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Le patron de la Banque de l'infrastructure du Canada défend la pertinence de l'agence

Un silo de céréales avec de l'eau en premier plan.

Depuis l'automne, l'agence a annoncé le financement de trois nouveaux projets, dont un prêt de 407 millions sur 35 ans pour agrandir l'infrastructure d'irrigation dans le sud de l'Alberta.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

La Presse canadienne

Le grand patron de la Banque de l'infrastructure du Canada (BIC), une agence fédérale, estime qu'il existe une voie rapide pour mettre en valeur sa pertinence. Il croit qu'elle peut se démarquer en s'attaquant aux risques démesurés et attirer des milliards de dollars du privé dans de nouveaux projets de construction.

Ehren Cory, récemment nommé au poste de président-directeur général de la BIC, a souligné que le risque et l'incertitude freinaient les investissements privés dans de nombreux projets à travers le pays.

Le gouvernement libéral de Justin Trudeau a créé l'agence en 2017 en utilisant 35 milliards de dollars de financement fédéral, dans le but d’attirer deux ou trois fois ce montant en investissement du secteur privé. Il a alors fait valoir que cela augmenterait la capacité d'Ottawa à financer la construction de routes, de ponts, de projets énergétiques, d'aqueducs et de systèmes d'eaux usées.

Les libéraux espéraient ainsi financer des projets générateurs de revenus pour lesquels il y aurait un rendement pour les investisseurs, afin de libérer des subventions et de les octroyer à d'autres travaux.

Alors que les bailleurs de fonds du secteur privé calculent le rendement de leurs investissements, M. Cory a souligné que l'agence examinait plutôt ce qu'elle pouvait obtenir au chapitre des résultats publics, comme la réduction des émissions de gaz à effet de serre ou la connexion de nouvelles maisons à Internet haut débit.

Mais elle doit maintenant se démarquer, dans un marché où les taux d'intérêt ont atteint leur plus bas niveau en raison de la pandémie. Les grands investisseurs peuvent emprunter de l'argent bon marché ici et investir à l'étranger, où la croissance démographique et les rendements sont plus élevés.

Ce que l'agence fédérale peut faire pour garder le capital au pays, c'est prendre une position financière avec un risque démesuré pour notre argent bon marché, a expliqué M. Cory, rendant ainsi l'investissement beaucoup plus satisfaisant pour le secteur privé.

Je veux toujours qu'ils partagent ce risque avec moi – sinon pourquoi collaborer avec eux – mais il s'agit de [..] combler l'écart du risque, a précisé M. Cory lors d'une entrevue.

À la BIC, nous ne croyons pas que la clé réside dans le faible coût de financement. La clé réside dans la manière dont nous sommes prêts à surmonter l'incertitude commerciale, technologique et économique, juste assez pour que l'aspect économique des projets fonctionne, a-t-il poursuivi.

Un lien avec le monde politique

La nomination de M. Cory a été l'une des nombreuses initiatives des libéraux dans les six derniers mois, après des années de critiques à l'égard de la banque. Il lui était reproché d'être trop lente à approuver du financement et de mettre en valeur des projets trop marginaux pour réussir à attirer de gros investisseurs.

Le gouvernement a révisé le mandat de l'agence et a nommé un nouveau président du conseil.

Les libéraux ont permis à l'agence de se concentrer à court terme sur des projets qui comblent des lacunes critiques, stimulent l'économie et peuvent passer rapidement du concept à la construction et à l'utilisation, a expliqué M. Cory.

En tant que société d'État, il est raisonnable que la banque investisse dans les domaines prioritaires fixés par le gouvernement, mais qu'elle reste indépendante en ce qui concerne ses décisions d'investissement, a-t-il ajouté.

Le lien politique de l'agence est quelque chose que les investisseurs institutionnels gardent en tête. L'orientation du gouvernement envers l'agence pourrait changer, ou un nouveau gouvernement pourrait la fermer, comme les conservateurs et les néo-démocrates ont chacun promis de le faire.

M. Cory a affirmé que les préoccupations concernant la politique et les élections ne s'étaient pas glissées dans les conversations qu'il a sur le marché. Les inquiétudes tournent toujours autour des risques, a-t-il précisé.

Depuis l'automne, l'agence a annoncé le financement de trois nouveaux projets, dont un prêt de 407 millions sur 35 ans pour agrandir l'infrastructure d'irrigation dans le sud de l'Alberta.

M. Cory a indiqué que d'autres projets devraient être annoncés dans les semaines et les mois à venir, dont un concernant des autobus de transport en commun à émissions nulles, pour lesquels les économies générées par l'absence d'achat du diesel peuvent rembourser le prêt de la banque qui a servi à financer les coûts d'achat initiaux plus élevés.

Les changements internes à l'agence pour accélérer les examens devraient permettre à la banque de réaliser une dizaine d'investissements d'ici l'été, a-t-il calculé, avec une valeur d'environ 2,5 milliards en capital de la BIC et de 6 milliards en valeur totale de projets.

Si ces investissements se passent bien, M. Cory croit que cela devrait intéresser le marché et générer un intérêt à court terme pour la banque. Mais il reconnaît que l'agence dispose d'une voie limitée pour prouver sa valeur à long terme.

Il n'y a personne, à aucun niveau de gouvernement, d'aucun parti politique, qui dit que nous n'avons pas besoin de davantage [d'infrastructures] construites plus rapidement et de meilleure qualité que ce que nous avons fait par le passé, a affirmé M. Cory.

Si nous pouvons démontrer que nous sommes utiles dans cet espace, alors je pense que la BIC aura un rôle à jouer pendant très, très longtemps.

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