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Alzheimer : le bilinguisme retarde l’apparition des symptômes, résume une étude

Les premiers symptômes apparaissent, en moyenne, 4 ans plus tard chez les patients bilingues.

Un médecin analysant une radiographie d'un cerveau.

Les troubles neurocognitifs sont définis par une perte des facultés mentales qui réduisent la capacité d’une personne à s’occuper d’elle-même de façon autonome.

Photo : Getty Images / Chinnapong

Maud Cucchi

Mieux que les médicaments, le bilinguisme? Les recherches d’une professeure spécialisée de l'Université York, en Ontario, concluent que le bilinguisme s’avère un puissant outil cognitif pour retarder les premiers symptômes de démence et d’Alzheimer.

Il existe beaucoup de preuves, d’après plusieurs études et plusieurs angles d’analyse, qu’être bilingue garde votre niveau cognitif à un plus haut niveau, résume Ellen Bialystok, professeure distinguée de psychologie et titulaire de la Chaire de recherche Walter Gordon sur le développement cognitif au cours de la vie, à l'Université York.

Des études effectuées dans le monde entier sur des milliers de patients dressent le même constat : quand les symptômes de la démence apparaissent, les patients bilingues sont plus âgés.

Cela signifie qu’ils présentaient la maladie depuis plus longtemps [que détecté] et que leur cerveau a dû composer avec un stade plus avancé de la maladie, analyse la chercheuse.

Ellen Bialystok.

Ellen Bialystok est professeure distinguée de psychologie et titulaire de la Chaire de recherche Walter Gordon sur le développement cognitif au cours de la vie à l'Université York.

Photo : Hudson Taylor

Ils ont la maladie, mais elle ne se manifeste pas, car leur niveau cognitif est correct, personne ne remarque qu’ils sont malades, explique-t-elle. Puis à un moment donné, ils vont commencer à montrer des symptômes, mais bien plus tard, car ils ont réussi à faire face à la maladie qui s'aggrave progressivement.

Au sein des populations étudiées, la maladie d'Alzheimer et les autres pathologies liées à la démence sont généralement diagnostiquées avec un écart de quatre ans entre les malades unilingues et ceux qui sont bilingues : 72-74 ans, c’est l'âge typique de diagnostic pour un unilingue alors que pour un patient bilingue, c’est plutôt vers 76-77 ans, indique la professeure.

Le style de vie comme remède

Il serait donc possible de retarder les ravages du temps en faisant évoluer nos habitudes linguistiques. Ellen Bialystok préconise l’apprentissage d’une deuxième langue, ce qui devrait être plus encouragé au sein de la population, insiste-t-elle.

Dans la mesure où les traitements médicamenteux sont rares, les experts estiment qu'il est d'autant plus essentiel qu’en vieillissant les personnes s'adonnent à des activités favorables aux fonctions cérébrales afin de contribuer à stimuler la réserve cognitive. La maîtrise et la pratique d’une seconde langue en font partie.

L’approche qui a le plus de réussite reste celle du style de vie, comme la nutrition, l’exercice ou la maîtrise d’une autre langue, témoigne la chercheuse, qui reconnaît que les paramètres tels que la fréquence d'utilisation ou la qualité et la maîtrise de la langue n'ont pas été étudiés.

Nous pensons que nos choix de vies construisent des réserves dans notre cerveau et dans notre esprit, de sorte [...] que, si une pathologie neurologique se développe comme l'alzheimer ou de la démence précoce, vous avez construit assez de réserve cognitive qui vous permet de continuer à être fonctionnel même si votre cerveau doit gérer une pathologie, explique Mme Bialystok.

Conclusion moins optimiste aux recherches : si le bilinguisme conduit à une apparition plus tardive des symptômes, il est également associé à un déclin plus rapide de la fonction cognitive dans les stades plus évolués de la démence.

Contre toute attente, leur déclin est plus rapide parce qu’ils se situent à un stade plus avancé de la maladie, nuance-t-elle. Si l’on étudie un unilingue et un bilingue qui se situent à un stade intermédiaire d’Alzheimer, et que vous suivez leur déclin, le bilingue va décliner plus rapidement.

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