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COVID-19 : le report de la deuxième dose des vaccins semble être une bonne stratégie

Des gens marchent dans la rue au soleil.

Le Québec a également adopté la stratégie d'inoculer une première dose de vaccin au plus grand nombre de personnes possible.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Radio-Canada

À court terme, la stratégie d'inoculer une première dose de vaccin au plus grand nombre de personnes possible diminue beaucoup le nombre d’infections, mais ses effets à long terme dépendent de la force de l'immunité, montre une étude internationale à laquelle ont participé des chercheurs des universités McGill et Princetown.

Depuis le début de la vaccination et face à la pénurie de doses de vaccin et aux défis logistiques, de nombreux États, dont le Canada et le Royaume-Uni, ont décidé de donner une première dose au plus grand nombre de personnes le plus rapidement possible, et de reporter le moment de la deuxième dose.

Le but était de vacciner rapidement le plus grand nombre de personnes possible.

Le Comité consultatif national de l'immunisation a annoncé mardi qu'il fera une recommandation officielle, d'ici une semaine ou deux, concernant l'intervalle entre les deux doses pour les personnes âgées et celles qui sont immunosupprimées.

L’exemple britannique

Ainsi, retarder la deuxième dose a permis de vacciner davantage de Britanniques plus rapidement.

Depuis le début de la vaccination, au Royaume-Uni, plus de 50 % de la population adulte a reçu au moins une dose du vaccin d'AstraZeneca-Oxford ou de celui de Pfizer-BioNTech.

Le résultat est frappant : le Royaume-Uni, qui enregistrait en moyenne 60 000 nouveaux cas de la COVID-19 par jour en janvier, recense aujourd’hui autour de 5400 cas quotidiens.

Si l'on en juge par les premiers essais cliniques sur les vaccins et les données épidémiologiques qui ont suivi, la première dose est très efficace. Mais à ce stade-ci, on ignore pendant combien de temps l'immunité conférée par cette première dose (voire par les deux doses ou par l'infection naturelle, d'ailleurs) va demeurer efficace, explique Chadi Saad-Roy, de l'Université de Princeton, dans un communiqué.

La réussite britannique est d'autant plus remarquable que presque 100 % des nouvelles infections au pays sont causées par le fameux variant britannique, plus transmissible et plus mortel.

La vaccination est donc clairement efficace contre ce variant.

Un modèle pour se projeter dans l’avenir

Pour réussir à faire des projections sur l'incidence de la COVID-19 et sur le degré d'immunité de la population, les chercheurs ont créé des modèles simples à partir de divers schémas vaccinaux et de diverses hypothèses sur la réaction immunitaire.

En raison des incertitudes immunologiques et épidémiologiques qui planent sur ces résultats, nous devons absolument avoir recours à des modèles simples pour nous projeter dans l'avenir, explique Caroline Wagner, professeure adjointe à l'Université McGill et auteure en chef de l'article.

Une seule dose n'est pas suffisante

Comme s’y attendaient les chercheurs, leurs modèles montrent que la première dose réduirait le nombre de cas à court terme en immunisant plus rapidement une population plus vaste. Toutefois, si cette première dose déclenche une réaction immunitaire moins vigoureuse, les vagues subséquentes pourraient frapper plus fort.

Cela dit, au fur et à mesure que notre capacité vaccinale augmentera, nous pourrons accélérer la vaccination ou nous rapprocher du schéma de deux doses recommandé, si bien que ces effets épidémiologiques à long terme seront sans doute moins marqués, ajoute la Pre Wagner.

Une réponse immunitaire moins grande?

Une autre conséquence possible des réactions immunitaires partielles est que le virus échappe à l'offensive immunitaire. Les auteurs de ces travaux publiés dans la revue Science (Nouvelle fenêtre) (en anglais) ont adapté un modèle phylodynamique simple d'évasion immunitaire.

Leur théorie veut que chez un sujet partiellement immunisé, le virus puisse évoluer en présence d'une pression de sélection modérée et d'une transmission virale suffisante. Les auteurs ont étudié cette possibilité, ainsi qu'une série d'autres scénarios, dont un plus optimiste, où le potentiel d'adaptation serait minime chez un hôte dont l'immunité est en déclin après une ou deux doses de vaccin.

Déjà, au moins un variant qui pourrait échapper partiellement au système immunitaire est en circulation, souligne Edward Holmes de l’Université de Sydney en Australie.

La simple théorie nous enseigne que l'hôte qui présente une immunité intermédiaire pourrait jouer un rôle important dans l'évolution et la transmission des variants. C'est pourquoi la vigueur et la durée de l'immunité, et surtout leur effet sur la retransmission, sont ici des paramètres de première importance, ajoute son collègue Bryan Grenfell de l’Université Princeton.

De plus, les chercheurs apportent une constatation intuitive : Les très faibles taux d'administration du vaccin peuvent être associés à un nombre de cas plus important et, tôt ou tard, à un potentiel d'adaptation virale plus élevé.

Cela souligne l'importance d'une distribution équitable des vaccins au niveau mondial, car une fuite immunitaire dans un endroit se propage rapidement, explique Jessica Metcalf, de l'École des affaires publiques et internationales de Princeton.

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