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Des Winnipégois veulent que les arbres de la ville soient des biens publics

En premier plan, un des ormes avec la tâche de peinture symbole de son abattement et au second plan la maison de Gabrielle Roy.

Les ormes sont marqués de couleur orange quand il est nécessaire de les couper.

Photo : Radio-Canada / Ezra Belotte-Cousineau

Radio-Canada

Des Winnipégois souhaitent que la Ville reconnaisse sa vaste canopée urbaine comme un bien public, au moment où la capitale manitobaine élabore sa stratégie de foresterie urbaine pour faire face aux parasites qui menacent les arbres.

Près de deux tiers des millions d’arbres de Winnipeg périront dans les 100 prochaines années, selon les estimations de la Ville. Agrile du frêne, psylle floconneux, maladie hollandaise de l'orme : les parasites menaçants se multiplient.

En octobre, la Ville de Winnipeg a lancé une stratégie pour favoriser la croissance de sa foresterie urbaine. Selon la première phase des consultations menées par la Ville, plus de 84 % des participants affirment que la perte d’arbres a eu des conséquences sur le plan personnel.

Ce sont de très vieux arbres de 80, 100 ans qu’on va perdre, ça fait de gros trous dans nos quartiers, dans notre ville, lance Michel Durand-Wood, qui a participé aux consultations. Celui qui est le coprésident de la Glenelm Neighborhood Association rappelle que l’importance des arbres ne se résume pas à leur beauté.

La canopée urbaine nous donne tellement plus de bénéfices; ça nous permet de garder nos maisons plus fraîches l’été, ça coupe le vent l’hiver, ça absorbe l’eau de pluie pour qu’elle ne tombe pas dans nos égouts, ça absorbe le carbone émis par nos voitures, fait-il valoir.

Selon lui, la Ville ne plante pas assez vite pour remplacer les arbres qu’elle abat dans le but d’enrayer la propagation des parasites. L’an dernier, chaque fois qu'elle en a coupé quatre, elle n'a planté qu'un seul arbre, indique M. Durand-Wood.

Un million d’arbres privatisés

En septembre 2019, le maire de Winnipeg, Brian Bowman, a lancé comme défi aux Winnipégois de planter 1 million d'arbres au cours des 20 prochaines années pour contrer la déforestation urbaine.

Michel Durand-Wood estime que cette promesse n’est pas accompagnée d’actions concrètes et qu’il s’agit d’une stratégie qui remet au secteur privé la responsabilité de planter des arbres.

Cette privatisation aura pour effet d’encourager le transfert de la canopée urbaine des boulevards et des parcs vers des terrains privés, poursuit-il.

Il aimerait que Winnipeg reconnaisse que sa canopée urbaine est un bien public et que la Ville intègre ce principe dans son budget et sa gestion des actifs.

Un gros arbre tombé bloque toute une rue.

Environ 30 000 arbres de Winnipeg ont été endommagés dans une tempête de neige en 2019.

Photo : Radio-Canada

La Ville de Selkirk, au nord de Winnipeg, a adopté cette stratégie. Depuis 2015, les arbres de Selkirk sont comptés comme des éléments d'infrastructure publique à part entière. Cela a permis d’ajuster considérablement la stratégie de protections de la canopée urbaine, selon Duane Nicol, dirigeant principal de l'administration de Selkirk.

Nous avons vu une gestion beaucoup plus proactive de notre canopée urbaine. Les [employés] des travaux publics passent plus de temps à chercher à protéger des arbres lorsqu’ils font de la construction, explique-t-il.

L’encadrement de la canopée dans un règlement municipal permet d’assurer l’avenir des arbres à long terme sans se soucier des changements politiques à venir. Aujourd’hui, Selkirk compte plusieurs dizaines de milliers d’arbres sur son territoire, dont la valeur est estimée à plusieurs millions de dollars.

Winnipeg a entrepris la première étape en ce sens. Selon un rapport publié en octobre dernier, sa forêt urbaine a une valeur de 3 milliards de dollars et permet des économies d’énergie dans les immeubles de 5,8 millions de dollars par année.

Avec les informations de Mohamed-Amin Kehel

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