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La journaliste Marie-Maude Denis revient sur le scandale de la construction dans un balado

La journaliste et animatrice s'ouvre sur le contexte d'un des dossiers les plus marquants de sa carrière.

Marie-Maude Denis

La journaliste Marie-Maude Denis s'ouvre sur le contexte d'un des dossiers les plus marquants de sa carrière.

Photo : Radio-Canada / Martin Ouellet

Angie Landry

C’est en continuité avec le travail de ses collègues journalistes Anne Panasuk (Chemin de croix) et Isabelle Richer (L’affaire Jolivet) que l’animatrice de l’émission Enquête, Marie-Maude Denis, propose une troisième saison du balado Histoires d’Enquête, dont le premier épisode est en ligne depuis jeudi.

Une saison intitulée Retour aux sources, d’abord, parce qu’on y retrace tout le chemin parcouru – et du chemin, il y en a eu – depuis le jour où elle a ouvert cette fameuse enveloppe brune qui a permis, à elle et son comparse Alain Gravel, de faire la lumière sur la collusion et les jeux de pouvoir dans l’industrie de la construction.

Mais aussi, parce qu’on y parle de façon claire des sources journalistiques, des nuances qui les définissent, du poids qu’elles ont, mais aussi – et surtout – de leur importance cruciale pour la survie du journalisme. Inévitablement, Retour aux sources s’abreuve aussi de la décision rendue par la Cour suprême en 2019 qui stipule que la journaliste n’aura pas à dévoiler ses sources journalistiques à l’ancien ministre libéral Marc-Yvan Côté.

Réalisée par Cédric Chabuel (Disparu(e)s, T’es où Youssef?), le ton de la série n’est en rien rompu par rapport aux deux saisons précédentes du balado, mais on est ailleurs. Ne serait-ce que par la facture sonore, dont la dynamique donne l’impression d’être impliqué dans le processus d’enquête, d’accompagner la journaliste dans ce recul qu’elle prend pour raconter la genèse d’un des dossiers les plus importants de sa carrière.

Le ton est assez actuel, mais avec des propos qui sont assez vintage, explique Marie-Maude Denis en rigolant. On remonte quand même à il y a un peu plus de 10 ans!

Pour elle, Retour aux sources est une chance inouïe de pouvoir allier le côté très actuel du balado avec un propos qui a, certes, marqué bien des esprits, mais qui échappe aux plus jeunes générations. Quand j’ai commencé en journalisme, au début de ma vingtaine, mes collègues plus âgés me parlaient des commissions d’enquête dans les années 1970, comme si c’était brûlant d’actualité, dit-elle.

Je me suis toujours dit : “un moment donné, c’est moi qui aura vécu des événements marquants, et les plus jeunes n’auront pas de lien avec ça, alors il ne faut pas les oublier. Il faut faire le pont entre les générations.”

Une citation de :Marie-Maude Denis

Il y a à ce titre quelque chose de pédagogique dans Retour aux sources, un espace où l’on peut, en quelque sorte, regarder à travers les lunettes d’une journaliste qui, elle-même, apprend son métier.

On ne voulait pas tomber dans la didactique. Mais on voulait donner des clés aux gens pour comprendre la fabrication de l’enquête. C’est le fun de donner une fenêtre aux gens pour qu’ils voient tout le travail qu’il y a derrière un reportage, souligne Marie-Maude Denis.

« Entretenir sa trace »

Si la thématique au cœur de cette saison est associée aux sources journalistiques, c’est parce que ce sont d’abord les sources journalistiques qui ont mené Marie-Maude Denis au cœur du dossier.

La journaliste et animatrice le mentionne lors des premiers épisodes – et le souligne d’ailleurs à grands traits : pour elle, il n’y a rien de plus important que d’entretenir sa trace lorsqu’on travaille dans en journalisme d’investigation. Ou en journalisme tout court. Son credo, c’est de conserver une relation de confiance avec ses sources. Une relation empreinte de respect.

On a tous notre façon d’être. C’est peut-être parce que, pour certains sujets sur lesquels j’ai travaillés, ça a été de longues relations avec les sources. Et j’explique toujours aux gens que ça doit demeurer une relation professionnelle, mais dans la confiance.

Retour aux sources, c’est un peu la démonstration de l’entretien du chemin parcouru par Marie-Maude Denis avec les personnes qui lui ont offert des parcelles d’histoires ou des pans de scandales. 

On y entend notamment François Beaudry et Ken Pereira, des informateurs-clés qui ont permis de braquer les projecteurs sur le côté sombre de l’industrie de la construction, revenir sur leur propre cheminement dans cette enquête.

Je ne suis pas un curé ou une travailleuse sociale, mais on fait des sujets extrêmement délicats, extrêmement personnels. C’est sûr que si tu fais un scandale sur une fraude dans des contrats publics, tu ne seras pas dans la même relation d’intimité qu’avec, par exemple, les femmes autochtones à Val-d’Or, explique la journaliste. 

Il n’y a pas de recette sur comment un journaliste doit être avec une source, mais plus j’avance dans le métier, plus je trouve important de se soucier de l’impact de nos reportages sur ceux qui nous permettent de les faire.

Une citation de :Marie-Maude Denis

Et c’est d’ailleurs sans recette que Marie-Maude Denis a sauté dans le monde du journalisme. On le comprend dès le premier épisode, où elle posé les premières briques de sa carrière. 

La troisième saison d’Histoires d’enquête, animée par Marie-Maude Denis, est disponible en ligne sur le site d’ICI PREMIÈRE et sur l’application OHdio.

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