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Le projet de « repiétonisation » de la rue Ontario Est fait déjà des mécontents

Tous les commerçants ne voient pas d'un bon œil le plan de l'arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve.

Un homme devant une installation artistique.

Le projet actuel prévoit la fermeture de la rue Ontario entre la rue Nicolet et le boulevard Pie-IX, de juillet à septembre.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Le printemps pointe tout juste le bout de son nez que les débats reprennent à Montréal sur la fermeture des rues commerciales, cet été.

Le projet de « repiétonisation » de la rue Ontario Est, dans l'arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, fait déjà des mécontents parmi les commerçants.

Le plan actuel, qui sera déposé à la Ville de Montréal lundi, prévoit la fermeture de l'artère sept jours sur sept entre la rue Nicolet et le boulevard Pie-IX – un tronçon deux fois moins long que l'an dernier – de juillet à septembre.

Or, la Société de développement commercial (SDC) Hochelaga-Maisonneuve ne voit pas les choses du même œil que l'arrondissement. Elle plaide en faveur d'un tronçon deux fois plus long – entre la rue Darling et le boulevard Pie-IX, comme l'an dernier – qui serait fermé à la circulation uniquement les jeudi, vendredi, samedi et dimanche.

L'idée, explique son DG Daniel Vigneux, est de permettre aux restaurateurs de profiter des meilleures journées, où les gens viennent sur les terrasses, sortent à l'extérieur, et de laisser les lundi, mardi et mercredi accessibles à la voiture pour favoriser tout ce qui est livraison et favoriser aussi la clientèle de commerce de destination.

L'administration écarte l'idée d'une fermeture partielle

Mais un tel horaire serait contre-productif, rétorque le maire de l'arrondissement, Pierre Lessard-Blais, de Projet Montréal. Selon lui, le passage des voitures, les jours de semaine, nuirait à l'expérience, en rendant par exemple impossible l'installation de mobilier urbain.

On veut mettre du verdissement, des brumisateurs des zones d'ombre, des bancs où les gens peuvent s'asseoir..., illustre-t-il.

Le maire Lessard-Blais serait toutefois ouvert à étendre le projet jusqu'à la rue Darling.

Quant aux livraisons, elles seront permises jusqu'à 15 h, malgré la piétonnisation, assure-t-il.

Se faire à l'idée

Pour certains commerçants, il est inutile de lutter : la décision est déjà prise.

C'est du moins ce que pense Daniel Malo, de la Boucherie Beau-Bien – qui, comme son nom ne l'indique pas, est située sur la rue Ontario, entre Nicolet et Valois. J'essaye de cesser de me battre et de me conditionner à ce qui va arriver, lâche-t-il.

D'autres, comme lui, sont résignés. Moi, je n'en voudrais pas de piétonnisation, explique Mike Viscoso, propriétaire de la fruiterie Fruits du jour. Mais par solidarité avec les autres commerçants, je sais que ça aiderait les restaurants.

M. Viscoso dénonce toutefois une consultation bidon.

La Ville nous approche en disant qu'ils souhaitent nous consulter par rapport à une piétonnisation de la rue Ontario. Et une fois qu'on va aux rencontres, on se rend compte que leur idée est déjà faite.

Une citation de :Mike Viscoso, propriétaire de la fruiterie Fruits du jour

Face à ceux qui, comme MM. Malo et Viscoso, se montrent peu enthousiastes à « repiétonniser » la rue Ontario cet été, l'arrondissement réplique avec un sondage indiquant que 50 % des résidents du secteur ont davantage fréquenté l'artère l'été dernier, et que 70 % d'entre eux auraient voulu prolonger l'expérience jusqu'à l'automne.

L'administration Plante compte d'ailleurs revenir à la charge cet été dans plusieurs autres quartiers de la ville. Des projets sont sur la table et devraient, dans les prochaines semaines, se concrétiser.

En revanche, les pistes cyclables temporaires et les voies actives sécuritaires (VAS), mises en place parfois dans la controverse le printemps dernier avec le retrait de stationnements, ne seront pas de retour. Cette décision a été prise par la mairesse Valérie Plante, qui, selon son cabinet, n’y voit plus l’utilité – malgré, précise-t-on, leur popularité.

D'après le reportage d'Alexis Gacon

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