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Un tribunal se penchera sur les radiographies de routine réalisées en chiropractie

Le Collège des chiropraticiens de la Colombie-Britannique affirme que la radiographie répétée ne présente aucun avantage pour les patients et augmente le risque de radiation.

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Les modifications apportées à la politique du Collège des chiropraticiens de la Colombie-Britannique stipulent que les radiographies ne peuvent être utilisées pour le diagnostic que lorsqu'il y a des signes que quelque chose ne va pas.

Photo : Getty Images / Shidlovski

Radio-Canada

Un groupe de chiropraticiens de la Colombie-Britannique a déposé une poursuite contre son organisme de réglementation professionnelle, qu'il accuse de limiter injustement leur capacité à faire des radiographies de routine.

C’est une lutte interne qui dure depuis des années au sein de la profession chiropratique et qui s'est désormais transformée en bataille juridique. Au cœur du combat se trouve un changement de politique du Collège des chiropraticiens de la Colombie-Britannique.

Depuis le mois de février, les chiropraticiens ne sont plus autorisés à effectuer des radiographies de routine ou répétées en l'absence d'indicateurs de problèmes potentiels graves chez le patient.

La décision du Collège de restreindre l'utilisation des rayons X fait suite à un examen rapide de la documentation scientifique sur le sujet (Nouvelle fenêtre) (en anglais). L'équipe qui a mené cette recherche était notamment composée de Pierre Côté, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la prévention de l’invalidité et la réadaptation à l'Université Ontario Tech.

Ce que nous avons découvert, c'est qu'il n'y a jamais eu, à notre connaissance, d'études démontrant que les patients bénéficient de ces pratiques ou techniques, explique Pierre Côté.

Il ajoute que l'exposition répétée aux radiations comporte également certains risques.

On pense que les risques sont faibles, mais […] la meilleure façon de minimiser les risques est de ne pas s'exposer aux radiations, poursuit-il.

Des changements qui suscitent l’indignation

Dans le but de faire annuler la décision du Collège, une chiropraticienne de Langley, Melody Jesson, a déposé une poursuite devant la Cour suprême de la Colombie-Britannique au nom d'au moins une dizaine de ses collègues.

La déclaration datant du 10 mars allègue qu'en raison des actions du Collège les chiropraticiens sont potentiellement empêchés de fournir des soins sûrs, éthiques et efficaces à leurs patients. Le document indique aussi que la profession est injustement et indûment restreinte après les modifications du règlement.

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Certains chiropraticiens soutiennent que les radiographies de routine et répétées sont une partie essentielle de leur travail.

Photo : Shutterstock / LightField Studios

Mme Jesson a également demandé une injonction pour empêcher le Collège d'adopter sa nouvelle règle pendant que l'affaire est entendue par le tribunal et pour l'empêcher de prendre des mesures disciplinaires contre elle.

De son côté, le Collège des chiropraticiens n'a pas encore déposé de réponse à la requête, et la registraire, Michelle da Roza, a déclaré ne pas être en mesure de faire des commentaires tant que l'affaire est devant les tribunaux.

« Les patients devraient s'inquiéter »

Certains groupes de chiropraticiens affirment que l'utilisation régulière de radiographies est sûre et fondamentale pour leur travail.

Le chiropraticien Cameron Allan et ses collègues liés à l'action en justice soutiennent que les radiographies sont des outils essentiels du métier depuis plus d'un siècle et que les risques sont minimes.

Les patients devraient s'inquiéter du fait que leur chiropraticien n'a peut-être pas une compréhension complète de leur colonne vertébrale, ce qui pourrait compromettre leur sécurité pendant le traitement, ainsi la réorientation opportune et appropriée vers des médecins pour une gestion médicale appropriée, affirme Cameron Allan dans un communiqué.

Les recherches de Pierre Côté ont également été qualifiées de « défectueuses » par le groupe, un commentaire rejeté par le titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la prévention de l’invalidité et la réadaptation.

J'invite ces critiques à fournir des preuves qui iraient à l'encontre de nos conclusions, car nous n'avons pas été en mesure de les trouver, dit Pierre Côté.

Avec les informations de Bethany Lindsay

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