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Quel avenir pour l’Université Laurentienne? La parole aux étudiants franco-ontariens

L'établissement bilingue du Nord de l'Ontario s'est placé à l'abri des créanciers en février.

Portraits.

Page Chartrand, Rachel Barber et Mohammed El Medri sont tous les trois étudiants à l'Université Laurentienne.

Photo : Radio-Canada / ZACHARIE ROUTHIER

Alors que l’Université Laurentienne cherche à se redéfinir en raison de sa situation financière, les questions fusent de toutes parts quant à la place du français au sein de l’établissement. Qu’en pensent les étudiants?

Trois d’entre eux, au parcours singulier, s'interrogent sur leur identité franco-ontarienne, et sur leur relation avec cette institution phare du Nord de l’Ontario.

Que se passe-t-il avec l’Université Laurentienne?

Le 1er février, l’établissement s’est déclaré insolvable en raison de défis financiers sans précédent. L’administration et des membres de la communauté universitaire sont en médiation confidentielle devant la cour jusqu’au 30 avril. L’objectif : remettre l’établissement à flot.

Entre temps, des membres de la communauté francophone ont fait part de leur inquiétude quant à la transparence du processus, mais aussi quant à la vitalité de la francophonie dans le Nord.

Comme le recteur Robert Haché a signifié son intention de restructurer certains programmes, ils craignent que des programmes de langue française ne passent à la trappe.

Conséquemment, certains songent à créer une nouvelle universitépar et pour les francophones.

Dans le cadre de son processus de restructuration, l'Université Laurentienne n'offre pas d'entrevues.


Page Chartrand.

Page Chartrand s'implique au sein du Cercle des étudiantes et étudiants autochtones ainsi qu'au sein de l'Association des étudiantes et étudiants francophones.

Photo : Radio-Canada / Zacharie Routhier

Sudbury est francophone et autochtone : Page Chartrand, étudiante, francophone et Anishnaabekwe

Son identité : Si je ne pouvais pas vivre en français, ce serait une vie moindre que celle que j’espère vivre. Je suis autant francophone que je suis Autochtone, et en laisser de côté, c’est laissé à part une partie de ma communauté, une partie de mon identité.

Sa position sur le processus de restructuration : Je suis quand même inquiète. Tous les étudiants francophones autochtones qui viennent ici, viennent ici parce qu’ils peuvent étudier partiellement en français tout en honorant leur culture et leur identité. C’est quelque chose de vraiment important, et c’est quelque chose qui manque à d’autres universités. On risque de perdre ça si la Laurentienne tombe.

Le 1er mai (date de fin du processus de restructuration, NDLR), je pense que la Laurentienne va être un gros mess. Ça se peut que ça soit bon, ça se peut que ce soit mal, ça se peut que ce soit juste… étourdissant.

Sa vision de l'avenir de l’Université Laurentienne : Les cours qui sont offerts en français en études autochtones sont 10 ans en arrière sur le contenu qui est offert en anglais. J’aimerais voir un bon programme d’études autochtones en français, car ma langue maternelle c’est le français, mais je veux aussi honorer mon identité autochtone.

Actuellement, je ne peux pas avoir les deux en même temps dans mon cursus scolaire.


Rachel Barber.

Rachel Barber s'est beaucoup impliquée dans la communauté francophone de North Bay, et performe en français en tant que musicienne.

Photo : Radio-Canada / ZACHARIE ROUTHIER

Je suis Franco-Ontarienne : Rachel Barber, étudiante et première de sa famille à apprendre le français

Son identité : C’est parfois difficile parce que ce n’est pas tout le monde qui a la même définition de ce que signifie être Franco-Ontarien ou Franco-Ontarienne.

Il y a des gens qui pensent que tu dois avoir le français comme langue maternelle. Ce n’est pas ce que je pense. Je pense que si tu vis la culture, et que tu essaies de vivre en français, c’est ça qui fait de toi un Franco-Ontarien ou une Franco-Ontarienne.

Sa position sur le processus de restructuration : Je suis quand même un peu inquiète. Je ne pense pas que les étudiants ont eu beaucoup d'informations sur ce qui se passe.

Sa vision de l'avenir de l'Université Laurentienne : C’est une place où je peux utiliser la langue que je veux, et je vais être servie. Ça me donne confiance pour pratiquer mon français et trouver une façon de m’inclure dans la communauté francophone de Sudbury.

C’est un des grands avantages de garder des programmes anglophones et francophones ensemble.


Mohammed El Mendri.

Mohammed El Mendri a choisi l'Ontario il y a deux ans pour vivre l'expérience du français en situation minoritaire, mais aussi pour apprendre l'anglais.

Photo : Radio-Canada / ZACHARIE ROUTHIER

La diversité nous permet d’avoir des idées marquantes : Mohammed El Mendri, étudiant, francophone et Marocain d’origine

Son identité : J’ai réalisé que le français n’est pas seulement une langue ici en Ontario : c’est une culture, c’est toute une histoire, tout un patrimoine. Je m’y suis vite attaché. C’est une fierté pour moi. J’ai la volonté de continuer d’être francophone.

Sa position sur le processus de restructuration : Ce n'est pas facile, car [la restructuration de l’Université] est un processus judiciaire où la valeur humaine est dénaturée. On prend seulement en considération les finances, l’argent. C’est ce qui pose réellement problème.

Sa vision de l'avenir de l'Université Laurentienne : Il ne faut pas oublier qu’on est vraiment minoritaires, et qu’on peut vite être supprimés. Il faut toujours se rappeler que la francophonie doit persister à la Laurentienne. Mais c’est ce mélange entre la francophonie et l’anglophonie qui nous permet d’avoir des idées spéciales.

Il y a des pays qui n’ont pas cette chance-là. Je pense qu’il faut la saisir, et voir les opportunités qui s’offrent à nous.

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