•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

De jeunes Autochtones du Yukon prennent leur destin climatique en main

Un collage de plusieurs photos de jeunes Autochtones du Yukon.

Les 14 jeunes Autochtones sélectionnés pour le Programme d’action climatique des Premières Nations du Yukon devront, au cours des deux prochaines années, trouver des réponses à la question des changements climatiques.

Photo : Photo envoyée par le Conseil des Premières Nations du Yukon

Face à la crise climatique, le Programme d’action climatique des Premières Nations du Yukon veut décoloniser les politiques environnementales dans le Nord et donner aux jeunes adultes les outils nécessaires pour trouver des solutions qui reflètent les valeurs de leurs communautés.

Ils sont 14 jeunes issus des Premières Nations du Yukon, âgés de 23 à 30 ans.

C'est un défi énorme qu'ils se sont engagés à relever en participant à un programme de formation de deux ans mis sur pied par le Conseil des Premières Nations du Yukon (CYFN), l’Assemblée des Premières Nations (AFN) et l’organisme Youth Climate Lab.

Pour l’instant, les réunions hebdomadaires se sont faites de façon virtuelle, mais en avril, une rencontre en personne devrait permettre aux participants de mieux se connaître. Jennifer Mierau, l’une des 14 personnes sélectionnées dit avoir hâte que cela se produise.

Native de Dawson et membre des Trondek Hwechin, elle dit avoir planché une journée entière sur sa candidature pour être admise dans le programme. On en est encore au commencement. Alors je ne sais pas vraiment ce qu’il va se passer, mais je pense que nous allons amener de bons changements ici, affirme-t-elle avec optimisme.

Un effort de groupe

Étalé sur 20 mois, le programme donne l’occasion aux jeunes sélectionnés de travailler avec des leaders du monde entier, mais aussi d’organiser des groupes de travail avec des personnes de leur communauté comme les aînés, les chefs, d’autres jeunes ou des employés du gouvernement.

Ce n'est pas juste aux jeunes de trouver les solutions, c’est un effort de groupe, affirme Merran Smith, qui se charge de la liaison communautaire pour l’adaptation sur les changements climatiques au sein du CYFN.

Cette dernière explique que, dès l’automne 2019, les leaders autochtones du Yukon se sont rendus compte qu’il fallait intégrer les jeunes dans les décisions concernant le climat. En novembre de l’année suivante, un appel à candidatures a été lancé pour le programme.

Préserver l'environnement et la culture

Devant le nombre de dossiers reçus, Mme Smith avoue que le choix n’a pas été une mince affaire. Après avoir assisté à deux rencontres virtuelles, elle semble satisfaite des personnalités qui forment le groupe.

« Je suis impressionnée par ces jeunes, la façon dont ils peuvent parler leur langue, leurs idées, le fait que beaucoup n’ont pas peur de faire part de leurs idées sur le climat. »

— Une citation de  Merran Smith, agente de liaison communautaire pour l’adaptation aux changements climatiques au sein de la CYFN

Jennifer Mierau affirme que le groupe en est encore à la phase d’engrangement du savoir. Ayant grandi dans une communauté qui pêchait le saumon et chassait les caribous, elle insiste sur l’importance du travail qui les attend.

Pour moi, c’est très important que l’on puisse continuer à pêcher, que l’on garde en vie nos traditions. C’est la façon dont je peux y contribuer, confie-t-elle au sujet de sa participation à la formation.

Autoportrait d'une jeune femme.

Jennifer Mierau, de Dawson City, est l'une des 14 personnes selectionnées pour participer au programme d’action climatique des Premières Nations du Yukon.

Photo : Photo envoyée par le Conseil des Premières Nations du Yukon

Habituée à travailler dans l’industrie minière de façon saisonnière, Jennifer Mierau dit que les problématiques liées à l’environnement lui ont toujours tenu à cœur. Elle affirme que les travailleurs du secteur devraient toujours respecter la terre et les ressources, particulièrement l’eau.

En travaillant dans ce milieu, j’ai essayé de faire attention et de faire mon travail de manière respectueuse. Quand j’ai vu des situations où je ne voyais pas ce respect, je ne les ai pas soutenues, précise-t-elle.

À travers la question environnementale, Merran Smith ne cache pas que se dessine en filigrane la question culturelle. C’est peut-être encore plus important de pouvoir garder cette culture et cette façon de penser, avoue-t-elle.

Elle dit qu'elle espère que le plan d’action climatique pourra être prêt à l’automne 2022 et que, si les solutions apportées dans le document plaisent au gouvernement territorial, celui-ci pourrait peut-être même s’en inspirer pour sa stratégie climatique.

Avec des informations de Claudiane Samson

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !