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Le verdict de Michael Kovrig est remis à plus tard

Des personnes à l'extérieur d'un bâtiment.

De nombreux diplomates de plusieurs pays, dont le Québécois Jean-François Lépine (au centre avec le foulard), se sont rendus au palais de justice en soutien à Michael Kovrig.

Photo : Reuters / CARLOS GARCIA RAWLINS

Laurianne Croteau

Le Tribunal populaire intermédiaire numéro deux de Pékin prononcera le verdict de Michael Kovrig à une date ultérieure, après une audience de près de dix heures lundi à Pékin. L'ancien diplomate canadien, emprisonné depuis plus de deux ans en Chine pour « espionnage », a été jugé en huis clos puisque l'affaire implique des secrets d'État, selon les autorités chinoises.

Michael Kovrig et ses avocats de la défense ont comparu devant le tribunal pour participer à la procédure, a annoncé le Tribunal populaire intermédiaire numéro deux de Pékin par voie de communiqué. Le verdict sera prononcé à une date ultérieure, conformément à la loi.

Ce procès a lieu trois jours après celui de son compatriote Michael Spavor, qui s'est achevé en un peu plus de deux heures, sans verdict non plus, à Dandong.

À l’instar de M. Spavor vendredi, M. Kovrig n’a pas pu voir la preuve détenue par Pékin contre lui et son avocat non plus, soutient Guy Saint-Jacques, ex-ambassadeur du Canada en Chine, en entrevue à RDI Matin.

Une journée quand même, pour regarder des cas supposément d’espionnage, c’est très peu de temps pour rendre justice, a-t-il ajouté. Ce n’est certainement pas la façon dont ça aurait été administré au Canada.

Michael Kovrig et Michael Spavor.

Le procès de Michael Kovrig (à gauche) s'est ouvert à Pékin, trois jours après celui de son compatriote canadien Michael Spavor (à droite).

Photo : La Presse canadienne/Twitter

Les deux hommes ont été arrêtés en décembre 2018, quelques jours après l'arrestation de la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, à Vancouver. La fille du fondateur du géant chinois des télécommunications avait été arrêtée à la demande de Washington, qui l'accuse d'avoir contourné les sanctions américaines contre l'Iran.

Ottawa accuse Pékin d'avoir arrêté ses deux ressortissants par mesure de représailles, ce que Pékin dément.

Une solution diplomatique réclamée de part et d'autre

Le Canada a été pris entre l’arbre et l’écorce dès le début, explique M. Saint-Jacques, et c’est à Washington de trouver un dénouement à ce grand conflit géopolitique.

Il faut espérer qu'une solution soit trouvée avec la reprise des négociations entre le département de la Justice américain et Mme Meng pour trouver une entente hors cour, ou bien qu'ils maintiennent les accusations, mais que la demande d'extradition soit retirée, ce qui permettrait au Canada de la retourner.

On doit travailler avec nos pays alliés à mettre de la pression sur la Chine ensemble pour régler cet enjeu, mais aussi les autres problèmes liés aux droits de la personne, a déclaré le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) Jagmeet Singh en réponse aux questions des journalistes lundi.

Ils ont eu un procès complètement caché et c’est inacceptable.

Une citation de :Jagmeet Singh, chef du NPD

Il se dit d’ailleurs ouvert à utiliser tous les outils nécessaires, comme des sanctions économiques, pour que les deux hommes puissent revenir au Canada.

Le ministre des Affaires étrangères, Marc Garneau, a réitéré par communiqué que sa priorité absolue était d’assurer le retour en sécurité des deux Michael au Canada, tout en dénonçant l’absence totale de transparence de ces audiences.

Les représentants du Canada revendiquent un accès consulaire constant à MM. Spavor et Kovrig, conformément à la Convention de Vienne sur les relations consulaires et à l’Accord consulaire entre le Canada et la Chine.

Les diplomates interdits d'accès

Les représentants de l'ambassade du Canada en Chine n'ont pas pu assister à l'audience, car l'affaire relève de la sécurité nationale, selon Pékin. Le public n'est donc pas autorisé à assister au procès.

Nous sommes très préoccupés par ce refus d'accès et par le manque de transparence de tout le processus judiciaire, a déclaré le chargé d'affaires de l'ambassade du Canada Jim Nickel.

Un homme devant des journalistes.

Représentant l'ambassade canadienne en Chine, Jim Nickel s'est vu interdire l'accès du palais de justice à l'ouverture du procès de Michael Kovrig à Pékin.

Photo : Reuters / CARLOS GARCIA RAWLINS

Jim Nickel s'est néanmoins félicité de la présence de 28 diplomates de 26 pays, dont l'Allemagne, les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne. Ils ont posé pour les photographes devant le bâtiment avant d'applaudir M. Nickel, qui venait de les remercier de leur soutien envers le Canada.

Le ministre Garneau a d’ailleurs remercié les nombreux partenaires, amis et alliés du Canada sur la scène internationale pour leur présence qui fait écho à l’appel de notre pays, qui juge ces détentions inacceptables.

Je pense que le message que ça envoie, c’est qu’aucun pays ne peut tenir tête seul face à la Chine, qui est devenue trop puissante, trop arrogante et trop agressive, a affirmé Guy Saint-Jacques en entrevue à Tout un matin.

Mais l’union fait la force et il faut s’entendre pour prendre des mesures communes quand la Chine impose des pressions indues, a-t-il ajouté. Même si la Chine se pense toute puissante, elle a besoin du reste du monde pour fonctionner, 19 % de son PIB dépend des exportations.

Il estime d'ailleurs que le sommet mondial sur la démocratie convoqué par Joe Biden en avril permettra de déterminer les actions à prendre collectivement pour s’opposer aux tactiques chinoises de prises d’otages.

Le président américain, Joe Biden, et le secrétaire d'État Antony Blinken ont déclaré que les États-Unis traiteront les deux Michael comme s'ils étaient des citoyens américains.

Plus de 50 pays ont signé une déclaration en février pour condamner la détention arbitraire de citoyens étrangers à des fins politiques.

Avec les informations de Agence France-Presse

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