•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’industrie forestière demande à Québec de récolter plus de bois

Le prix des matériaux explose. Une planche de 2 sur 4 qui se vendait 2,60 $ avant le pandémie se détaille maintenant 7,50 $.

Du bois dans une cour à bois d'une quincaillerie.

Le prix du bois connaît une flambée actuellement.

Photo : Radio-Canada / Claude Bouchard

Radio-Canada

Face à la flambée des prix du bois de construction, le Conseil de l'industrie forestière du Québec (CIFQ) demande au gouvernement de pouvoir couper plus d'arbres pour rééquilibrer l'offre et la demande.

Le CIFQ aimerait que Québec augmente la possibilité forestière, soit le volume de bois que peut récolter l'industrie en une année sur un territoire donné.

Le prix du bois connaît actuellement une flambée qui se répercute dans les projets de construction et de rénovation des consommateurs. Le prix de certains types de matériaux a triplé et même quadruplé par rapport au début de 2020.

Selon le Conseil de l'industrie forestière du Québec, le ralentissement qui s'est produit lors des premières mesures sanitaires a fait diminuer les inventaires des scieries.

Comme la demande augmente partout en Amérique du Nord, les prix ont suivi. Il y a un rattrapage à faire du côté immobilier. Dans la dernière décennie aux États-Unis, on a construit moins que pendant les années 40; pourtant, la population a doublé depuis. Il y a un rattrapage à faire. En plus, ajoutez à ça la demande pour la rénovation des gens qui sont confinés, ajoutez à ça les feux sur la côte ouest, a analysé Jean-François Samray, président-directeur général du CIFQ.

Dans les cours à bois et sur les chantiers, plusieurs consommateurs se demandent à qui profite la hausse des prix. On ne se le cachera pas qu'il y a des profits qui sont plus grands que d'habitude, mais je dois vous dire que ça va permettre de rattraper toutes les années où il n'y a pas eu d'investissements qui se sont faits et où des usines ont fermé, a répliqué M. Samray.

Le CIFQ mentionne que le gouvernement québécois obtient lui aussi sa part du gâteau. Cette année, la vente des droits forestiers a rapporté 400 millions de dollars au gouvernement du Québec, en plus de 3 milliards de dollars en taxes et en impôts.

Le représentant de l'industrie croit que la façon simple de répondre à la demande serait de pouvoir couper plus de bois. Il cible notamment l'instauration du régime forestier de 2010.

Dans l'offre de bois, le Québec a décidé de réduire du tiers la possibilité forestière, et ça, à l'époque où la décision a été prise, ça n'a pas vraiment eu d'impact en 2010. Il n'y a pas eu d'impact, car c'était la crise économique et personne n'achetait du bois, ou peu de gens. Et là, la décision continue à se maintenir. Sauf qu'à un moment donné, et particulièrement maintenant, quand le rattrapage se fait du côté de la rénovation et de la construction, ça fait une différence sur le marché local, ça fait une différence sur la capacité de transformation. C'est pour ça que l'industrie dit que la façon de rééquilibrer le tout, c'est de voir des façons pour accroître l'offre pour être capable d'alimenter, a-t-il plaidé.

En décembre, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) avait annoncé une hausse de 15 % de la possibilité forestière sur cinq ans.

Des prix à la hausse dans les quincailleries

Le quincaillier Fabien Tremblay, copropriétaire de BMR Achille Tremblay à Saint-Fulgence, a bien peu de réserves de bois cette année. On le paie 1200 $. Deux semaines après, on le paie 1300 $. Deux autres semaines après, on le paie 1400 $, a-t-il d'abord imagé.

Avant la pandémie, la planche de 2 sur 4 se vendait 2,60 $ à son commerce. Elle coûte désormais 7,50 $. Le contreplaqué est passé de 30 $ à 83 $; les panneaux de copeaux, de 18 $ à 60 $; et le bois traité, de 6,50 $ à 10 $.

Une soumission qui, l'an passé, avait pour 5000 $ de bois, il va avoir autour de 13 000, 14 000, 15 000 $; ça peut attraper ça, a chiffré Fabien Tremblay.

Sur les chantiers déjà amorcés, certains entrepreneurs doivent encaisser la hausse. Nous autres, dans notre publicité, c'est prix soumissionné, prix payé. On absorbe. L'an passé, c'était très mauvais. En plus de la pandémie, il y avait cette hausse de matériaux-là. Par contre, cette année, on va rattraper du fait qu'il y a beaucoup, beaucoup de demande, a expliqué Roger Dumais, propriétaire d'AR Construction, à Jonquière.

Également, certains clients repoussent carrément leurs projets. Je voulais me faire un petit chalet sur mon lot à bois. Je vais peut-être attendre un peu, a dit un client à la sortie d'un commerce.

D'après un reportage de Claude Bouchard

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !