•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Archives

Le 24 mars 1976, l'armée s’empare du pouvoir en Argentine

Généraux en uniforme debout en groupe.

L'Argentine est sous le régime dictatorial de l'armée de 1976 à 1983

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le 24 mars 1976, l’armée prend le pouvoir en Argentine après un coup d’État. Le leadership de la présidente Isabel Perón est fortement contesté. La junte militaire mettra en place un système répressif et dictatorial qui va durer sept ans et faire des milliers de morts.

Un Processus de réorganisation nationale qui brime les droits de la personne

Lors de La revue de l’année du 28 décembre 1976, Roger Bouchard fait le récit du coup d’État de l’armée argentine.

Revue de l’année 1976, 28 décembre 1976

Au moment des événements, des troubles économiques et sociaux sévissent depuis des mois en Argentine.

Dans les mois précédant le coup d’État, des actes terroristes secouent le pays. Isabel Perón, veuve de l’ancien président Juan Domingo Perón, semble totalement incapable de gérer la situation et de ramener le calme.

La présidente sera accusée de corruption et de crime économique par les militaires qui la chassent du pouvoir.

Le général Jorge Rafael Videla, appuyé de l’amiral Eduardo Massera et du général brigadier Orlando Agosti, met en place le Processus de réorganisation nationale.

La paix sociale est en quelque sorte la paix des cimetières qui a coûté la vie à des milliers d’innocents.

Une citation de :Normand Lester, journaliste

Le congrès est fermé, la peine de mort rétablie, des peines de prison sévères sont appliquées aux contestataires, qu’ils soient violents ou non. La liberté de presse est contrainte et la censure est appliquée.

Une intense période de répression s’ouvre. Les enlèvements, les emprisonnements et la torture deviennent monnaie courante.

La dictature fait des milliers de disparus dont les corps sont brûlés ou jetés à la mer par avion dans ce qu’on a appelé les vols de la mort.

Sur la place de Mai, des mères demandent justice

Le 4 juin 1982, pour le Téléjournal, le journaliste Normand Lester se rend sur la place de Mai, devant le palais présidentiel de Buenos Aires.

Téléjournal, 4 juin 1982

Chaque semaine, un groupe de femmes portant un fichu blanc y défilent en silence. Ce sont les mères des disparus aux mains de la junte militaire.

Sur les mouchoirs de certaines est inscrite la date de disparition de leur fils ou de leur fille. Le régime militaire argentin refuse de divulguer toute information sur les disparus.

L’association des mères des disparus monte un dossier sur chaque cas, souvent des syndicalistes, des intellectuels ou de simples citoyens qui avaient des idées de gauche.

Les escadrons de la mort ont aussi enlevé des centaines de bébés qu’ils donnaient à des dignitaires de la junte militaire.

Les nombreux procès du général Videla

En 1982, à la suite de la guerre des Malouines contre la Grande-Bretagne, l’armée argentine est affaiblie.

En 1983, la dictature cède la place au gouvernement civil de Raul Alfonsin.

Le général Videla, responsable de la mise en place du Processus de réorganisation nationale, est condamné une première fois en 1985 pour les tortures et les vols de la mort. Il sera gracié cinq ans plus tard en 1990 par le président Carlos Menem.

Il est de nouveau arrêté en 1998 pour enlèvement de bébés. Bernard Derome fait le récit de son arrestation dans ce reportage présenté le 10 juin 1998 au Téléjournal.

Téléjournal, 10 juin 1998

Placé en arrêt domiciliaire de 1998 à 2008, le général sera transféré en détention préventive en 2008.

Jorge Rafael Videla sera finalement condamné à la prison à vie le 22 décembre 2010. Il purgera sa peine dans un pénitencier civil et non militaire. Il décède le 17 mai 2013 à 87 ans.

En sept ans de pouvoir, la junte argentine a fait 30 000 disparus.

Encore plus de nos archives

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.