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Trouver l’origine d’un mal mystérieux au Nouveau-Brunswick pourrait être compliqué

Un scientifique exhibe un bocal rempli d'une solution dans laquelle trempe un cerveau humain.

Manuel Morrens, directeur de la recherche à l'hôpital psychiatrique Duffel, en Belgique, exhibe l'un des quelque 3000 cerveaux humains utilisés par les chercheurs de l'établissement.

Photo : Reuters / Yves Herman

La Presse canadienne

De nombreuses questions demeurent sans réponse au sujet de la présence d'un syndrome neurologique dégénératif au Nouveau-Brunswick.

Deux expertes de l'Université de l'Alberta, Valerie Sim et Debbie McKenzie, étudient les maladies à prions qui sont causées par une protéine anormalement repliée dans le cerveau.

Ces maladies provoquent un dépérissement du cerveau et les organes atteints sont souvent criblés de trous, explique la professeure Sim.

Parmi elles, on retrouve la maladie de Creutzfeldt-Jakob, une maladie rare et mortelle chez l'humain, la maladie de la vache folle chez les bovins, et la maladie débilitante chronique qui affecte le cerf, le wapiti, l'orignal et le renne.

La professeure assise dans un laboratoire.

Valerie Sim, professeure à l'Université de l'Alberta (archives).

Photo : Université de l'Alberta

En ce moment, je dirais que c'est une bonne chose que les autorités du Nouveau-Brunswick regardent cela plus en détail, dit la professeure Sim. Cela ne signifie pas avec certitude qu'il existe un syndrome neurologique progressif. Cela signifie simplement qu'il existe un schéma intéressant et que nous avons besoin de plus d'informations.

Une mention du syndrome inconnu est apparue pour la première fois dans une circulaire du 5 mars de la médecin hygiéniste en chef adjointe du Nouveau-Brunswick, la docteure Cristin Muecke, aux diverses associations professionnelles médicales de la province.

Elle demande à tous ceux qui soupçonnent avoir rencontré un patient atteint de la maladie de les orienter vers une clinique spécialisée.

Dre Cristin Muecke devant un écran où est écrit le mot COVID-19.

La docteure Cristin Muecke, médecin hygiéniste en chef adjointe du Nouveau-Brunswick, le 5 mars 2020.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Les symptômes sont similaires à ceux de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, un trouble cérébral dégénératif et mortel, a déclaré jeudi la docteure Jennifer Russell, médecin hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick.

Il y a 43 cas faisant l'objet d'une enquête dans la province, avec 35 cas confirmés et huit cas suspectés, a indiqué la Dre Russell. Les cas ont été en grande partie détectés par des médecins de la région de Moncton et du nord-est de la province, a-t-elle mentionné. Le premier remonte à 2015.

Selon les deux scientifiques, il est peu probable qu'il s'agisse d'une maladie à prions encore inconnue, même si cela est déjà arrivé par le passé. En 1996, une variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob a été découverte au Royaume-Uni, signale la professeure McKenzie.

Ces maladies sont facilement identifiables par une autopsie en raison des lésions cérébrales qu'elles causent.

Une toxine en cause?

L'hypothèse que la maladie est causée par une sorte de toxine est sensée, souligne Debbie McKenzie. Elle mentionne que les autorités ont affirmé que les cas sont concentrés dans des zones précises.

Ce serait en fait plus étrange, dans un sens, si la maladie était répandue dans tout le Nouveau-Brunswick ou dans tout le Canada atlantique, dit-elle. Nous devons parler de quelque chose de très, très différent.

Elle craint que d'en retracer les origines soit difficile. Premièrement, le premier patient a contacté la maladie il y a un certain temps déjà. Deuxièmement, la perte de mémoire est l'un des symptômes de la maladie.

Je suggérerais de ne pas trop s'inquiéter, dit la professeure McKenzie. On a besoin de beaucoup plus d'informations sur la source ou la cause sous-jacente de ces problèmes.

Elle espère les gens consulteront un médecin s'ils présentaient l'un des symptômes associés à la maladie.

Raisons différentes

La professeure Valerie Sim dit qu'il reste encore de nombreuses questions auxquelles il faut répondre avant de conclure que les cas résultent tous d'une seule cause, en particulier une cause inconnue.

Les symptômes révélés jusqu'à présent - une démence à progression rapide ainsi que des spasmes musculaires, une atrophie, des hallucinations et une foule d'autres complications - impliquent une grande partie du cerveau et pourraient survenir pour de nombreuses raisons différentes, a-t-elle déclaré.

Des syndromes neurologiques progressifs et inexpliqués se produisent dans toutes les régions du pays et du monde, simplement parce que nous ne savons pas tout, souligne la professeure Sim. Nous n'avons pas découvert toutes les choses possibles qui peuvent arriver au cerveau.

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