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Les prix des chalets pourraient grimper de 15 % en 2021

Un chalet et un cabanon à flan de colline sur le bord d'un lac.

Le prix médian des propriétés récréatives au Canada continue de croître en 2021.

Photo : Avec l'autorisation de Chris Benedetti

L’explosion des prix des chalets ne s’estompera pas de sitôt. L’agence Royal LePage rapporte que ses courtiers immobiliers prévoient une hausse d’encore 15 % des prix des propriétés récréatives au Canada en 2021.

Au Québec, l’année dernière, le prix médian d’une résidence secondaire unifamiliale avait bondi de 19 % pour atteindre 253 907 $. La province devrait suivre la tendance canadienne en 2021 : le prix médian devrait croître de 15 % et toucher 292 000 $. Le marché québécois demeure tout de même sous la valeur médiane attendue de plus de 500 000 $ au pays.

Le courtier Éric Léger, qui œuvre entre Prévost et Sainte-Agathe-des-Monts dans les Laurentides, ne voit pas de dégression à l’horizon, puisque la rareté d’inventaire est toujours là. Il ne cesse d’être surpris de la vigueur de l’immobilier.

Avant, quand la vente se concluait au-dessus du prix demandé, c’était quelque chose. Là, on est à des 15 à 20 % au-dessus.

Une citation de :Éric Léger, courtier immobilier, Royal LePage Humania

M. Léger observe qu’avec le télétravail, il n’y a plus de frontière entre la résidence et la propriété récréative.

À partir du moment où on a un bon accès à Internet, ça ouvre une foule de possibilités, explique-t-il. Les gens recherchent parfois dans un rayon beaucoup plus large, qui peut équivaloir à plus ou moins 30 kilomètres de plus qu’il y a un an.

Les acheteurs doivent dans ce contexte faire des efforts fastidieux pour mettre la main sur leur chalet tant rêvé. Éric Léger évoque un exemple récent où une propriété a fait l’objet de 39 visites en deux jours et de 17 promesses d’achat. Ça rend un acheteur, un vendeur et un courtier heureux, mais ça en fait 16 autres qui doivent recommencer le travail, souligne-t-il.

Si le vendeur n’a rien prévu pour la suite, il se retrouve à son tour mêlé à ce cercle de plus en plus vicieux.

Royal LePage signale que ses clients réalisent un achat après avoir fait entre quatre et dix offres en moyenne.

L’année d’une vie pour les courtiers

Dans le secteur de Saint-Hippolyte, la courtière chez Immeubles en Hauteurs Carmen Dion dit n’avoir jamais connu ça en 25 ans d’immobilier à temps plein. Toutes les propriétés qu’elle met sur le marché se vendraient entre une semaine et un mois et demi, comparativement à huit à douze mois avant la pandémie.

Dans un temps normal, on a entre 180 et 200 maisons dans le secteur de Saint-Hippolyte. Présentement, il y en a entre 50 et 55.

Une citation de :Carmen Dion, courtière immobilière, Immeubles en Hauteurs

Ledit secteur, avec 62 lacs répertoriés, serait prisé pour ses rivages, puisque les gens veulent s’offrir des vacances et changer d’air, à défaut de pouvoir voyager. Avec le jeu de l’offre et la demande, la valeur des propriétés riveraines aurait ainsi bondi d’environ 35 % depuis un an.

L’impression d’une mise aux enchères

On a des propriétés à plus d’un million de dollars qui se sont vendues au prix demandé et avec deux et trois offres, confie-t-elle. Les offres d’achat multiples sont désormais monnaie courante et la négociation se fait rare. En effet, les prix offerts seraient souvent de 5 à 10 % supérieurs au prix demandé.

Lors d’offres multiples après une mise en vente, la courtière détermine un moment pour les présenter toutes en même temps au vendeur. Elle a tendance à favoriser l’offre au prix le plus intéressant et provenant d’un acheteur qui a déjà son approbation de financement en poche.

À ses yeux, bien que beaucoup osent le faire, le retrait de la condition d’inspection ne devrait pas faire partie de l’analyse, puisqu’elle se dit inconfortable de vendre une maison sans inspection.

Mme Dion reconnaît que la situation actuelle ne peut pas se maintenir comme ça très longtemps. Plusieurs propriétaires auraient d’ailleurs pris la décision de saisir l’opportunité et de vendre cette année pour profiter du marché et avoir des projets de vie.

Alors, les chalets sont-ils devenus trop chers? Une maison vaut ce qu’elle vaut à un moment précis, insiste Carmen Dion.

Mais qui a les moyens de les payer? Vous tomberiez sur le dos, répond-elle! De nombreux acheteurs expérimentés, soit des gens dans la cinquantaine et la soixantaine établis, et qui ont eu d’autres propriétés, font partie du lot.

Les jeunes couples n’ont donc qu’à bien se tenir pour affronter le marché… ou reporter leur projet.

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