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Espoirs et inquiétudes en Ontario à la veille du budget

Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, observe une infirmière préparer une dose du vaccin contre la COVID-19.

Parmi les priorités déterminées par différents groupes : accélérer la vaccination, prévenir des éclosions et relancer l'économie.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Les attentes du prochain budget du gouvernement de Doug Ford sont élevées, alors que la troisième vague de coronavirus en Ontario s’annonce encore plus féroce que les deux précédentes.

Le ministre des Finances, Peter Bethlenfalvy, s’apprête à déposer son premier budget mercredi, à peine quatre mois après celui de son prédécesseur, qui avait débloqué 45 milliards de dollars sur trois ans pour lutter contre la COVID-19.

Le gouvernement a aussi annoncé lundi qu'il va octroyer 1,2 milliards pour aider les hôpitaux à se remettre financièrement de la crise. La province investira aussi 933 millions de dollars afin d'ajouter plus de 7500 lits dans ses centres de soins de longue durée et améliorer des milliers de places existantes.

Le ministre Bethlenfalvy a promis qu'il n'y aurait pas de hausse d’impôt ni de réduction des services publics. Son budget offrira des soutiens supplémentaires notamment pour renforcer le système de santé et stimuler l’économie de l’Ontario, selon son bureau.

Prévenir les éclosions de COVID-19

Bon nombre d’intervenants du milieu de la santé exhortent la province à adopter des mesures pour éviter des éclosions dans les centres de soins de longue durée, telles que limiter le nombre de résidents par chambre et redéployer des ressources des hôpitaux vers ces foyers.

Ces mesures avaient été proposées avant la deuxième vague, mais le gouvernement les aurait écartées parce qu’elles étaient trop coûteuses, selon des experts.

Des enfants marchent à la file dans l'enceinte d'une école de Toronto.

Des intervenants en santé souhaitent que les postes d'infirmières dans les écoles créés durant la pandémie deviennent permanents.

Photo : CBC / Evan Mitsui

L’Association des infirmières et infirmiers autorisés de l’Ontario recommande à la province d’investir 67,5 millions de dollars notamment pour que le personnel infirmier déployé dans les écoles durant la pandémie y reste de façon permanente.

L’organisme souhaite aussi qu’une cinquantaine d’infirmières de plus soient recrutées pour desservir les communautés autochtones.

La Fédération de l’agriculture de l’Ontario estime, pour sa part, que le gouvernement doit continuer d’investir afin de prévenir des éclosions dans les exploitations agricoles et les abattoirs.

On n’était pas prêts, affirme le porte-parole Réjean Pommainville, propriétaire d’une ferme à Limoges, dans l’Est ontarien. Il souligne que trois travailleurs sont morts des suites de la COVID-19 dans le secteur agricole en Ontario.

Réjean Pommainville.

Réjean Pommainville est propriétaire d'une ferme à Limoges, dans l'Est ontarien, et directeur régional à la Fédération de l'agriculture de l'Ontario.

Photo : Fédération de l'agriculture de l'Ontario

Il demande notamment à la province de débloquer du financement pour l’aménagement de logements sécuritaires sur les fermes où les quelque 24 000 travailleurs venus de l’étranger pourront effectuer une quarantaine à leur arrivée en Ontario et s’isoler en cas d’infection.

L’organisme souhaite aussi que ces travailleurs puissent recevoir le vaccin en Ontario, s’ils n’ont pas déjà été vaccinés dans leur pays d’origine.

Aide aux entreprises plus chirurgicale réclamée

Les entreprises, de leur côté, souhaitent pouvoir reprendre leurs activités de façon sécuritaire. Celles des secteurs les plus durement touchés par la pandémie, où une réouverture n’est toujours pas envisageable, réclament une aide financière plus ciblée qui leur permettrait de rester à flot.

Il faut être plus chirurgical avec l’aide gouvernementale, lance le président de la Chambre de commerce de l’Ontario, Rocco Rossi. Et pour éviter que les entreprises s’endettent pour survivre, il faut offrir des subventions et pas que des prêts.

Une femme masquée tient le comptoir d'un magasin.

Les entreprises peuvent utiliser la subvention comme bon leur semble, afin de maintenir leur activité à flot.

Photo : CBC/Evan Mitsui

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante abonde dans le même sens. Les entreprises ontariennes souhaitent une certaine souplesse en ce qui concerne les impôts et des frais auxquels elles sont assujetties, souligne le porte-parole Jasmin Guénette.

Si on arrive dans une troisième vague alors que les entreprises sont déjà fermées, il y a lieu de se demander si les garder fermées a une influence sur le nombre de cas.

Une citation de :Jasmin Guénette, vice-président aux affaires nationales, Fédération canadienne de l’entreprise indépendante

Il souhaite que la province distribue les tests rapides qu’elle a déjà afin d’améliorer le dépistage dans les milieux de travail et qu’elle investisse pour améliorer la recherche des contacts réalisés par les bureaux locaux de santé publique.

M. Guénette craint que le gouvernement se fie encore une fois à des confinements généralisés et des mesures strictes qui font mal aux entreprisespour freiner la troisième vague de COVID-19.

Soutenir les municipalités

Les municipalités ontariennes demandent de nouveau à la province de leur donner un coup de main financier. Leur manque à gagner se chiffrerait à 2,7 milliards de dollars cette année, selon une récente analyse du Bureau de la responsabilité financière.

Le hic : les administrations municipales en Ontario sont obligées d’équilibrer leur budget en vertu de la loi provinciale.

C’est très difficile comme municipalité d’être capable d’opérer sans déficit en ce moment.

Une citation de :Gary McNamara, maire de Tecumseh et membre de l’Association des municipalités de l’Ontario

L'AMO demande à la province de reconduire, entre autres, son Fonds de secours pour les services sociaux, qui arrive à échéance à la fin du mois, et le Cadre de relance sécuritaire, lancé avec Ottawa.

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