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Une loi contre les armes d’assaut bloquée 10 jours avant la fusillade à Boulder

Quatre policiers armés.

Un homme armé a abattu lundi après-midi 10 personnes, dont un policier, dans un supermarché du Colorado.

Photo : AP / David Zalubowski

Radio-Canada

En 2018, la Ville de Boulder, au Colorado, a introduit un règlement interdisant les armes d'assaut. Mais dix jours avant la fusillade dans un supermarché qui a fait 10 morts, lundi, cette interdiction a été bloquée par un juge.

Il n’est pas encore certain que les armes utilisées dans la fusillade de l’épicerie King Soopers aient été interdites par le règlement de Boulder, mais, déjà, les réactions sont vives.

Une autre journée d'horreur aux États-Unis. Cette fois, dans ma ville, quelques jours après que la cour eut bloqué une interdiction d’armes d’assaut. C'est le résultat de l'inaction de nos leaders, a écrit sur Twitter Dawn Reinfeld, cofondatrice du groupe de prévention de la violence liée aux armes à feu, Blue Rising.

#Coleg [législature au Colorado], vous avez le pouvoir d’arrêter ce carnage. [...] Boulder a essayé de se protéger. C’est à vous de régler ça. AGISSEZ, a-t-elle ajouté.

Les fusillades de ce type, notamment dans les écoles, les centres commerciaux ou les lieux de culte, sont un mal récurrent dans tout le pays, et les différentes administrations fédérales qui se sont succédé ont jusqu'ici été impuissantes à endiguer la multiplication de ces tueries.

« Nous devons les bannir »

Mardi, l'actuel président démocrate Joe Biden a offert une position sans équivoque. Nous devons bannir les fusils d'assaut, a-t-il réclamé, ordonnant que les drapeaux soient mis en berne dans tous les bâtiments publics, au lendemain de cette tragédie.

Je n'ai pas besoin d'attendre une minute de plus, encore moins une heure, pour prendre des mesures de bon sens qui sauveront des vies à l'avenir et pour exhorter mes collègues à la Chambre et au Sénat à agir, a-t-il dit.

Rappelons que le Colorado a été le théâtre de dizaines de fusillades de masse au pays, dont celle de Columbine, en 1999, dans laquelle ont péri 12 élèves et un enseignant. Quatre autres fusillades majeures ont eu lieu dans un rayon de 30 kilomètres de cette école, dont une, en 2012, dans un cinéma à Aurora, qui a fait 12 morts.

Ces tragédies, en plus de celle à l’école Marjory Stoneman Douglas, en Floride, en 2018, ont convaincu la Ville de Boulder qu’il fallait agir.

Une ville peut-elle réglementer la possession d'arme?

En 2018, le conseil municipal de Boulder a adopté à l’unanimité une loi qui interdit la possession, le transfert et la vente d’armes d'assaut, dont les pistolets et carabines semi-automatiques avec une crosse repliable ou télescopique, ou toute poignée en saillie qui permet de stabiliser une arme avec la main, sans gâchette. Les chargeurs à grande capacité (plus de 10 cartouches) ont également été interdits.

Le règlement a suscité énormément de critiques de la part des militants pour les droits des armes à feu. Le jour du vote, certains d’entre eux sont venus manifester dans des bâtiments gouvernementaux à Boulder, en portant des fusils dissimulés.

Selon le Denver Post, un mois après son adoption, la loi a été contestée devant le tribunal de district de l'État par deux résidents de Boulder, un magasin d'armes local et la Colorado State Shooting Association.

Mais ce n’est que deux ans plus tard, soit le 12 mars 2021, que le juge du district du comté de Boulder, Andrew Hartman, s'est rangé du côté des plaignants. Selon son interprétation, les villes et les comtés n’ont pas l'autorité de restreindre la possession d'armes à feu qui sont légales en vertu de lois fédérales et de l'État.

Le juge a déclaré dans son jugement que la loi introduite par la Ville de Boulder pourrait créer un effet d'entraînement dans tout l'État et encouragerait d'autres municipalités à adopter leurs propres interdictions. Il ajoute qu’il est important d’avoir une législation uniforme à travers l’État, plutôt qu’une série de règlements municipaux.

La National Rifle Association (NRA) a applaudi la décision du juge Hartman sur Twitter la semaine dernière, notant que ses lobbyistes avaient mené un combat contre l'interdiction.

Le lendemain du jugement, la Ville a avisé ses policiers que le règlement ne serait plus appliqué.

Cette affaire pourrait se retrouver devant la Cour suprême du Colorado et les juges pourraient décider pour la première fois si les gouvernements locaux peuvent adopter des lois sur les armes à feu plus restrictives que celles prévues par l'État. La Ville n’a pas encore indiqué si elle porterait en appel la décision du juge Hartman.

Avec les informations de Agence France-Presse

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