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Maladie inconnue : voici comment les experts s'y prennent pour en trouver l’origine

Un ou une scientifique dans un laboratoire.

Les symptômes s’apparentent à ceux des maladies à prions, qui englobent notamment la maladie de Creutzfeldt-Jakob et certains de ses variants, dont la maladie de la vache folle.

Photo : Reuters

Radio-Canada

L’existence d’une maladie neurologique inconnue, découverte au Nouveau-Brunswick seulement, a fait les manchettes partout au Canada la semaine dernière.

Cette attention médiatique n'est pas passée inaperçue chez les experts provinciaux et nationaux qui s’affairent à en trouver l’origine.

Jusqu’à 43 cas ont été dépistés depuis 2015. Trente-cinq d’entre eux ont été recensés dans la Péninsule acadienne, dans le nord-est de la province. Huit autres se trouvent dans la région de Moncton, dans le sud-est.

Les symptômes s’apparentent à ceux de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, une forme rare et mortelle de trouble neurocognitif, mais les tests effectués jusqu’à présent ont écarté cette piste et toutes les maladies à prions.

Les experts évaluent la possibilité que cette maladie soit provoquée par des facteurs environnementaux ou qu’il s’agisse d’un nouveau variant d’une maladie à prions. Elle pourrait aussi être carrément une nouvelle maladie.

Pendant ce temps, des élus et des résidents inquiets réclament des réponses.

Même si plusieurs questions demeurent, il vaut mieux éviter de qualifier la maladie de mystérieuse, puisque cela peut créer une sensation de peur, selon le neurologue à la tête du groupe de recherche sur la maladie au Nouveau-Brunswick, Alier Marrero.

Moi, je dirais que c’est un problème neurologique nouveau, qui a été documenté – depuis quelques années surtout –, et analysé par les experts du pays et grâce à nos références et à nos données, qui peut être considéré comme un syndrome dont l’origine est probablement environnementale.

Une citation de :Alier Marrero, neurologue

Comment les chercheurs comptent-ils s’y prendre pour trouver l’origine de cette maladie inconnue?

Une vue aérienne du Laboratoire national de microbiologie à Winnipeg.

Tous les échantillons de cas suspectés sont envoyés au Laboratoire national de microbiologie à Winnipeg (archives).

Photo : Radio-Canada / Trevor Lyons

À la recherche des dénominateurs communs

La toute première chose que nous devons faire, c’est caractériser les cas de maladies présumés, explique Michael Coulthart, qui dirige le système de surveillance de la maladie de Creutzfeldt-Jakob de l'Agence de santé publique du Canada.

Quand des chercheurs font face à des cas de maladie qui se ressemblent, ils doivent commencer à chercher les dénominateurs communs.

D'après le Dr Coulthart, les chercheurs ont commencé ce travail, qui doit typiquement être effectué post mortem.

Sur les 43 cas découverts au Nouveau-Brunswick, cinq personnes sont mortes. Des autopsies ont été pratiquées sur trois d'entre elles.

Les analyses visant à déterminer les dénominateurs communs sont donc partielles pour le moment, précise-t-il.

Il est aussi possible de comparer les similitudes entre les diagnostics.

Questionnaires approfondis, des dizaines de tests

Pour être considéré comme un cas de cette maladie, un patient doit avoir subi plusieurs analyses afin que toutes les autres conditions possibles soient écartées, explique le Dr Alier Marrero, qui dirige le groupe de recherche sur la maladie au Nouveau-Brunswick.

Le Dr Alier Marrero.

Le Dr Alier Marrero est à la tête d'un groupe de recherche sur un syndrome neurologique découvert au Nouveau-Brunswick.

Photo : CBC/Tori Weldon

Des renseignements détaillés sont recueillis par l’entremise d'examens cliniques et de questionnaires approfondis sur les modes de vie, les voyages, les interventions chirurgicales, les professions ou le lieu de résidence, entre autres.

Des analyses toxicologiques, des examens d'imagerie cérébrale et corporelle, des tests métaboliques et des tests génétiques sont effectués pour écarter toutes les hypothèses, du lupus aux maladies auto-immunes en passant par la maladie de Lyme.

On tente ensuite de déterminer si les patients ont été exposés à un facteur de risque commun.

Vu que notre préoccupation principale est environnementale, on doit considérer toutes les hypothèses, y compris la nourriture, l’eau, les expositions environnementales toxiques dans la nature, etc., indique le Dr Marrero.

Mais ce travail peut prendre énormément de temps et d'efforts, soutient le Dr Coulthart, soulignant que les gens sont exposés à des milliers, voire des millions de facteurs susceptibles d’être considérés comme des risques de maladie.

L'importance de la recherche multidisciplinaire

Au cours des deux derniers mois, les équipes ont consulté des spécialistes de maladies infectieuses, des neurologues, des groupes de santé environnementale, des épidémiologistes, des vétérinaires et des experts en santé publique, tant au Nouveau-Brunswick qu'ailleurs au Canada.

Une fois que vous avez réduit la liste des causes possibles, vous pouvez examiner de façon plus ciblée les expositions environnementales communes possibles et entreprendre des tests.

Et c'est là où nous en sommes actuellement, expose le Dr Coulthart, tout en précisant qu’il s'agit d'un processus complexe et de longue haleine.

Ça prendra du temps, prévient le Dr Marrero.

Je suis optimiste de nature, ajoute-t-il. Mais j'espère que ce sera une question de quelques mois à un an.

Avec des informations de Karine Godin et Marie Sutherland de CBC

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