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Bulletins brûlés, émeutes, corruption : ces autres élections chaotiques à Terre-Neuve

Une femme compte des bulletins de vote.

Les élections provinciales de 2021 ne sont pas les premières à connaître de graves problèmes.

Photo : Radio-Canada / Katie Rowe

Depuis son premier gouvernement responsable, en 1855, Terre-Neuve a connu une série d'élections tumultueuses. L'histoire électorale comprend des émeutes, des manifestations, des enlèvements et des accusations de corruption. Dans un incident, des bulletins de vote ont même été brûlés par accident.

Inspirée de la campagne électorale actuelle, Radio-Canada s’est intéressée à l’histoire de trois autres élections chaotiques à Terre-Neuve-et-Labrador.

1861 : émeutes et pillage

En 1861, l’impact des clivages religieux en politique est indéniable. De façon générale, les libéraux représentent les catholiques et la classe ouvrière, alors que les conservateurs représentent les protestants et les marchands de pêche.

Le jour du scrutin, la violence éclate à Harbour Grace, où l’évêque local avait appuyé certains candidats et pas d’autres. Au bureau du scrutin, chaque camp essaie d'empêcher l'autre d'exercer son droit de vote. Une personne est morte lors des affrontements et le gouverneur de Terre-Neuve a finalement annulé les résultats à Harbour Grace, ce qui a donné une majorité temporaire aux conservateurs.

À Saint-Jean, les catholiques sont furieux. Le clergé incite des milliers de gens à manifester devant la Chambre d’assemblée et dans les rues de Saint-Jean.

C’était une émeute qui était, bien honnêtement, très sérieuse, raconte l’historien James Hiller. On a demandé aux militaires de venir apaiser la colère des gens. Ce qui a finalement mené à la violence, parce qu’ils ont commencé à tirer.

1893 : des candidats accusés de corruption

En 1893, les partis mènent une campagne rancunière. Il y a eu des batailles coriaces, explique James Hiller. Le Parti libéral a mené une campagne qui était ouvertement anti-marchands. [...] Ils disaient que les conservateurs n’appuieraient jamais les travailleurs et les pêcheurs parce qu’ils étaient le parti des marchands de pêche.

Lors du scrutin du 6 novembre, les libéraux deviennent majoritaires, mais les conservateurs n’acceptent pas la défaite. Le 6 janvier 1894, la dernière journée pour contester les résultats, le Parti conservateur accuse une quinzaine de candidats libéraux d’avoir tenté d’acheter des votes.

Les audiences en Cour suprême se poursuivent pendant des mois. Et pendant ce temps, le gouvernement conservateur sortant reste au pouvoir.

Les candidats libéraux sont finalement condamnés et la Cour suprême tranche et décide qu’ils ne peuvent pas occuper leur siège à la Chambre d’Assemblée. Dans la plupart des cas, ils ne peuvent plus se présenter aux élections.

Les conservateurs repoussent les élections partielles jusqu’à l’automne, mais les libéraux gagnent finalement toutes les courses sauf une. Alors, après des mois de batailles juridiques, presque rien n'a changé.

1971 : des bulletins de vote brûlés

Une série de recomptages judiciaires est nécessaire après les élections très serrées de 1971. Le Parti conservateur remporte 21 des 42 circonscriptions, et le Parti libéral, au pouvoir depuis 1949, conserve 20 sièges.

Lors d’un recomptage crucial dans St-Barbe Sud, où les conservateurs avaient gagné par huit voix, le juge découvre qu'une centaine de bulletins de vote du village de Sally Cove avaient été brûlés après le dépouillement initial. La directrice locale du scrutin, qui ne savait pas qu’il fallait garder les bulletins, les avait mis dans son poêle à bois.

Qui aurait prévu que des bulletins seraient brûlés? C’est peut-être le seul incident du genre de l’histoire du Canada, raconte l’ex-reporter national de la CBC, Cam Cathcart, qui a couvert les élections provinciales en 1971. Sans les bulletins de vote de Sally Cove, le recomptage judiciaire était paralysé. Personne ne savait quoi faire.

Deux juges de la Cour suprême décident finalement qu’il est impossible de vérifier le résultat, mais que rien d’illégal n’a eu lieu. Le candidat progressiste-conservateur avait gagné.

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