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Les psychologues sont sous-payés au Nouveau-Brunswick

Malgré des augmentations de budget en santé mentale, Fredericton peine à recruter et retenir les psychologues.

Une image floue d'un homme assis sur un lit dans une petite chambre d'hopital.

Le gouvernement investit en santé mentale, sans toutefois améliorer les conditions de travail des psychologues, qui quittent le secteur public pour le secteur privé.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

L’augmentation de 60 % depuis dix ans du budget consacré à la santé mentale au Nouveau-Brunswick est loin d’avoir permis d’améliorer les conditions de travail et les salaires des psychologues, qui quittent le secteur public pour œuvrer dans le secteur privé.

Même si les gouvernements successifs à Fredericton assurent faire de la santé mentale une priorité, les listes d'attente pour rencontrer un psychologue sont plus longues que jamais, et les besoins ne cessent de croître.

Les besoins en santé mentale augmentent, tant chez les adultes que chez les jeunes.

Les besoins en santé mentale augmentent, tant chez les adultes que chez les jeunes.

Photo : Shutterstock

Les professionnels qui travaillent en santé mentale au Nouveau-Brunswick sont encore sous-payés par rapport à leurs confrères des autres provinces et du secteur privé.

Le problème, ici au Nouveau-Brunswick, c'est qu'on ne les paye pas. Dans le secteur privé, on les paye de trois à quatre fois le taux qu'ils ont ici dans la province du Nouveau-Brunswick.

Une citation de :Susie Proulx-Daigle, présidente du Syndicat du Nouveau-Brunswick

Le budget pour la santé mentale est passé de 78 millions de dollars il y a dix ans, et a grimpé à 125 millions de dollars cette année.

Blaine Higgs, premier ministre du Nouveau-Brunswick.

Blaine Higgs, premier ministre du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Interrogé à plusieurs reprises pour savoir à quoi cette hausse de 60 % du budget a été consacrée, le ministère de la Santé est resté silencieux. Aucune explication n'a été fournie.

Sur le terrain, toutefois, les professionnels consultés affirment ne pas avoir vu beaucoup de changements.

Je ne sais pas pas comment ça été complètement investi, mais dans les équipes où moi j'étais, que ce soit adulte, enfant - du moins dans le Nord -  parce que c'est là que j'habite, je n’ai pas vu beaucoup de grosses différences.

Une citation de :Eve Arseneau, psychologue, Bathurst

Eve Arseneau œuvre dans le secteur privé. Elle était autrefois psychologue dans le secteur public, un milieu difficile.

Eve Arseneau.

La psychologue, Eve Arseneau.

Photo : Gracieuseté/Ève Arseneau

Selon Mme Arseneau, la lourdeur bureaucratique et les conditions de travail sont difficiles pour les psychologues dans le milieu public, alors que le salaire n'est pas compétitif.

Pendant ce temps, les besoins augmentent. Autant chez les adultes que chez les jeunes.

Claude Beaulieu, psychologue, Edmundston

Claude Beaulieu, psychologue, Edmundston

Photo : Radio-Canada

Claude Beaulieu est psychologue à Edmundston. Il déplore que les choses ne bougent pas, alors que le monde traverse une pandémie, qui affecte particulièrement la santé mentale des jeunes.

Il a une très très grande demande pour des services chez des enfants et des adolescents, qui sont eux aussi très affectés par cette pandémie-là, puis encore là, il y a un besoin en termes de services qui ne sont pas toujours disponibles.

Une citation de :Claude Beaulieu, psychologue, Edmundston

De son côté, Eve Arseneau explique que le manque de financement du secteur public est observable à tous les niveaux et que la solution doit être prise de façon globale.

Il faut que le gouvernement continue à investir, et à investir en masse au niveau de la santé mentale, que ce soit dans les universités, que ce soit dans le ministère de la Santé, même dans les services des hôpitaux, dans les urgences, pense la psychologue.

Pas d'augmentation prévient le gouvernement

Toutefois, le gouvernement conservateur de Blaine Higgs n’a pas l’intention d’augmenter les salaires des psychologues du secteur public, du moins pas avant plusieurs années. Comme pour tous les autres employés du secteur public, le gouvernement souhaite leur imposer un gel des salaires, suivi d’augmentations minimes de 1 % par année pendant trois ans.

Une situation inacceptable selon Susie Proulx-Daigle.

Susie Proulx-Daigle, présidente du syndicat du Nouveau-Brunswick.

Susie Proulx-Daigle, présidente du syndicat du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada

On est habitués, comme système, qu'on réagit au lieu de prévenir. Ça serait important qu'on commence à investir dans la prévention et qu'on mette de l'argent dans le système pour essayer d'aider les enfants, ce sont nos enfants, pense la représentante syndicale.

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