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Plaintes concernant le français lors d’une réunion de comité de la Ville de Winnipeg

L'Hôtel de Ville de Winnipeg.

Lors de la réunion du comité en question, une quinzaine de personnes se sont présentées en délégation devant le comité dans l’espoir de convaincre ses membres d’annuler la vente du 219 boulevard Provencher, qui abrite la Maison des artistes visuels francophones, les bureaux de Tourisme Riel ainsi que ceux du World Trade Centre Winnipeg.

Photo : Ralph-Bonet Sanon

Radio-Canada

Quatre plaintes ont été déposées auprès de la Ville de Winnipeg concernant l’offre de services d’interprétation en français lors du débat d’un comité au sujet de la vente du 219 boulevard Provencher lundi.

Un porte-parole de la Ville indique que la municipalité s’est excusée auprès de tous les plaignants pour cette situation.

La Ville […] examine leurs plaintes avec les services municipaux qui participaient à la réunion du comité. Nous serons en mesure de fournir une réponse plus détaillée à ces plaintes à l’issue de cet examen, poursuit-il.

Il s’agissait d’une réunion du comité permanent sur la propriété, le patrimoine et le développement du centre-ville de Winnipeg lundi qui portait entre autres sur une proposition pour empêcher la vente de l’ancien Hôtel de Ville de Saint-Boniface, le 219 boulevard Provencher.

Une plainte déposée par Michel Lagacé portait sur le fait qu’une conseillère municipale ait suggéré aux intervenants de s’exprimer en anglais puisqu’aucun service d’interprétation n’est offert avec la webdiffusion de la réunion sur YouTube.

Il est inacceptable de se faire dire — en anglais, évidemment — de parler en anglais puisque les présentations des intervenants ne seraient pas traduites sur la plateforme de diffusion, et donc pas comprises des anglophones à l’écoute ce jour-là, écrit M. Lagacé, dans sa plainte.

Les francophones ont autant le droit d'être compris que les anglophones, qu'il s'agisse des conseillers, des médias ou du grand public. Sinon, leur participation est marginalisée ou tout simplement écartée, ajoute-t-il.

En entrevue avec Radio-Canada, M. Lagacé a souligné que son ire était dirigée vers l’administration municipale.

Un homme aux cheveux gris et à la barbe blanche portant un chandail gris.

Michel Lagacé, l'un des plaignants.

Photo : Radio-Canada

C’est fondamental dans une démocratie que les gens dans cette démocratie-là puissent se comprendre. Alors à l’Hôtel de Ville… on a le droit de s’exprimer en français, mais pas d’être compris. C’est contre cette pratique que je me suis soulevé, je trouve ça aberrant dans une démocratie, lance-t-il.

De son côté, le plaignant Yan Dallaire a soulevé un autre enjeu : l’absence d’interprétation de l’anglais au français pour les francophones qui suivaient le comité.

Le directeur général adjoint de la Société de la francophonie manitobaine, Jean-Michel Beaudry, déplore cette situation.

Essentiellement, ça veut dire que toutes les délibérations sur la question étaient inaccessibles pour les citoyens qui ne comprennent pas ou ne parlent pas l’anglais et qui ont le français comme langue choisie, fait-il valoir.

Une autre plainte met de l’avant le fait que la Charte de la Ville de Winnipeg affirme que toute personne a le droit d'obtenir les services municipaux dans la langue officielle de son choix et dans un délai raisonnable après en avoir fait la demande.

En février dernier, un rapport de la gestionnaire des services en français de la capitale manitobaine, Nicole Young, révélait que Winnipeg respecte moins de la moitié des obligations imposées par sa Charte en matière de services en français.

Avec les informations de Mohamed-Amin Kehel

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