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Le Québec perd du poids au sein du Parti conservateur

La silhouette d'un homme dans une pièce vide avec le logo du Parti conservateur du Canada.

Le changement des règles d’élection du chef du Parti conservateur, lors du congrès, pourrait favoriser les provinces de l’Ouest aux dépens du Québec.

Photo : La Presse canadienne / Darren Calabrese

La balance du pouvoir au sein du Parti conservateur du Canada (PCC) penchera dorénavant en défaveur des provinces comme le Québec, quand viendra le temps de choisir le prochain chef.

Les règles actuelles, qui ont permis à Stephen Harper, Andrew Scheer et Erin O’Toole de devenir chefs, viennent d’être modifiées par les délégués au congrès. Les changements adoptés enlèveront du poids aux circonscriptions qui n’ont pas suffisamment de membres.

Des conservateurs québécois craignent que ces nouvelles règles changent le rapport de force entre l’aile plus progressiste du Québec et la faction plus à droite de l’Ouest canadien.

La fin du compromis fondateur

Dans le système actuel, chaque circonscription dispose de 100 points pour choisir le chef. Toutes les circonscriptions ont donc un poids égal, peu importe si elles comptent 5000 membres ou 50 membres.

La formule actuelle est un compromis qui date de la fusion entre le Parti progressiste-conservateur et l’Alliance canadienne en 2003. La formule un membre, un vote avait alors été rejetée, pour éviter de trop concentrer le pouvoir du parti au sein des provinces de l’Ouest, qui comptaient beaucoup plus de membres.

Le compromis fondateur était une condition sine qua non de la fusion orchestrée par le chef allianciste Stephen Harper et le progressiste-conservateur Peter Mackay. Un compromis qui vient d’être dilué, selon certains membres du Québec.

À l'inverse, certains conservateurs estiment que ces nouvelles règles permettront d'éviter que des groupes de pression prennent le contrôle de circonscriptions québécoises dans le but unique d'influencer le choix du chef.

« On l'a vu avec le lobby des armes à feu pour Erin O'Toole, ou le lobby des agriculteurs pour Andrew Scheer » estime une source conservatrice. La nouvelle règle, selon un autre organisateur, permet de réduire l'influence de ceux qui deviennent membres par opportunisme, plutôt que par désir réel de joindre le parti.

Nouvelle règle

Désormais, pour choisir le chef conservateur, une circonscription qui ne compte que 50 membres n’aura plus 100 points (comme dans le système actuel), mais seulement 50 points.

Chaque circonscription électorale a 100 points ou 1 point par vote exprimé à cette étape, selon le nombre le moins élevé, stipule la résolution qui a recueilli l’appui de 73 % des délégués conservateurs.

Par province, l’Alberta, l’Ontario, la Saskatchewan, le Manitoba, la Colombie-Britannique et la Nouvelle-Écosse ont voté pour. Le Québec, le Nouveau-Brunswick, l'Île-du-Prince-Édouard, Terre-Neuve-et-Labrador et les Territoires ont voté contre.

Plus de pouvoir à l’Ouest?

Ce changement risque de réduire massivement le poids du Québec dans une future course à la chefferie conservatrice, selon certains conservateurs québécois.

Le changement n’est pas catastrophique, estime l'ex-organisateur conservateur Yan Plante, qui convient cependant que chaque pas vers "un membre, un vote" nous rapproche de l’assurance que l’Ouest va toujours choisir le chef.

Mais des élus conservateurs voient les choses différemment.

C’est quand même mieux qu’un membre - un vote, exprime Luc Berthold, député de Mégantic-L’Érable. On garde notre poids si on fait notre travail sur le terrain. Pour certains comtés, ce sera une source de motivation, selon lui, afin de recruter davantage de membres.

D’autres organisateurs du Québec ajoutent que la très grande majorité des associations de comtés dépassent déjà les 100 membres. Je suis assez confiant que toutes nos associations sont capables d’atteindre cet objectif, indique le lieutenant d'Erin O'Toole au Québec, Richard Martel. « Le chiffre de 100 membres est raisonnable, selon lui, et équitable pour toutes les régions du Canada ».

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