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Les débardeurs du port de Montréal rejettent l'offre « finale » de l'employeur

Le rejet de l'offre arrive au moment où une trêve de sept mois conclue entre les deux parties prend fin.

Des débardeurs en grève devant le port de Montréal.

Le droit de grève est légal, lance le syndicat dimanche après-midi.

Photo : Ivanoh Demers

Radio-Canada

Les débardeurs du port de Montréal se sont prononcés cette fin de semaine sur l'offre « finale » de l'employeur : 1020 membres sur 1023 ont voté contre l'offre de l'employeur, qui a donc été refusée à 99,71 %.

Nos membres ont voté symboliquement pour demander à l'employeur de retourner à la table de négociations. Dès ce soir, on va appeler les médiateurs. Notre objectif est de retourner à la table pour négocier une entente de principe avec la partie patronale, a commenté le conseiller syndical, Michel Murray.

Indiscutablement [...] l'offre finale patronale ne peut plus être la base des discussions. Il va faire froid en enfer avant que les débardeurs se laissent berner par une offre semblable.

Une citation de :Michel Murray, conseiller, syndicat des débardeurs du port de Montréal

Le syndicat précise qu'il n'entend pas déclencher de grève pour l'instant. Des navires ont toutefois été détournés vers d'autres ports par l'employeur, rapporte M. Murray, notamment vers Halifax.

Il invite donc la partie patronale à retourner « le plus rapidement possible » à la table des négociations afin de trouver une solution. Les horaires de travail demeurent au cœur du litige, selon le syndicat.

Ils ne sont plus adaptés à la situation économique du port principalement à cause de l'augmentation des heures travaillées. Il faut revoir les horaires de travail. Nos gens ont davantage besoin d'une conciliation travail-vie personnelle, a évoqué M. Murray, précisant que les débardeurs travaillent 19 sur 21 jours et ont une fin de semaine de congé sur trois.

Près de 600 millions de dollars de pertes

Le rejet de l'offre arrive au moment où une trêve de sept mois conclue entre les deux parties prend fin. Cette entente est survenue après que les débardeurs eurent débrayé durant une dizaine de jours en août. Jusqu'au 21 mars, le syndicat et l'employeur s'étaient engagés à ne pas s'adresser aux médias.

Une fois la trêve terminée, il a été convenu que chaque partie retrouve son droit de lock-out ou de grève.

Les débardeurs ont tenu un premier vote de grève en décembre 2018. Le mandat a été renouvelé à d'autres occasions en raison des délais encourus. Plusieurs entreprises au Québec dépendant du port de Montréal craignent le déclenchement d'une deuxième grève.

Dans une déclaration commune publiée il y a quelques jours, différentes organisations du milieu économique, dont le Conseil du patronat du Québec, ont soutenu qu'un second débrayage porterait un grave préjudice à la relance économique.

Lors du premier blocage l'été dernier, des milliers de conteneurs ont été détournés ou immobilisés, entraînant près de 600 millions de dollars de pertes pour les grossistes, peut-on lire.

Il a fallu trois mois pour rattraper les retards, sans parler de l'incidence du débrayage sur la réputation du port dans un contexte de forte concurrence avec les autres ports de la côte Est, ont écrit les signataires qui comprend aussi l'Association du camionnage du Québec et la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Le port de Montréal compte un total de 1125 débardeurs, dont 1023 ont participé au vote, soit 91 % des membres.

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