•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le président de l’ASPC doit expliquer le licenciement des 2 scientifiques à Winnipeg

Iain Stewart a jusqu’à vendredi pour donner les motifs du renvoi de la Dre Xiangguo Qiu et de son mari, Keding Cheng.

Iain Stewart en costume regarde l’objectif.

Iain Stewart, président de l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC), était sous le feu des critiques des députés de l'opposition lundi, après avoir refusé d’expliquer le renvoi des deux scientifiques.

Photo : Gracieusté : National Research Council/Twitter

Radio-Canada

Le comité spécial sur les relations Canada-Chine a ordonné lundi au président de l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC), Iain Stewart, de fournir une explication pour le renvoi de deux scientifiques avant vendredi.

La Dre Xiangguo Qiu et son mari, Keding Cheng, ont été renvoyés en juillet 2019 en raison d'une violation potentielle des politiques et d'une question administrative.

Ils travaillaient au Laboratoire national de microbiologie (LNM), à Winnipeg, le seul de niveau 4 au Canada. Il s’agit du laboratoire de plus haute sécurité au pays, conçu pour traiter en toute sécurité des germes contagieux mortels comme le virus Ebola.

M. Stewart a refusé à plusieurs reprises de divulguer les motifs du renvoi aux députés de l’opposition siégeant au comité. Il a invoqué des raisons de confidentialité et de sécurité concernant l'enquête toujours menée par la Gendarmerie Royale du Canada (GRC).

Il s'est contenté de dire que l'ASPC a mené sa propre enquête, qu'elle est maintenant terminée et que les deux personnes ne sont plus employées par l'agence.

Je ne suis pas en mesure d'en discuter davantage, a répété Iain Stewart.

L'ASPC avait affirmé que l’évacuation du couple sous escorte n'avait rien à voir avec le fait que, quatre mois plus tôt, Mme Qiu avait été responsable d'un envoi de virus Ebola et Henipah à l'Institut de virologie de Wuhan, en Chine.

Les députés de l'opposition ont tenté à plusieurs reprises d'établir un lien entre les deux événements ainsi qu'avec le nouveau coronavirus responsable de la COVID-19, qui a fait son apparition dans la province de Wuhan.

Le directeur général intérimaire du LNM, Guillaume Poliquin, a déclaré au comité que le Canada n'avait jamais transféré de coronavirus à l'Institut de virologie de Wuhan.

Demandes d'explications

Le député conservateur Garnett Genuis a demandé à M. Stewart s'il était déjà arrivé qu’un laboratoire canadien congédie un scientifique en raison de manquements à la sécurité ou du transfert inadapté d’un virus.

M. Genius s’est emporté lorsque celui-ci a répondu qu'il n'était pas en mesure de répondre à la question de la façon dont elle était posée.

Je suis heureux que vous occupiez un poste de haut niveau dans ce pays où vous êtes censé rendre des comptes aux parlementaires et au peuple canadien. Maintenant, répondez à cette maudite question, s'est exclamé M. Genuis. C'est une véritable honte.

Une vue aérienne du Laboratoire national de microbiologie à Winnipeg.

Le Laboratoire national de microbiologie de Winnipeg est le seul laboratoire de niveau 4 au Canada, capable de traiter les agents pathogènes les plus mortels au monde.

Photo : Radio-Canada / Trevor Lyons

Le député libéral Peter Fragiskatos a interrompu les questions de Garnett Genuis par un rappel au règlement, le réprimandant pour avoir harcelé le témoin et enfreint le décorum.

C’est à cet instant que le président du comité, Geoff Regan, a brièvement perdu sa connexion Internet lors de la réunion virtuelle. Étant vice-président, M. Genuis a dû prendre le relais.

Il a rejeté le rappel au règlement de M. Fragiskatos ainsi que la suggestion d'un autre député libéral de suspendre brièvement la réunion, jusqu'à ce que les problèmes techniques soient résolus.

Garnett Genuis a finalement cédé la présidence à un autre député, après que le néo-démocrate Jack Harris eut déclaré qu'il était inapproprié pour lui d'agir en tant que président tout en poursuivant ses questions et en statuant sur les rappels au règlement concernant sa propre conduite.

Par la suite, Iain Stewart a dit au comité qu'il était désolé que son refus de fournir des détails soit une source de stress et de mécontentement. C'est l'avis juridique qui m'a été donné en préparation de cette séance.

Le député du Bloc québécois Stéphane Bergeron a averti M. Stewart qu'il pourrait être reconnu coupable d'outrage au Parlement s'il continuait à refuser de fournir des détails.

Selon M. Bergeron, si les détails sont trop sensibles pour être révélés publiquement, ils devraient plutôt être fournis de façon confidentielle aux membres du comité.

Le président de l’ASPC a dit qu'il consulterait un conseiller juridique au sujet de cette solution.

Pour sa part, le député conservateur John Williamson a laissé entendre qu'il y avait une autre raison pour expliquer le refus de Iain Stewart de répondre aux questions sur le sujet : C'est tout simplement la dissimulation bureaucratique, l'incompétence, la malfaisance dans le Ministère.

Le comité a finalement accepté une motion de Garnett Genuis demandant à M. Stewart d'expliquer aux membres, en toute confidentialité s'il le souhaite et d'ici vendredi à 14 heures, pourquoi les deux scientifiques ont été licenciés.

Avec les informations de Joan Bryden

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !