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Ouïgours : le Canada et ses alliés imposent une série de sanctions contre Pékin

Des camps d’internement où des citoyens ordinaires sont privés de leur liberté et reprogrammés pour éliminer toute trace de leur ethnicité.

Des membres de la minorité musulmane ouïgoure dans un camp d'internement en Chine.

Photo : Compte WeChat de l'Administration judiciaire du Xinjiang

Radio-Canada

Tout comme l'ont fait ses alliés européens et américains, le Canada a infligé à son tour une série de sanctions économiques contre quatre fonctionnaires et une entité chinoise en raison « de leur participation à la persécution de la minorité musulmane ouïgoure dans la région autonome du Xinjiang ».

Dans un communiqué d’Affaires mondiales Canada, Ottawa exprime ses graves préoccupations à l'égard des violations continues des droits de la personne par le gouvernement chinois envers la minorité ouïgoure et d’autres minorités ethniques.

Le gouvernement canadien dénonce la détention arbitraire massive de plus d'un million d'Ouïgours et d'autres minorités ethniques musulmanes en raison de leur religion et de leur appartenance ethnique, ainsi que la rééducation politique, le travail forcé, la torture et la stérilisation forcée.

Aujourd'hui, nous nous joignons à nos partenaires pour demander au gouvernement de la Chine de mettre fin à cette campagne systématique de répression […] et de demander des comptes aux responsables.

Une citation de :Marc Garneau, ministre des Affaires étrangères du Canada

Le Canada continuera de demander à la République populaire de Chine de respecter les droits fondamentaux de la personne et de permettre un accès significatif et sans entrave à la région autonome du Xinjiang afin que des experts impartiaux puissent observer la situation de première main et en rendre compte, ajoute le gouvernement canadien dans un communiqué.

Un peu plus tôt, l’Union européenne (UE) et le Royaume-Uni ont imposé des sanctions contre quatre dirigeants chinois de la région du Xinjiang pour violation des droits des Ouïgours. Les États-Unis ont aussi participé à l’offensive diplomatique en imposant des sanctions contre deux des responsables chinois sanctionnés par l'UE pour leur rôle dans les graves violations des droits de l'homme contre la minorité musulmane ouïgoure de la région autonome chinoise du Xinjiang.

Les sanctions européennes consistent en une interdiction de se rendre dans l'UE et un gel des avoirs détenus dans l'Union européenne. Les sanctions américaines complètent celles de l'UE et du Canada, selon Washington.

En conférence de presse cet après-midi, le premier ministre du Canada Justin Trudeau a assuré que son gouvernement continuerait à travailler en étroite collaboration avec [ses] partenaires internationaux afin d'assurer la responsabilisation et la transparence.

Ces mesures reflètent notre grave préoccupation à l'égard des violations flagrantes et systématiques des droits de la personne qui ont lieu dans la région.

Une citation de :Justin Trudeau, premier ministre du Canada

La Chine riposte

Des femmes traversant une barrière de sécurité.

Des femmes franchissent un point de contrôle dans le Xinjiang, en Chine.

Photo : Getty Images / GREG BAKER

À Pékin, le gouvernement chinois a aussitôt réagi en lançant à son tour une volée de sanctions contre une dizaine de personnalités européennes, dont des parlementaires, des universitaires et quatre organisations.

Parmi les dix personnes visées figurent les eurodéputés français Raphaël Glucksmann et allemand Reinhard Bütikofer, président de la Délégation pour les relations avec la Chine du Parlement européen, ou encore le chercheur allemand Adrian Zenz, dont les rapports sur le sort des Ouïgours dans la province du Xinjiang ont suscité de vives remontrances de Pékin.

Cette décision, qui ne repose sur rien d'autre que des mensonges et de la désinformation, ignore et déforme les faits, a protesté le ministère chinois des Affaires étrangères dans un communiqué, ajoutant qu'il s'agissait d'une ingérence grossière dans ses affaires intérieures.

Le 12 janvier 2021, le Royaume-Uni et le Canada ont annoncé qu'ils adoptaient une stratégie commune pour défendre les droits des minorités de la région autonome du Xinjiang.

Les minorités musulmanes de cette région sont la cible d'une importante surveillance policière, de torture, de peines et de traitements cruels, d'une éducation patriotique forcée, de travail forcé et de la séparation arbitraire des enfants de leurs parents.

Selon plusieurs organisations de défense des droits de la personne à travers le monde, plus d'un million d'Ouïgours et d'autres minorités majoritairement musulmanes sont dans cette situation dans le Xinjiang, où les autorités prétendent lutter contre le terrorisme intérieur.

Les deux Michael dans la tempête

Justin Trudeau s'adresse aux journalistes.

Le premier ministre du Canada Justin Trudeau a assuré que le Canada et ses alliés tenaient bon face à Pékin pour réclamer la libération de Michael Spavor et Michael Kovrig.

Photo : Ivanoh Demers

Cette offensive diplomatique occidentale coïncide avec les procès des deux Canadiens Michael Spavor et Michael Kovrig, arrêtés par les autorités chinoises en décembre 2018, officiellement pour espionnage.

Ottawa est d'avis que l'arrestation des deux Michael constitue des représailles directes de Pékin contre l'arrestation au Canada de Meng Wanzhou, directrice financière du géant chinois des communications Huawei.

Questionné lundi par les journalistes sur l'effet négatif que pourraient avoir les nouvelles sanctions canadiennes sur le sort des deux Michael, Justin Trudeau a souligné qu'il s'agissait, selon lui, de deux dossiers différents, mais pour lesquels le Canada peut compter sur le soutien de nombreux pays qui se tiennent à ses côtés.

Je veux remercier les représentants des 22 pays, en plus de l’Union européenne, qui étaient présents [au procès de Michael Kovrig hier soir] pour démontrer la solidarité des démocraties libres à travers le monde, a déclaré lundi Justin Trudeau.

Leur détention arbitraire est inacceptable. On ne va pas lâcher jusqu’à ce qu’ils soient tous les deux de retour à la maison.

Une citation de :Justin Trudeau, premier ministre du Canada
Avec les informations de Agence France-Presse

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