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Les astres s'alignent pour l'église Saint-Jean-Baptiste

L'Institut canadien de Québec, gestionnaire de la Maison de la littérature, évalue les vocations potentielles du bâtiment.

L'église Saint-Jean-Baptiste.

L'église Saint-Jean-Baptiste.

Photo : Radio-Canada / ICI Radio-Canada

L'organisme gestionnaire de la Maison de la littérature, considérée comme un franc succès de protection du patrimoine religieux à Québec, prend désormais part aux discussions pour la conversion de l'église Saint-Jean-Baptiste, fermée depuis 2015.

Radio-Canada a appris que l'Institut canadien de Québec (ICQ) a été invité à participer au remue-méninges visant à trouver une vocation à l'illustre bâtiment de la rue Saint-Jean. L'organisme culturel privé et sans but lucratif travaille présentement à évaluer les solutions potentielles.

L'information a été confirmée par l'historien et spécialiste du patrimoine religieux John R. Porter qui participe à la réflexion, à l'instar de la Ville de Québec.

L'Institut est actuellement en train d'explorer différentes avenues pour trouver la solution qui permettrait, bientôt, non seulement une relance et une revitalisation de l'église Saint-Jean-Baptiste, mais également qui assurerait sa pérennité, sa mise en valeur à long terme, a-t-il expliqué lors d'un entretien téléphonique.

L'Institut, fondé en 1881, est à l'origine du projet de la Maison de la littérature, installée dans l'ancien temple Wesley, dans le Vieux-Québec. Le bâtiment appartient à la Ville, et l'ICQ en assure la gestion ainsi que l'animation.

L'ancien temple Wesley héberge aujourd'hui la Maison de la littérature.

L'ancien temple Wesley héberge aujourd'hui la Maison de la littérature.

Photo : Radio-Canada / Olivia Laperrière-Roy

Esprit collectif

John Porter espère qu'au bout du processus, les partenaires trouveront une solution à caractère collectif, communautaire. Il cite les milieux culturel, associatif, touristique et scolaire parmi les partenaires potentiels. L'usage doit selon lui être multiple et au profit de la communauté du quartier pour garantir le succès de l'opération.

Il prévoit que les solutions de l'Institut seront sur la table d'ici quelques semaines ou quelques mois. Dès qu'il y aura une proposition, c'est bien sûr les gens du milieu qui seront les premiers consultés, a-t-il précisé.

« Il faut se méfier du piège du court terme. Il faut que ce soit viable, que ça tienne la route, au-delà de nos propres personnes. [...] À la limite, on travaille pour l'éternité. »

— Une citation de  John R. Porter, historien de l'art et spécialiste du patrimoine religieux

Selon nos informations, des organismes communautaires du quartier et la direction de l'école primaire Saint-Jean-Baptiste, qui a besoin d'espace, ont pris part à une rencontre avec les représentants de la Ville et de l'Institut canadien, en décembre dernier.

M. Porter a par ailleurs confié qu'il se consacrait désormais uniquement au dossier de l'église Saint-Jean-Baptiste, et ce, depuis octobre dernier. J'ai personnellement privilégié le seul dossier de l'église Saint-Jean-Baptiste, qui m'apparaissait particulièrement urgent, a-t-il dit.

Il ne siège donc plus à la table de négociations pour la création d'une fiducie, une recommandation du comité qu'il a pilotée à la demande de la Ville, en 2018, pour préserver les églises à valeur exceptionnelle. Il évoque la lenteur des pourparlers, mais aussi un emploi du temps chargé pour expliquer son retrait.

Il n'a pas été possible, ni samedi ni dimanche, d'obtenir les commentaires de la Ville de Québec ni ceux de l'ICQ.

L'intérieur de l'église Saint-Jean-Baptiste de Québec.

L'église Saint-Jean-Baptiste est fermée depuis le mois de mai 2015.

Photo : Radio-Canada

« Priorité numéro un »

Le diocèse de Québec n'a pas voulu commenter directement la participation de l'Institut dans le dossier de l'église Saint-Jean-Baptiste. Le vicaire général, Mario Duchesne, a cependant confirmé que des discussions avaient été relancées récemment et qu'il s'attendait à voir un projet prochainement.

Le diocèse, a-t-il dit, est prêt à céder le bâtiment afin de se décharger du fardeau important que représente son entretien. Déjà, quelque 12 millions $ seraient à investir pour réparer l'immeuble construit en 1884. La paroisse et le diocèse veulent se libérer de cet engagement-là, a-t-il admis, rappelant qu'il en coûte des dizaines, voire des centaines de milliers de dollars par année en frais fixes.

« Des situations comme Saint-Jean-Baptiste, ça nous mène à la ruine à tous points de vue. Il n'y a pas de vie, ça coûte cher en argent à le maintenir. »

— Une citation de  Mario Duchesne, vicaire général, Église catholique de Québec
Le vicaire général de l'Église catholique du Diocèse de Québec, Mario Duchesne.

Le vicaire général de l'Église catholique du Diocèse de Québec, Mario Duchesne

Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Bolduc

Mais l'Église ne veut pas non plus répéter l'expérience de l'église Saint-Charles-de-Limoilou, où une entente avait été conclue avec un organisme communautaire, mais dont l'aboutissement n'aura jamais eu lieu.

Le projet, prévient M. Duchesne, doit garantir la capacité de son acquéreur à maintenir l'église en état. Même un organisme communautaire bien intentionné n’a pas les reins assez solides pour soutenir ces gros bâtiments là, a souligné le vicaire général.

Financement disponible

Le financement constitue un autre incitatif pour trouver un projet porteur rapidement. Une source au gouvernement fédéral a fait savoir qu'il y aurait bientôt un appel de projets dans le cadre du Programme d'aide financière au développement des infrastructures communautaires.

Selon ce programme, jusqu'à 50 % de la note pourrait être assurée par le fédéral. Ce programme laisse au Québec le soin de prioriser les projets présentés et ensuite d'en faire part à Ottawa.

Vue en contre-plongée de l'église Saint-Jean-Baptiste.

L'église Saint-Jean-Baptiste est classée monument historique par le ministère de la Culture du Québec depuis 1991.

Photo : Radio-Canada / Raymond Routhier

Pour être admissible, l'église Saint-Jean-Baptiste doit sortir du giron de toute vocation religieuse. D'où l'importance d'en arriver à une entente qui assurerait le transfert de la propriété de la paroisse vers une nouvelle entité de gestion. Un projet communautaire va ouvrir les portes à toutes les subventions possibles [auxquelles] on ne peut pas avoir accès, a confirmé Mario Duchesne, de l'Église catholique.

Le cabinet du ministre Jean-Yves Duclos a préféré ne pas commenter le dossier, et il laisse le soin à la Ville de Québec de réaliser ses travaux de réflexion avec l'Institut canadien et ses autres partenaires.

Bien que les astres semblent s'aligner après des années de réflexion pour l'église, plusieurs sources font montre d'une certaine prudence. Leur mot d'ordre, selon l'une d'elles, est : Je vais le croire quand je vais le voir.

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