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Une année pandémique marquée par le racisme anti-asiatique au Canada

Des gens portant des masques se promènent sur une rue du Quartier chinois de Montréal.

La majorité des incidents racistes anti-asiatiques ont été comptabilisés en Ontario et en Colombie-Britannique, selon le rapport.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Radio-Canada

Un groupe d’organisations communautaires tire la sonnette d'alarme après une année d'attaques racistes accentuées par la pandémie de COVID-19. Il demande à tous les ordres de gouvernements de reconnaître le racisme anti-asiatique comme une discrimination à part et qui requiert des actions immédiates.

J’ai peur de regarder les gens dans les yeux, confie Pak-Kei Wong. Le Montréalais ne se sent plus aussi en sécurité dans la métropole qu’avant la pandémie.

Pak-Kei Wong pose à la caméra devant une résidence.

Depuis le début de la pandémie, Pak-Kei Wong se sent moins en sécurité à Montréal.

Photo : Simon Martel/CBC

M. Wong raconte que ce sentiment est d’abord apparu en janvier 2020 alors qu’il a constaté l’espace que les gens lui laissaient dans le métro. Puis, en avril, lorsqu’un automobiliste a ralenti pour lui crier par la fenêtre de rentrer chez lui.

Je peux marcher dans la rue tout en vaquant à mes occupations, et me faire agresser, mentionne-t-il. C'est une véritable peur.

Plus de 1000 cas d’incidents racistes anti-asiatiques

Ces attaques font échos au rapport publié mardi par un regroupement d’organisations communautaires, recensant 1150 cas d’incidents racistes anti-asiatiques entre le 10 mars 2020 et le 28 février 2021 à travers le pays.

Le racisme a toujours été présent au Canada, constate Justin Kong, directeur général du Conseil national des Sino-Canadiens à Toronto, l’un des organismes ayant collaboré à la publication.

Ce qui a changé avec la pandémie, c’est que les gens ont l’impression que les personnes qui me ressemblent sont responsables de la pandémie, ajoute-t-il.

Justin Kong pose à la caméra.

Justin Kong, directeur général du Conseil national des Sino-Canadiens à Toronto.

Photo : Sue Goodspeed/CBC

Le rapport intitulé Une année d'attaques racistes : le racisme anti-asiatique au Canada après un an de pandémie de COVID-19 (Nouvelle fenêtre) souligne la rapidité avec laquelle le coronavirus a été racialisé après la découverte de cas de COVID-19 dans un marché de Wuhan, en Chine, en décembre 2019.

Nos communautés ont été désignées comme les responsables de ce virus. C’est un poids que nous portons en nous tous les jours.

Une citation de :Justin Kong, directeur exécutif du Conseil national des Sino-Canadiens à Toronto

L’étude examine plus en profondeur les 643 incidents signalés entre le 10 mars et le 31 décembre 2020 sur les plateformes en ligne covidracism.ca et elimin8hate.org. Les formes de racisme dénoncées vont du harcèlement verbal à l’agression physique, en passant par le vandalisme et le refus de services.

La plupart des cas rapportés proviennent de l'Ontario à 40 % et de la Colombie-Britannique à 44 %, précise Kennes Lin, coprésidente du Conseil national des Sino-Canadiens à Toronto. Les personnes s’identifiant comme des femmes représentent la majorité.

Le rapport a également révélé que les personnes âgées, les jeunes et les individus ayant un emploi à faible revenu ou ne parlant pas anglais étaient plus vulnérables aux attaques. D'après les données, la plupart des incidents se sont produits dans des espaces publics.

Des actions immédiates demandées

La publication du rapport survient une semaine après la fusillade dans des salons de massage d’Atlanta aux États-Unis qui a fait huit victimes, dont six d'origine asiatique.

C'est vraiment inquiétant, car je pense que l'incident d'Atlanta illustre vraiment ce qui se passe lorsque cette violence anti-asiatique est poussée à son paroxysme, mentionne M. Kong. Je pense que notre gouvernement doit prendre cela plus au sérieux.

Le regroupement demande des actions concrètes de la part des différents ordres de gouvernements, incluant davantage de ressources en éducation, un appui social pour les victimes ainsi que des politiques complètes pour lutter contre le racisme anti-asiatique et empêcher la diffusion de fausses informations susceptibles d’inciter à la haine sur les réseaux sociaux.

Amy Go pose à la caméra devant un commerce.

Amy Go, présidente du Conseil national des Sino-Canadiens pour la justice sociale.

Photo : Evan Mitsui/CBC

Alors que le premier ministre s'est exprimé publiquement, nous n'avons pas vu de motion parlementaire qui condamne clairement la haine contre les personnes d’origine asiatique, indique Amy Go, présidente du Conseil national des Sino-Canadiens pour la justice sociale.

Lundi, le Parlement du Canada a adopté à l'unanimité une motion présentée par le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, visant à condamner et à s'engager à faire davantage pour mettre fin au racisme anti-asiatique. La motion n'est toutefois pas contraignante.

Sans un engagement explicite, je crains que [le racisme anti-asiatique] se poursuive sans que l'on y prête plus d'attention.

Une citation de :Amy Go, présidente du Conseil national des Sino-Canadiens pour la justice sociale

Pour sa part, Patrimoine canadien, qui supervise la stratégie nationale de lutte contre le racisme et les discours haineux, affirme dans une déclaration que le gouvernement du Canada dénonce pleinement toutes les formes de haine et de discrimination, y compris le racisme anti-asiatique.

Il indique par ailleurs avoir fourni des fonds à des groupes communautaires pour lutter contre la discrimination et signale sa volonté de redoubler d’efforts dans plusieurs domaines, incluant la violence en ligne.

Avec des informations de CBC News

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