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Plaidoyer pour la fin d’une exception aux contrôles policiers en Nouvelle-Écosse

Des manifestants portent une bannière sur laquelle il est écrit « Interdisez les contrôles policiers ».

En mars 2019, des gens manifestaient à Halifax contre les contrôles policiers. Le gouvernement a imposé un moratoire sur ces contrôles en octobre de la même année.

Photo : CBC/Anjuli Patil

Radio-Canada

Des défenseurs de la communauté noire en Nouvelle-Écosse réclament la fin d’une exception qui, selon eux, permet de poursuivre une pratique discriminatoire en matière de contrôle policier.

Un rapport produit en 2019 a conclu que les Noirs sont ciblés par les contrôles policiers dans la municipalité régionale d’Halifax au moins six fois plus souvent que les Blancs. Le gouvernement provincial a annoncé peu après un moratoire sur les contrôles policiers qui ciblent les personnes de couleur de façon disproportionnée.

La communauté noire a bien accueilli l’annonce du moratoire, mais la question n’est pas encore réglée, selon la travailleuse sociale Lana MacLean.

Cette dernière est aussi la présidente du comité sur la justice sociale de l'African United Baptist Association. Il s’agit de l’un des 13 organismes qui demandent au premier ministre, Iain Rankin, et au ministre de la Justice, Randy Delorey, d'élargir le moratoire.

Un contrôle policier de routine consiste à aborder un citoyen dans la rue ou dans un véhicule pour vérifier son identité ou l'interroger, même lorsque le policier instigateur de cette interaction n’enquête sur aucun délit particulier. Cette mesure est souvent décriée comme un exemple de profilage racial et de harcèlement à l’endroit des citoyens.

Les policiers peuvent toujours effectuer un contrôle s’ils déterminent de façon objective qu’il y a des activités suspectes. Lana MacLean et les 13 organismes y voient une exception permettant le profilage racial.

Les contrôles policiers se poursuivent sous une autre forme, bien que leur fréquence ait diminué, selon Mme MacLean.

Le ministère de la Justice discute du moratoire avec une coalition représentant la communauté noire, l'African Nova Scotian Decade for People of African Descent Coalition, a indiqué plus tôt ce mois-ci la sous-ministre Candace Thomas. Lana MacLean est membre de cette coalition.

Lana MacLean interviewée par vidéoconférence.

Lana MacLean estime que la Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale aurait été idéale pour abolir « l’exception » au moratoire sur les contrôles policiers.

Photo : CBC

Les organismes ont lancé leur appel à élargir le moratoire en soulignant que le 21 mars est la Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale. Ils estiment que c’était une occasion appropriée pour que le gouvernement annonce la fin de l’exception pour activités suspectes.

Le premier ministre Rankin a réagi en disant qu’il permettait la poursuite des discussions entre la coalition et le ministère de la Justice avant de prendre une décision. Il a rappelé, samedi, que les contrôles policiers discriminatoires sont interdits.

Lana MacLean dit reconnaître l’engagement du gouvernement envers ces discussions et comprendre la nature de cette procédure, mais qu’elle espérait que le gouvernement élimine immédiatement l’exception. Cela aurait été, selon elle, une excellente occasion pour le gouvernement Rankin de démontrer sa bonne volonté et de faire un geste de réconciliation.

D’après un reportage de Taryn Grant, de CBC

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