•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le milieu des affaires s'inquiète d'une autre grève au port de Montréal

Un cargo rempli de conteneurs.

Une grève au port de Montréal ne pourrait pas plus mal tomber, estime le milieu des affaires.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

La pression s'accentue sur les débardeurs de la métropole, qui auront à se prononcer en fin de semaine sur l'offre « finale » de l'employeur.

Le milieu des affaires multiplie les interventions médiatiques depuis quelques jours pour prévenir les conséquences dévastatrices que pourrait avoir une nouvelle grève au port de Montréal sur l'économie de la région, de la province et du pays.

C'est que la trêve de sept mois entre les 1000 membres du local 375 du SCFP et l'Association des employeurs maritimes tire à sa fin. Et clairement, les discussions ne tournent pas rond. Malgré la trêve, les deux parties ne sont pas encore parvenues à conclure une entente de principe.

C'est donc sur une offre qualifiée de finale par l'employeur que les débardeurs se pencheront, en fin de semaine. Un vote est prévu dimanche en assemblée générale.

Mais déjà, le milieu des affaires entrevoit le pire.

Des inquiétudes économiques

Près du tiers des PME canadiennes estiment qu'une deuxième grève au port de Montréal, en moins d'un an, aurait des répercussions négatives sur les entreprises, a fait savoir, sondage en main, la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) par voie de communiqué, vendredi.

En entrevue à Midi info, sur ICI Première, le vice-président aux affaires nationales de la Fédération, Jasmin Guénette, a rappelé que les PME du pays avaient été fragilisées par la pandémie de COVID-19 et que la situation économique était déjà très difficile pour plusieurs d'entre elles.

Selon lui, une grève au port de Montréal, au printemps, pourrait avoir des impacts importants, surtout sur le secteur manufacturier, le commerce de gros et le commerce de détail.

C'est important de ne pas briser la chaîne d'approvisionnement et de s'assurer que tout fonctionne bien.

Une citation de :Jasmin Guénette, v.-p. aux affaires nationales de la FCEI

À ce sujet, la FCEI avait également participé à une sortie publique, la veille, en compagnie de plusieurs regroupements d'entreprises, comme la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), le Conseil du patronat du Québec et l'Association du camionnage du Québec.

Dans une déclaration commune, ces organismes à vocation économique ont demandé au gouvernement du Canada, exactement comme ils l'avaient fait en août dernier, de tout mettre en œuvre pour assurer le maintien complet, en tout temps, des activités au port de Montréal.

On y apprenait entre autres qu'en prévision d'une grève, certaines entreprises du Québec et de l'Ontario ont déjà pris la décision de détourner des marchandises conteneurisées, alors que d'autres préparent des plans de contingence.

Si le port de Montréal est fermé, les entreprises vont se tourner vers d'autres ports, soutient M. Guénette.

Et ça, ça va se faire au détriment de l'économie de Montréal; au détriment de l'économie du Québec; ça va mettre en jeu des emplois; ça va retarder la livraison de marchandises; [et en fin de compte], ce sont de nombreuses PME qui seront fragilisées par cette situation-là, explique-t-il.

M. Leblanc en mêlée de presse.

Les conséquences d'un nouveau débrayage au port de Montréal seraient dévastatrices, a résumé jeudi à Zone économie le président de la CCMM, Michel Leblanc.

Ce dernier a affirmé qu'Ottawa suit le dossier attentivement. Il aurait même reçu la promesse du gouvernement fédéral qu'il va agir pour qu'il n'y ait pas d'arrêt de travail.

Une loi spéciale serait-elle déjà dans les cartons? Si l'offre est rejetée, il ne faudrait pas qu'on attende trop longtemps avant que des propositions comme celle que vous mentionnez soient sur la table, a répondu Jasmin Guénette, vendredi midi, au micro de Michel C. Auger.

Le milieu des affaires estime que 80 000 conteneurs ont été immobilisés lors de la grève de l'été dernier au port de Montréal, et qu'il a fallu trois mois de travail pour rattraper ce retard. Il évalue les pertes de ventes des grossistes montréalais à 600 millions de dollars.

Un débardeur en grève, un bras au ciel, tient une pancarte qui revendique la conciliation travail-famille.

La grève de l'été dernier avait duré deux semaines.

Photo : Ivanoh Demers

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !