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La quarantaine pour un éleveur canin de l'Estrie après un voyage de quelques minutes

Une voiture s'approche d'un gros poste douanier. On voit l'indication ''United States of America'' en gros au-dessus les pancartes.

Le poste frontalier de Lacolle, au Québec, photographié en 2011.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Radio-Canada

Un éleveur canin d'Eastman a appris que quelques minutes à peine en sol américain entraînent automatiquement une pleine quarantaine. L'homme s'était rendu au poste Saint-Armand/Philipsburg pour livrer un chien à une cliente dans le stationnement de l'agence frontalière américaine.

Alain Chiocchi a passé quelques minutes à peine du côté américain. Le poste où il se trouvait relie la ville canadienne de Philipsburg, au Québec, à la ville américaine de Highgate Springs, dans le Vermont.

La cliente américaine aurait contacté un agent canadien par téléphone et aurait reçu la confirmation que la transaction pouvait se faire du côté canadien de la frontière. À son arrivée, les douaniers lui ont toutefois refusé l'entrée.

Alain Chiocchi accepte de lui rendre service en traversant la frontière.

On est restés dans le stationnement, sous la surveillance de la douanière américaine. Tu peux faire directement demi-tour dans le stationnement. Les douanes sont à 100 mètres l'une de l'autre.

Une citation de :Alain Chiocchi, éleveur canin

Possible amende d'un million de dollars

Une fois le chien remis à sa nouvelle propriétaire, Alain Chiocchi se rend au poste canadien, où les douaniers lui expliquent qu'il doit faire une quarantaine et passer deux tests de dépistage de la COVID-19 puisqu'il est allé aux États-Unis. Surpris, Alain Chiocchi tente d'expliquer qu'il est resté à deux mètres de l'Américaine lors de ces quelques minutes.

L'Agence des services frontaliers du Canada n'en démord pas : il risque trois ans de prison et une amende pouvant atteindre un million de dollars s'il contrevient au règlement.

Résigné, l'éleveur canin a d'abord dû se rendre à la tente désignée près du poste frontalier pour réaliser son premier test de dépistage obligatoire, avant de rentrer chez lui pour s'isoler pendant 14 jours.

C'est absurde! C'est du temps de perdu pour tout le monde, de l'argent perdu pour tout le monde!

Une citation de :Alain Chiocchi

Des chiens essentiels pour plusieurs personnes

Alain Chiocchi explique que cette cliente des États-Unis attendait son chiot depuis deux ans et qu'il avait été formé dans le but d'être un chien d'assistance. Les chiens d'Alain Chiocchi sont destinés à des personnes malvoyantes ou pour faire de la zoothérapie. En plus d'élever des chiens d'assistance, cet éleveur réhabilite des chiens aux comportements agressifs.

Tous mes rendez-vous sont annulés. J'avais 12 évaluations de chien agressif à faire. Il y a des gens qui attendent depuis trois semaines que j'aille chez eux pour leur chien.

Une citation de :Alain Chiocchi

Le syndicat réagit

Le président du syndicat des douanes et de l'immigration, Jean-Pierre Fortin, refuse de qualifier la situation d'excès de zèle. Je vous dirais dès le début de la COVID, on a été obligés de demander des précisions sur les règles. Même si un Canadien se voit refuser l'accès aux États-Unis par la douane américaine, qu'il ne sort pas de son véhicule, il est soumis à la Loi sur la quarantaine et tout.

Ce dernier soutient qu'il y a eu des plaintes. Alors, on a demandé de clarifier de manière plus pointue et c'était sans équivoque. Les agents à la douane de Saint-Armand ont fait leur travail et ils ont bien fait leur travail selon les politiques en vigueur.

Ce sont les règles. Qu'est-ce que vous voulez? Les agents ont fait leur travail. Il faut interpeller les gens qui ont fait ces règles.

Une citation de :Jean-Pierre Fortin, président du syndicat des douanes et de l'immigration

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