant aient été découverts […], ils n’ont pas été détectés en nombre suffisant pour établir une relation directe ou expliquer l’augmentation rapide des cas dans certains États, clame le ministère de la Santé dans un communiqué.

COVID-19                     : ce qu'il faut savoir

Exportations de vaccins suspendues

Face à cette vague, plusieurs États ont annoncé l’interdiction des grands rassemblements à l’approche de la fête hindoue de Holi cette fin de semaine, qui célèbre l’arrivée du printemps. Le ministère de la Santé a déclaré qu’il était fortement conseillé aux États de limiter la tenue de festivals.

Le gouvernement indien a, par ailleurs, annoncé élargir la campagne de vaccination à toutes les personnes âgées de 45 ans et plus.

Interrogé par l'Agence France-Presse, Gautam Menon, professeur de physique et de biologie à l'Université Ashoka, estime que si elle veut s'en sortir, l'Inde doit passer à dix millions de vaccinations par jour. L'Inde a vacciné plus de 50 millions de personnes, selon les données d'Our World in Data.

Devant cette résurgence des cas et la nécessité de vacciner sa population, l'Inde a interrompu de manière temporaire ses exportations du vaccin Covishield, produit pour le compte d'AstraZeneca par l'Institut Serum, un laboratoire privé situé près de Mumbai.

Selon des sources citées par Reuters, cette décision aura un impact sur les livraisons de vaccin dans le cadre du programme COVAX. Plus de 180 pays, majoritairement à faibles revenus, comptent sur ce système mis en place par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour vacciner leur population.

Jusqu'à maintenant, l'Inde a fourni près de 18 millions de doses de Covishield par l'entremise du système COVAX. Selon le site du ministère indien des Affaires étrangères, le pays n'a exporté aucune dose de vaccin depuis jeudi dernier.

Le Canada doit quant à lui recevoir deux millions de doses de Covishield. Il en a reçu 500 000 à ce jour. Nous sommes persuadés que nous recevrons les deux millions de doses de l’Institut Serum de l’Inde dans les mois à venir, comme promis, a assuré Justin Trudeau à la Chambre des communes mercredi, lors de la période des questions. On travaille de très près avec le gouvernement indien pour s’assurer qu’il n’y aura pas d’interruption.

Avec les informations de Reuters, BBC, et Times of India

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