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Québec débloque une enveloppe de 120 M$ pour l'industrie de la construction

Sonia LeBel tient dans ses mains le plan d'action.

La présidente du Conseil du trésor Sonia LeBel

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Radio-Canada

Le gouvernement du Québec injecte 120 millions de dollars sur trois ans pour soutenir la relance du secteur de la construction amorcée par le projet de loi 66, notamment en palliant le manque de main-d'œuvre. Il compte sur un nouveau plan d'action pour accélérer des projets d’infrastructures prioritaires pour le Québec.

Le secteur va bien, mais le secteur doit répondre à la demande que le gouvernement s'apprête à faire pour relancer l'économie, a expliqué la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, en conférence de presse.

En décembre, le gouvernement a adopté le projet de loi 66 pour faciliter la réalisation de 180 projets d'infrastructure au Québec, en accélérant les processus d'évaluations environnementales et d'expropriation.

Le plan comprend un bouquet d'annonces pour aider les entreprises à croître et à augmenter leur productivité.

« Ce plan d'action est la suite logique de tous nos efforts investis jusqu'à maintenant pour doter le Québec d'hôpitaux modernes, de nouvelles écoles, de maisons des aînés de qualité, de routes sécuritaires et de réseaux de transports collectifs qui sont à la hauteur de nos ambitions », s’est félicitée la ministre.

Manque de travailleurs

Depuis quelques années déjà, l'industrie est aux prises avec une pénurie de main-d'œuvre. Il y a un nombre important de travailleurs et travailleuses en âge de prendre leur retraite. Ça va augmenter significativement au cours des cinq prochaines années, a rappelé le ministre Boulet.

Québec se donne pour objectif de recruter 11 000 nouveaux travailleurs par an en faisant entre autres la promotion des métiers de la construction.

Cet investissement donnera les moyens à un grand nombre de personnes, dont celles ayant perdu leur emploi en raison de la pandémie, de se trouver des emplois payants dans un domaine qui offre de belles perspectives d'avenir, a-t-il ajouté.

Des efforts seront aussi faits pour retenir la main-d'œuvre existante, surtout les groupes sous-représentés, dont les femmes, les immigrants, les membres des Premières Nations et les personnes en situation de handicap. Le ministre Boulet a mentionné que parmi les travailleuses, 54 % quittent le secteur après cinq ans.

Jean Boulet assis à la table de presse parle dans un micro.

Le ministre québécois du Travail Jean Boulet

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Le gouvernement compte également établir des passerelles pour accélérer la reconnaissance des expériences et offrir des formations plus rapides et mieux adaptées aux besoins.

De son côté, la Commission de la construction du Québec (CCQ) entamera une réflexion pour mieux retenir la main-d'œuvre et doit remettre au gouvernement un plan d'ici le 1er août.

Des mesures variées

Le gouvernement veut aussi accroître les investissements à court terme dans les infrastructures en assouplissant le processus d'approbation pour certains projets, encourager les municipalités à acheter québécois et inciter les entreprises à effectuer un virage numérique.

Les nouvelles technologies numériques permettent d'accélérer l'ensemble du processus de construction grâce à la préfabrication dans des environnements contrôlés qui réduisent les risques d'erreur et la production de déchets, a expliqué Sonia LeBel.

Au printemps dernier, il a donné à l'avance 2,9 milliards de dollars prévus dans le Plan québécois des infrastructures (PQI) pour bâtir la construction de plus de maisons pour aînés que prévu dans les projets initiaux de 2022.

Des réactions mitigées

L’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ) a rapidement salué le plan d’action de Québec. Nous considérons que les annonces d’aujourd’hui sont une bonne nouvelle pour soulager, à court terme, notre industrie, mais aussi pour assurer l’équilibre et la pérennité des entreprises œuvrant dans notre secteur, a affirmé le vice-président des Affaires publiques François Bernier par communiqué.

L'Association de la construction du Québec (ACQ) abonde dans le même sens. Les mesures permettront aux entreprises de construction d'avoir accès à un plus grand bassin de main-d'œuvre, selon elle, tout en ayant des formations plus rapides et mieux adaptées aux nouvelles réalités de l'industrie.

La FTQ-Construction pour sa part digère mal l'annonce du gouvernement qui, selon le syndicat, ne s'attaque pas au cœur du problème. On nous rentre des mesures exceptionnelles pour contrer la rareté de la main-d'œuvre, mais le problème n'est pas là. Le problème, ce sont les conditions de travail, soutient Éric Boisjoly, le directeur général de la FTQ construction.

Il souligne que l'approche prônée par le gouvernement risque d'échouer, puisque ce sont les employés qui bénéficient d'une formation accélérée qui quittent le milieu en premier.

Même son de cloche du côté de l'Alliance des travailleurs de la construction. Cela fait de nombreuses années que notre organisation répète que la rétention est un des principaux enjeux dans la construction.Tant que ce ne sera pas réglé, les investissements pour attirer des travailleuses et des travailleurs seront inefficaces, a déclaré le président Michel Trépanier.

Nous avons déjà fait plusieurs propositions sur la rétention et la qualité de la main-d’œuvre. Ça prend maintenant un plan par, pour et avec les travailleuses et travailleurs de l’industrie.

Avec les informations de La Presse canadienne

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