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Le combat d'une mère contre l'ivresse au volant

Une femme dans un manteau noir, portant des lunettes, regarde au loin

Trois ans après la mort de son fils happé par un chauffard en état d'ébriété, Odette Lachance veut éveiller les consciences sur les dangers de la conduite avec les facultés affaiblies.

Photo : Radio-Canada / Sébastien Tanguay

Prenez note que cet article publié en 2021 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Il y aura trois ans cette semaine que Thomas Ratté a perdu la vie, fauché à 17 ans par un conducteur en état d’ébriété. Pour que cette tragédie ait un sens, sa famille retrousse ses manches et milite pour éveiller les consciences sur l’importance d’être responsable derrière le volant.

La mère de Thomas, Odette Lachance, veut éviter qu’un autre coeur de maman ait à endurer la perte d’un fils.

Depuis deux ans, cette femme énergique, qui travaille dans le domaine de l’éducation, sensibilise la jeunesse aux conséquences de la conduite avec les facultés affaiblies.

Les jeunes, ce sont nos meilleurs ambassadeurs, croit-elle. C’est à partir d’eux qu’on a le plus de chances de changer les choses.

Parfois, un invité vient témoigner dans les classes. Souvent, c’est elle qui rencontre les jeunes. En s’ouvrant sur le drame qui a frappé sa famille il y a trois ans, elle veut semer une réflexion dans l’esprit des adultes en devenir.

« Lorsque j’avais leur âge, on ne s’attachait pas dans les voitures. Il fallait donc y penser lorsque la loi l’a rendu obligatoire. Pour les enfants, c’est un réflexe parce qu’ils ont été éduqués à boucler leur ceinture. Je veux que ça devienne comme ça pour la conduite avec les facultés affaiblies. »

— Une citation de  Odette Lachance, mère de Thomas Ratté

Un message lancé aux adultes

Chaque activité de sensibilisation en classe se conclut en laissant la parole aux élèves, qui font un dessin ou écrivent une pensée en lien avec le témoignage entendu.

Cette année, les illustrations de deux jeunes filles de 6e année figureront sur des sacs réutilisables, qui seront distribués pour rappeler aux adultes d’être prudents au volant.

Une femme au manteau noir tient deux sacs pour bouteilles sur lesquels apparaissent des dessins, devant un foyer, en extérieur.

« Pas de shooter pour le chauffeur »; « Conduire sans être ivre... c'est vivre » : ces messages, esquissés par deux élèves de 6e année de Charlesbourg, serviront à sensibiliser les adultes lors de la Semaine nationale de prévention de la conduite avec les facultés affaiblies, du 21 au 27 mars.

Photo : Radio-Canada / Sébastien Tanguay

On a participé à ça parce qu’on tenait vraiment à envoyer un message aux adultes, pour leur dire d’arrêter de faire ça, pour ne pas que ça continue et pour ne pas qu’il y ait d’autres accidents, explique Jeanne Cabral-Roy, une des deux dessinatrices.

Pour elle, il est difficile de comprendre qu’un message aisément compris par des enfants soit encore ignoré par des adultes.

« T’sais ils se disent : ''Ah, je vais réussir à me rendre chez moi'' ou ''T’sais, c’est à 10 km, je vais être capable''. C’est ce qui s’est produit cette journée-là. Mais il n’a pas été capable de se rendre sans frapper Thomas... »

— Une citation de  Jeanne Cabral-Roy, élève de 6e année de l'école Chabot
Deux enfants de 6e année tout sourire devant leur école.

Jeanne Cabral-Roy et Éliane Leroux, deux élèves de 6e année de l'École Chabot, à Charlesbourg

Photo : Radio-Canada / Sébastien Tanguay

Quelques kilomètres de voiture en état d’ébriété ont coûté la vie d’un adolescent en planche à roulettes, sous les yeux de sa jeune amoureuse.

Ils ont aussi envoyé le chauffard en prison pendant trois ans. Il n’avait aucun antécédent, mais avait pris le volant en faisant fi des supplications lancées par les gens qui l’accompagnaient au bar, en cette soirée fatidique.

La SAAQ indique qu'entre 2014 et 2019, 90 Québécois sont morts chaque année, en moyenne dans un accident de la route impliquant un conducteur en état d'ébriété.

Plus qu’une statistique

À l’approche du triste anniversaire, l’absence de Thomas reste cruelle pour ceux et celles qui l’ont connu. La famille apprend à cheminer malgré la blessure, encore béante, qui peine à cicatriser.

Un enfant a vu le jour chez les Ratté et Odette Lachance éprouve, depuis, le bonheur d’être grand-mère. L’enfant n’aura, cependant, jamais la chance de connaître son oncle parti trop tôt.

C’est vrai que nous avons connu des moments merveilleux. Ce qui est difficile, ajoute-t-elle avec émotion, c’est que dans tous les merveilleux moments qu’on peut vivre maintenant, il y a toujours cette partie de douleur qui remonte.

Une femme aux cheveux châtains portant des lunettes.

En deux ans, Odette Lachance a réussi à embarquer deux centres de services scolaire à bord de son projet.

Photo : Radio-Canada / Sébastien Tanguay

Si elle s’engage désormais à changer les comportements, c’est pour prévenir d’autres tragédies insensées provoquées par l’alcool, la drogue, ou simplement la trop grande fatigue au volant.

C’est aussi, pour elle, une façon d’honorer Thomas et de ne pas laisser son souvenir s’évanouir. Tant qu’elle vivra, elle jure que son fils ne se résumera jamais à une statistique, victime sans visage ni histoire parmi d’autres compilées dans un funeste bilan annuel.

Un garçon souriant tient un diplôme, enveloppé dans une grande toge noire à col blanc.

Une photo de Thomas, prise au moment de la remise des diplômes en 6e année, figure toujours parmi une mosaïque d'anciens finissants sur un mur de l'École Chabot.

Photo : Radio-Canada / Sébastien Tanguay

P’tit Thom, comme il était connu à l’École Chabot, à Charlesbourg, qu’il fréquentait au primaire, inspire encore ceux et celles qui lui succèdent aujourd’hui, comme Jeanne et sa complice, Éliane Leroux.

On trouve ça bien que Thomas soit venu à notre école, dit celle dont le dessin a lui aussi été choisi pour la campagne de sensibilisation.

On le garde un peu vivant, aussi, quand on fait ça.

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