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Le nouveau modèle de financement des universités albertaines commencera à petits pas

Façade de l'Université Mount Royal, à Calgary.

L'Université Mount Royal de Calgary, comme tous les autres établissements postsecondaires albertains, risquera bientôt de perdre une partie de son financement si elle ne « performe » pas assez.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les établissements postsecondaires albertains risqueront bientôt de perdre du financement si elles ne satisfont pas les critères de performance de la province. Le gouvernement a toutefois accepté d’introduire ces changements plus progressivement que prévu, en raison de la pandémie.

Dès l’automne, 5 % du financement des collèges, universités et écoles polytechniques dépendra de leur capacité à atteindre un objectif de performance fixé par la province.

Le gouvernement prévoyait initialement de conclure des ententes sur trois ans avec chacun des 26 établissements de la province pour que cette proportion soit de 15 % dès cette année, et augmente jusqu’à 40 %, en 2022-2023.

La province envisage plusieurs critères de performance, incluant le taux de diplomation et le salaire des étudiants diplômés à leur entrée sur le marché du travail.

Le plan avait été reporté, l’été dernier, alors que les établissements étaient aux prises avec les contraintes de l’école à distance. Il sera mis en branle cet automne, en version allégée.

En raison de la pandémie, nos ententes initiales pour le financement lié à la performance ne dureront qu’un an, plutôt que plusieurs années comme nous l’avions prévu. Nous avons également réduit la proportion [du financement concerné] pour la première année, précise l’attaché de presse du ministère de l’Éducation supérieure, Taylor Hides.

Un seul critère de performance pour la première année

Des sources qui connaissent l’entente ont dit à CBC que, pour 2021-2022, le seul critère de performance qui sera considéré sera la capacité des établissements à offrir des stages ou des expériences de travail liés à leurs domaines aux étudiants. Ce critère s’appelle l’apprentissage intégré au travail.

Selon le président du Conseil des présidents postsecondaires de l’Alberta, Mike Mahon, cela peut inclure des stages, du travail en laboratoire avec des professeurs ou des contrats avec des compagnies privées. Ces expériences pourraient être rémunérées ou non.

Il se dit heureux que le ministère ait choisi de commencer par un tel critère, puisque les étudiants avec de telles expériences se trouvent plus facilement un emploi après leurs études.

Je pense que nous avons été entendus, lorsque nous avons demandé [au gouvernement] de ralentir le processus et de s’assurer de le faire comme il faut, dit-il.

Soulagement teinté d’inquiétude chez les étudiants

C’est réconfortant que la réforme a été allégée, reconnaît le président du Conseil des étudiants universitaires de l’Alberta, Rowan Ley.

Il ajoute toutefois que les universités devront quand même élaborer de nouvelles structures bureaucratiques qui prendront du temps, de l’argent et qui seront dérangeantes.

Il aurait préféré que la réforme soit carrément suspendue, alors que les défis liés à l’apprentissage à distance, à l’annulation de certains cours et aux compressions budgétaires continuent.

Les universités sont prises dans une crise et perdre du temps là-dessus n’est pas productif, soutient-il.

Le ministère de l’Éducation supérieure dit qu’il n’a pas encore déterminé les critères de performance qui seront utilisés pour les années à venir ni à quelle vitesse ils seront imposés.

Le ministre Demetrios Nicolaides affirme que le nouveau modèle n’est pas une façon déguisée d’imposer de nouvelles compressions aux universités, mais que pour être efficace, il doit être punitif.

Une question d’image plus que de fond, selon un expert

L’Ontario est en train de procéder à une réforme semblable. Elle a déjà commencé à évaluer les établissements en fonction de 10 critères différents. Il n’y aura pas d’impact sur le financement avant 2022, mais éventuellement, 60 % du budget opérationnel des établissements pourrait être à risque.

Le consultant et directeur de la firme Higher Education Strategy, Alex Usher, croit que la promesse de se montrer dur envers les institutions sous-performantes peut paraître politiquement payante, mais qu’elle est difficile à mettre en pratique.

Selon lui, les critères de performance utilisés en Ontario varient très peu d’année en année et il est improbable qu’une université perde plus de 1 % de son financement ainsi.

Il croit que si le gouvernement albertain tient à mettre la réforme en place avant la fin de son mandat, c’est surtout pour protéger son image.

C’est une affaire de machos : "on va rappeler ces gens à l’ordre. On va les obliger à performer. Ils vivent aux dépens de l’argent public depuis trop longtemps". [...] Ce sont toutes des choses qu’ils ont dites et maintenant ils trouvent ça difficile de reculer, dit-il.

Mike Mahon et Rowan Ley rappellent néanmoins que le budget des universités est au milieu d’une abrupte cure minceur. Selon Mike Mahon, chaque dollar compte.

Le gouvernement albertain s’attend à signer des ententes avec toutes les institutions postsecondaires avant l’automne.

Il a assuré que les ententes ne seront pas compétitives, c’est-à-dire que les universités devront améliorer leurs propres performances pour obtenir du financement, mais qu’elles ne seront pas comparées entre elles.

D’après les informations de Janet French

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