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Les fous de Bassan au service de la science

Un fou de Bassan en plein vol.

Cette étude en deux volets vise notamment à quantifier les conséquences du réchauffement des eaux du fleuve Saint-Laurent sur la population des oiseaux marins et des poissons (archives).

Photo : Getty Images / AFP / Johannes Eisele

Radio-Canada

Pour une étude de l’Université du Québec à Rimouski (UQAR), des fous de Bassan se transforment en cueilleurs de données et sont équipés de caméras miniaturisées, de capteurs de plongée et de GPS. Ces équipements serviront à comprendre leur régime alimentaire, mais aussi à mieux connaître la répartition des espèces de poissons dans leur habitat.

Les images captées par les oiseaux lors de leurs plongées sont très courtes et difficiles à décortiquer. C’est donc avec l’intelligence artificielle que les chercheurs peuvent analyser rapidement les images et les combiner aux autres données de localisation.

On va pouvoir déterminer à quelle profondeur ils vont chercher ces poissons-là. Avec la combinaison de ces données, on va pouvoir combler certaines lacunes dans l’acquisition d’informations dans l’écosystème marin, explique David Pelletier, chercheur et enseignant au Cégep de Rimouski, qui est partenaire dans l’étude.

Prise de vue sous l'eau d'un fou de Bassan attrapant sa proie.

Des algorithmes sont entraînés à reconnaître différentes espèces de poisson, dont le hareng, le capelan, le maquereau, le lançon et le sébaste.

Photo : Centre de recherche et développement en intelligence numérique de Matane

Les différentes espèces pêchées par ces oiseaux, comme le capelan, le maquereau, le hareng et le sébaste, sont actuellement en déclin ou alors subissent une modification de leur aire de répartition en raison notamment du réchauffement des eaux du fleuve.

Ce bouleversement a aussi des conséquences sur les populations d’oiseaux marins, qui doivent parfois négliger leur nid pour aller à la recherche de nourriture plus loin de leur habitat habituel.

On sait que le fou de Bassan vit une difficulté de sa capacité de reproduction depuis les dernières années. On voit par contre qu’ils sont capables de s’ajuster en doublant parfois le [...] temps qu’ils passent à s’alimenter, explique M. Pelletier en entrevue à Boréale 138.

Des outils sans danger pour les oiseaux

C’est durant la période de reproduction que les chercheurs peuvent réussir à capturer quelques spécimens pour leur installer les outils de mesure miniatures.

L’opération, quoique délicate, ne pose pas de danger pour l’animal.

Le biologiste et enseignant au Cégep de Rimouski David Pelletier au travail sur le bord du fleuve Saint-Laurent.

Durant la nidification, les oiseaux sont notamment concentrés sur l'île Bonaventure, en Gaspésie (archives).

Photo : Margaret Kraenzel

En raison de leur petite taille, combinée à la force et à la grande taille de cet oiseau typique du Saint-Laurent, les instruments ne nuiraient pas non plus à l'animal dans sa quête de nourriture, selon David Pelletier.

C’est un oiseau de bonne taille, il pèse en moyenne trois kilogrammes, avec près de deux mètres d’envergure. Il est capable de porter des appareils jusqu’à une certaine limite. On ne dépasse jamais 2 % de la masse de l’oiseau. Donc c’est une espèce bien adaptée pour être capable de porter ces appareils-là avec le moins d’impact possible.

C’est en 2022 que seront compilées l’ensemble des données de pêche du fou de Bassan. Les scientifiques espèrent que cet assistant de recherche sauvage pourra permettre de mieux comprendre l’impact du réchauffement des eaux sur les écosystèmes marins du Saint-Laurent.

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