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Pékin réagit aux sanctions en critiquant le traitement des Autochtones au Canada

Un homme passe devant un établissement ceinturé par une haute clôture. Une tourelle de surveillance est aussi visible.

Un homme passe devant le périmètre hautement sécurisé d'un centre destiné aux Ouïgours à Dabancheng, dans la province du Xinjiang. Pékin dit qu'il s'agit de « centres de formation professionnelle », mais des organisations humanitaires affirment qu'il s'agit de « camps d'internement ».

Photo : Reuters / Thomas Peter

Radio-Canada

La Chine a fustigé mardi le Canada et les États-Unis, ainsi que leurs alliés européens, et a affirmé qu'ils n'avaient pas le droit de critiquer le bilan du régime en matière de droits de la personne, compte tenu de leur propre bilan, en faisant explicitement référence aux pensionnats autochtones.

Ambassadeurs convoqués, sanctions de représailles, dénonciation des mensonges dont elle se dit victime : la Chine a vivement répliqué, mardi, après l'imposition par les Occidentaux de sanctions concernant le traitement de sa minorité ouïgoure.

Au moins un million de Ouïgours ont été internés dans des camps de la région chinoise du Xinjiang et certains ont été soumis à du travail forcé et à des stérilisations, selon l'ONU.

La Chine dément catégoriquement les deux dernières accusations et affirme que les camps sont des centres de formation professionnelle destinés à éloigner la population de l'extrémisme religieux et du séparatisme, après une série d'attentats attribués à des Ouïgours.

En réaction, le Canada, les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Union européenne (UE) ont tous adopté des sanctions contre quatre responsables chinois et une entité, lundi, en un effort concerté visant à faire pression sur la Chine pour qu'elle mette fin à ce que les alliés ont appelé une campagne de répression systématique.

Une prise de position des Occidentaux que la deuxième économie mondiale n'a visiblement pas appréciée.

Nous les exhortons à ne pas sous-estimer la ferme détermination du peuple chinois à défendre les intérêts nationaux et la dignité. C'est une courtoisie de rendre la pareille de ce que nous recevons, a soutenu mardi la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hua Chunying, lors d'un point de presse à Pékin, selon une transcription.

Ils devront payer le prix de leur ignorance et de leur arrogance.

Des pays au bilan « ignoble »

Expliquant les arguments de la Chine, Mme Hua a pris soin d'énumérer une série d'injustices historiques que les pays occidentaux ont perpétrées contre les populations minoritaires, dont le système des pensionnats autochtones au Canada.

Entre la fin du 19e siècle et 1996, des enfants autochtones ont été retirés de leurs familles et ont été placés dans un système scolaire géré par le gouvernement, conçu pour les assimiler, et au sein duquel des milliers de personnes ont été victimes de violences psychologiques, sexuelles et physiques.

La Commission de vérité et réconciliation, qui a enquêté sur les pensionnats autochtones et leur héritage, a conclu en 2015 que le système représentait un génocide culturel.

Il faut souligner que ces pays, qui se proclament "juges" des droits de la personne et tiennent à faire la leçon aux autres, ont un bilan ignoble en matière de droits de la personne.

Une citation de :Hua Chunying, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères

La Chine évoque régulièrement le bilan du Canada en matière de relations avec les Autochtones lorsque les deux pays se disputent au sujet des droits de la personne.

Affaires mondiales Canada n'avait pas répondu à un message de La Presse canadienne au moment d'écrire ces lignes.

Ambassadeurs européens convoqués « dans la nuit »

La Chine a réservé un traitement similaire aux alliés européens du Canada mardi, convoquant dans la nuit l'ambassadrice du Royaume-Uni ainsi que l'ambassadeur de l'UE en Chine, afin de condamner dans les termes les plus vifs des sanctions fondées sur des mensonges et de fausses informations.

Par contraste, l'ambassadeur de Chine à Paris ne s'est pas rendu lundi à une convocation de la diplomatie française qui avait dénoncé ses attaques contre des parlementaires et un chercheur français. Il s'y est finalement rendu mardi matin après des protestations de Paris, qui lui a fait part de ses griefs. La Belgique a également convoqué l'ambassadeur de Chine à Bruxelles.

L'UE n'est pas qualifiée pour se poser en donneuse de leçon à l'égard de la Chine sur les droits de la personne, a par ailleurs soutenu le vice-ministre des Affaires étrangères, Qin Gang.

La Chine exhorte l'UE à reconnaître la gravité de son erreur, à la corriger et à mettre fin à la confrontation, afin de ne pas causer davantage de dommages aux relations sino-européennes.

Une citation de :Qin Gang, vice-ministre des Affaires étrangères de la Chine

Le ministre des Affaires étrangères, Wang Yi, est également monté au créneau mardi, lors d'une rencontre en Chine avec son homologue russe, Sergueï Lavrov.

Ces derniers jours, une minorité de puissances occidentales ont chacune pris la parole pour diffamer et critiquer la Chine, a dénoncé M. Wang.

Toutefois, elles doivent savoir ceci : l'époque où elles pouvaient inventer des histoires ou fabriquer un mensonge afin de s'ingérer dans les affaires intérieures de la Chine appartient à un passé définitivement révolu.

Avec les informations de La Presse canadienne, et Agence France-Presse

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