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La COVID-19 a-t-elle eu un impact sur la lutte contre les changements climatiques?

Un masque abandonné dans la rue le 2 mars 2021 à Moncton au Nouveau-Brunswick.

Un masque abandonné par terre dans la rue.

Photo : Radio-Canada / Guy LeBlanc

Un peu plus d’un an après le début de la pandémie de COVID-19, la protection de l’environnement et la lutte contre les changements climatiques ont-elles perdu de la vigueur? Des organismes environnementaux en Abitibi-Témiscamingue dressent un bilan mitigé.

Les événements virtuels ou en visioconférence auront peut-être contribué à augmenter la participation citoyenne.

Pour les événements organisés en 2020, on a eu un achalandage plus important, je pense que si on l’avait fait à Rouyn-Noranda ou à Val-d’Or. Alors ça, c’est très intéressant, remarque la directrice adjointe du Conseil régional de l’environnement de l’Abitibi-Témiscamingue (CREAT) Bianca Bédard.

Une femme portant des écouteurs discute avec une autre femme par vidéoconférence sur ordinateur.

Plus de personnes ont assisté aux événements en ligne que s'ils avaient eu lieu en présence, croit Bianca Bédard.

Photo : iStock

Par contre, il a été difficile d’entrer en contact avec le public sur le terrain pour sensibiliser la population à divers enjeux, comme la prolifération des espèces aquatiques envahissantes.

D’habitude, on fait beaucoup de sensibilisation aux points d’accès à l’eau, indique Yves Grafteaux, directeur général de l’organisme du bassin versant du Témiscamingue (OBVT). Tout ce qui prenait des contacts directs avec les gens a été beaucoup retardé, voire annulé.

Bianca Bédard souligne par contre que la pandémie complique les communications entre les différentes institutions. Par exemple, le président d'Action Boréale Henri Jacob déplore la difficulté de contacter le gouvernement.

C’est que l’on se sert de la pandémie comme excuse pour ne pas répondre aux demandes des gens. Pas juste à nous autres, tous les gens qui travaillent dans le domaine forestier, de l’environnement, des ressources naturelles. Il y a une frustration énorme quand tu n’as pas de contact avec les gens qui sont censés te représenter. On ne demande pas qu’ils soient de notre avis, mais au minimum qu’on puisse discuter, se désole-t-il.

Perdre et reprendre de bonnes habitudes

Du côté des habitudes des consommateurs, les mesures sanitaires ont forcé l’utilisation d’objets à usage unique, constatent les groupes environnementaux.

Une tasse de café jetable gît au sol.

Plusieurs établissements ont cessé d'accepter les tasses réutilisables pour éviter la propagation du virus.

Photo : iStock

Francis Marquis, ambassadeur Zéro déchet en Abitibi-Témiscamingue, constate une augmentation de produits à usage unique et emballés.

La plupart des épiceries ont maintenant retiré complètement le vrac de leurs installations. Ça a été très triste pour nous parce que c’étaient des combats qu'on a gagnés un à un, petit à petit, rapporte Francis Marquis, ambassadeur du mouvement Zéro déchet en Abitibi-Témiscamingue.

Il mentionne par exemple le fait que les établissements de restauration n’acceptent plus de remplir les tasses réutilisables des clients, ou l’augmentation de produits emballés dans du plastique pour éviter la contamination.

Francis Marquis comprend la nécessité de ces changements pour des raisons de santé. Il observe cependant une hausse de l’intérêt pour l’achat local et durable.

Quand on parle d’achat local en agriculture, comme acheter nos tomates, nos fruits et légumes localement, ce qui pousse ici en région, ça a vraiment un impact parce qu’on remplace quelque chose qui pousserait ailleurs par quelque chose qui pousse ici, dit-il.

Gros plan sur deux mains dans la terre.

Pendant la pandémie, de nombreuses personnes se sont intéressées au jardinage et à la production d'aliments locaux.

Photo : iStock

Bianca Bédard, du CREAT, pense que la pandémie et le confinement ont donné plus de temps à la population de réfléchir aux impacts environnementaux de nos comportements.

Des choses aussi banales comme le transport vers le travail. S’interroger un peu sur notre empreinte environnementale individuelle. Le télétravail aura amené ça de bien. Clairement, il y a beaucoup moins de transports quotidiens qui se font en région, on peut penser que beaucoup moins de gaz à effet de serre sont émis, indique-t-elle.

Yves Grafteaux abonde dans le même sens et croit que la conscientisation environnementale va de bon train.

On sent que malgré la pandémie, les espaces verts, la nature, les chalets ont vraiment un rôle à jouer pour le bien être de tout le monde, et je pense que ça, c'est un des effets positifs [de la pandémie]. On se rend compte aussi qu’on peut vivre autrement, qu’on peut développer un autre mode de vie en se privant de certaines choses et en développant des choses peut-être plus importantes et plus porteuses pour chacun, conclut-il.

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