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Maladie inconnue : des élus demandent plus d'information pour éviter la panique

Un homme portant un manteau lors d'une entrevue.

Le président du Forum des maires de la Péninsule acadienne, Yvon Godin, réclame plus d'explications sur la maladie qui touche 35 personnes dans la Péninsule acadienne.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Au Nouveau-Brunswick, de nombreux élus estiment que le manque d'information sur une mystérieuse maladie neurologique cause un vent de panique dans la population.

Où se trouvent les 43 personnes atteintes?

Les services de santé publique n’indiquent pas exactement où au Nouveau-Brunswick se trouvent au moins 40 personnes atteintes de cette maladie inconnue, et précisent que ce sont des renseignements délicats et confidentiels. Mais on sait que la très grande majorité de ces cas se trouvent dans la Péninsule acadienne.

La nouvelle de l’existence de ces cas, diffusée la semaine dernière, préoccupe les résidents de plusieurs communautés.

Dans une note interne envoyée aux médecins, la santé publique fait état d'une grappe de cas du syndrome neurologique progressif d'étiologie inconnue.

La maladie semble toucher tous les groupes d'âge et se concentrer dans les régions de la Péninsule acadienne, dans le nord-est de la province, et de Moncton, dans le sud-est. Jusqu’à 43 cas ont été dépistés depuis 2015. Cinq personnes sont mortes.

Les symptômes s’apparentent à ceux des maladies à prion, qui englobent notamment la maladie de Creutzfeldt-Jakob et certains de ses variants, dont la maladie de la vache folle. Cependant, les tests de dépistage de la maladie de Creutzfeldt-Jakob ont jusqu'à présent écarté les maladies à prion connues, peut-on lire dans la note de la santé publique.

La majorité des cas dans la Péninsule acadienne

La Dre Jennifer Russell, médecin hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick, indique que 35 cas sont dans la Péninsule acadienne et 8 dans la région de Moncton. La santé publique provinciale ne révèle cependant pas où sont précisément les personnes atteintes.

Il s’agit de renseignements délicats, particulièrement dans une petite population comme celle du Nouveau-Brunswick, a expliqué Michael Coulthart, le directeur du Système de surveillance de la maladie de Creutzfeldt-Jakob de l’Agence de la santé publique du Canada, qui participe à l’enquête sur la maladie au Nouveau-Brunswick.

Il espère rassurer les gens inquiets en soulignant que des experts des quatre coins du pays cherchent la cause de la maladie.

Des élus demandent plus de transparence

Des maires de la Péninsule acadienne souhaitent en savoir plus sur ce mal mystérieux.

Le maire de Bertrand et président du Forum des maires de la Péninsule acadienne, Yvon Godin, déplore que de nombreuses personnes aient été alarmées par l'annonce de cette maladie inconnue.

Les gens ont cru que c'était dans les dernières semaines qu'il y avait eu à peu près 43 cas. Tout ça, c'est de la fausse information et ça rend les gens inquiets, explique-t-il.

Chez nous, les gens ont cru que c'était une deuxième pandémie qui commençait. C'est loin de ça.

Une citation de :Yvon Godin, président du Forum des maires de la Péninsule acadienne

Yvon Godin demande une meilleure communication de la part de la santé publique, afin de dissiper ces inquiétudes-là.

Les gens sont en train de se diagnostiquer eux-mêmes et, étant donné que c'est une maladie que tout le monde dit que c'est incurable, imaginez-vous l'anxiété que ça cause à ces gens, souligne-t-il.

Des résidents se demandent si la maladie provient de la viande d’orignal ou de chevreuil, et si elle est contagieuse, relate-t-il. Nous devons savoir aussitôt que possible ce qui cause cette maladie.

Le chef du Parti vert, David Coon, a lancé lundi qu’il est inacceptable que des renseignements au sujet de la santé d’un si grand nombre de gens restent secrets.

David Coon interviewé à l'extérieur.

Le chef du Parti vert, David Coon, estime que la santé publique devrait communiquer plus de renseignements. Le manque d’information, selon lui, alimente les craintes des communautés (archives).

Photo : CBC/Jacques Poitras

David Coon a souligné que le nombre de cas a subitement augmenté en 2019 quand on en a dépisté 11 et encore en 2020 quand on en a dépisté 24 autres.

Le chef du Parti vert demande pourquoi la population n’a appris l’existence de ces cas que tout récemment. Il estime que le silence de la santé publique à ce sujet est extraordinaire.

La députée verte de Memramcook-Tantramar, Megan Mitton, a déjà posé des questions à ce sujet à l’Assemblée législative, a indiqué M. Coon, qui a ajouté que son parti maintiendra sa pression pour en savoir plus.

Quand vous manquez d’information, vous avez peur, a affirmé David Coon.

Il a ajouté que la santé publique devrait être plus transparente, préciser les endroits où se trouvent les cas et faire le point sur la recherche médicale en cours. Dites-nous ce qui se passe, a lancé David Coon.

Avec des informations d'Isabelle Arseneau et de Marie Sutherland

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