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Un quart des cas d'agression sexuelle non élucidés à l’Î.-P.-É.

Ailleurs en Atlantique, la proportion varie de 14 % à 18 %.

Une femme, la tête dans les mains.

Statistique Canada estime que seulement 5 % des victimes signalent leur agression sexuelle à la police au pays.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Un rapport de Statistique Canada indique que 25 % des cas d’agression sexuelle à l’Île-du-Prince-Édouard n’ont pas été élucidés en 2019. Il s'agit de la plus forte proportion au pays.

Ces plaintes ont été mises à l’écart, car les preuves recueillies durant les enquêtes policières ont été jugées insuffisantes ou les plaignantes ont décidé de ne pas donner suite à leur plainte.

« Cela montre qu’il y a sûrement un problème dans la manière dont on traite les plaintes des victimes d’agression sexuelle. »

— Une citation de  Johanna Venturini, directrice de l’organisme Actions femmes Île-du-Prince-Édouard

Pour Johanna Venturini, directrice de l’organisme Actions femmes Île-du-Prince-Édouard, lorsque les procès juridiques ne mènent pas à l’inculpation des agresseurs, le système de justice risque de perdre la confiance des victimes.

Si le système judiciaire vous dit qu’il n’y a pas assez de preuves pour montrer qu’on vous croie et que le crime est réel, cela a un effet dévastateur chez les victimes, explique-t-elle.

Johanna Venturini, directrice générale d’Actions Femmes Î.-P.-É.

Johanna Venturini, directrice générale d’Actions Femmes Î.-P.-É.

Photo : Radio-Canada / Divulgation

Selon Danya O’Malley, directrice du Service de prévention à la violence familiale de l’île, le manque de preuves physiques dans certains cas, comme des blessures ou l’absence de témoins, peut rendre plus difficile l'inculpation de l’agresseur.

« C’est malheureux, parce que les gens peuvent se décourager de signaler une agression. »

— Une citation de  Danya O’Malley, directrice du Service de prévention de la violence familiale de l’île
Danya O'Malley.

Danya O'Malley est directrice du Service de prévention de la violence familiale de l’Île-du-Prince-Édouard.

Photo : Radio-Canada

Mme O’Malley attire aussi l’attention sur les conséquences psychologiques chez les victimes, lorsque les plaintes n’aboutissent pas à la condamnation des agresseurs.

Nous savons que les cicatrices émotionnelles et psychologiques sont parfois incapables d’être effacées pour toute la vie de cette personne, affirme la directrice du Service de prévention de la violence familiale de l’île.

Dans les autres provinces de l’Atlantique, la proportion de cas d’agression sexuelle non élucidés varie de 14 % à 18 %.

L’amélioration des pratiques

Un comité d’analyse sur les enquêtes policières a été mis sur pied à l’île en 2020, en collaboration avec la GRC, des organismes d’aide aux victimes et à leur famille ainsi que la Confédération des Micmacs et l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard (UPEI).

Le groupe de travail devra produire des recommandations visant à améliorer les pratiques d’enquêtes portant sur des cas d’agression sexuelle.

Rachael Crowder pose pour la photo.

Rachael Crowder, est directrice générale du Centre d’aide aux victimes de viol et d'agression sexuelle de l’Île-du-Prince-Édouard, et membre du comité d'analyse sur les enquêtes policières.

Photo : CBC / Isabella Zavarise

Selon Rachael Crowder, directrice du Centre d’aide aux victimes de viol et d’agression sexuelle de la province, les préjugés qu'ont certains agents publics envers les victimes peuvent influencer leur rapport d’enquête.

Si vous traitez une victime comme si elle était l’auteure du crime, vous obtiendrez un résultat bien différent de celui que vous auriez si vous respectez l’expérience de la personne, a-t-elle déclaré.

Mme Crowder indique aussi que le choix d’un endroit approprié pour tenir des conversations avec les victimes exerce aussi une influence sur les résultats de l’enquête.

Le sergent-major de la GRC, Hank Pollard, dans son bureau.

Le sergent-major de la GRC, Hank Pollard, souligne que l'objectif du comité est de déterminer les pratiques à privilégier durant les enquêtes.

Photo : CBC / Isabella Zavarise

Membre du comité d’analyse, le sergent-major de la GRC, Hank Pollard, affirme que les recommandations seront transmises aux districts lorsqu’elles seront finalisées.

Il ajoute que la GRC assurera que les employés suivront les orientations produites par le groupe de travail à l’avenir.

Avec des informations de Sally Pitt, de CBC

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