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Une thérapeute autochtone au service des familles des FFADA depuis 20 ans

Photo selfie de Kim McKay-McNabb qui sourit à la caméra.

Kim McKay-McNabb est devenue thérapeute pour aider les gens sur le chemin de la guérison.

Photo : Kim McKay-McNabb

La thérapeute autochtone Kim McKay-McNabb a passé les 20 dernières années à apporter son soutien aux familles des femmes et des filles autochtones disparues ou assassinées (FFADA) en Saskatchewan.

C’est un traumatisme intense et lourd que vivent les familles autochtones qui perdent une de leurs proches ainsi, affirme la thérapeute originaire de Fort Qu’Appelle et qui est actuellement la directrice générale du centre de guérison White Raven, au même endroit.

Selon Kim McKay-McNabb, certains ne se remettront jamais de ce traumatisme qui les suivra toute leur vie, alors qu’en 20 ans, elle en a vu d'autres, qui sont les proches ou les enfants de ces femmes, dont certaines n’ont jamais été retrouvées, grandir.

Ces enfants ont parfois été réveillés en pleine nuit pour apprendre que leur mère, leur tante ou leur proche a été tuée. Les enfants vivent ensuite avec ce traumatisme.

Une citation de :Kim McKay-McNabb, thérapeute et directrice générale du centre de guérison White Raven

Étant une des rares thérapeutes à utiliser une combinaison de psychologie traditionnelle et de pratiques de guérison autochtones, elle bannit souvent l'expression tourner la page dans son travail parce que la douleur d’une telle perte ne quitte jamais les personnes qui vivent ces situations.

Au fil des ans, certains apprennent à vivre avec, mais d’autres n’ont pas cette chance, selon elle.

Certains se perdent dans leur traumatisme et font tout pour ne pas le revivre. Alors ils peuvent tomber dans la drogue et l’alcool pour lutter contre la douleur.

Une citation de :Kim McKay-McNabb, thérapeute et directrice générale du centre de guérison White Raven

Comme le souligne l’auteur Harold R. Johnson, de la Première Nation crie Montreal Lake, dans son livre Firewater: How Alcohol is Killing my People (And Yours), des recherches montrent que l’alcool peut malheureusement exacerber les traumatismes.

Non seulement l’alcool est associé avec les débuts du stress post-traumatique, mais il peut aussi en aggraver les symptômes , écrit-il.

Face à cette situation, chacun réagit différemment et certaines personnes peuvent être amenées à se faire du mal, et même à perdre la vie, déplore Mme McKay-McNabb.

Un des beaux moments qu’elle voit dans son travail, c’est lorsqu’une personne se retrouve sur le chemin de la guérison. Une situation souvent favorisée par la parole et le partage des souvenirs avec la personne disparue ou assassinée.

De thérapeute à porte-parole

Dans ses 20 années d’expérience, de nombreuses familles ont poussé la thérapeute à parler de leurs situations respectives, des défis qu'elles doivent relever et de la violence qu’elles vivent.

Kim McKay-McNabb en parlera dans la série de conférences We Rise, qui aura lieu du 24 au 26 mars de façon virtuelle et qui est organisée par le Secrétariat aux femmes de la Fédération des nations autochtones souveraines de la Saskatchewan (FSIN).

Parmi les sujets abordés figurent le racisme et les FFADA. Le but est aussi de discuter d’un plan d’action pour changer les choses.

Kim McKay-McNabb affirme que de nombreuses familles ressentent de l’injustice dans la façon dont la cour gère leur dossier. Certaines familles sont traumatisées à chaque étape du processus. Elle espère donc que la série We Rise permettra de trouver des pistes de solutions.

Nous voulons que la communauté sache qui étaient ces femmes, pas seulement qu’elles ont été enlevées à leurs familles.

Une citation de :Kim McKay-McNabb, thérapeute et directrice générale du centre de guérison White Raven

Kim McKay-McNabb est passée par de nombreuses difficultés dans sa vie avant de trouver sa vocation.

Ainsi, sa famille a été envoyée dans les pensionnats autochtones. Elle-même a fréquenté un centre pour jeunes en difficulté avant de devenir itinérante pendant un temps.

Depuis, le perlage traditionnel lui permet de garder les pieds sur terre, ainsi que le yoga et les promenades.

Kim McKay-McNabb espère que le fait de faire connaître ces histoires et de parler de sa propre histoire incitera plus de thérapeutes à travailler avec les familles des femmes et des filles autochtones disparues et assassinées.

Avec les informations d'Amanda Marcotte

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