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Devenir peintre à 70 ans grâce à la pandémie

Jean-Guy Dufour peint un arbre près d'une maison sur une toile posée sur un chevalet de table.

Jean-Guy Dufour installe son atelier en plein milieu de son appartement tous les matins pour peindre.

Photo : Radio-Canada / Catherine Paradis

Tous les matins, vers cinq heures, Jean-Guy Dufour installe son atelier de peinture sur la table de la cuisine. Au début de la pandémie, l’an dernier, le graphiste retraité s’est donné pour mission d’illuminer cette période sombre qui s’annonçait. Depuis, il a vendu une quinzaine de ses toiles et prépare même une exposition.

S’il n’y avait pas eu la COVID, si mes activités avaient continué, je ne pense pas que j’aurais eu l’idée de m’initier à la peinture.

Une citation de :Jean-Guy Dufour, peintre amateur

Ce sont d’abord les écoles qui ont inspiré Jean-Guy Dufour, un citoyen sans formation ni d’expérience spécifique en peinture. Ses traits de pinceau se sont ensuite étirés jusqu’aux églises et aux maisons quasi centenaires typiques du développement de la ville industrielle de l’aluminium qu’a été son quartier, Arvida, à compter des années 1920.

Le centre-ville est d’ailleurs déjà reconnu comme un site patrimonial par le gouvernement du Québec, et Arvida espère toujours être inscrit au patrimoine mondial de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO).

Jean-Guy Dufour montre la maison du doigt en bordure de la route.

Jean-Guy Dufour montre la première maison qu'il a photographiée et qu'il a reproduite à l'acrylique sur une toile.

Photo : Radio-Canada / Catherine Paradis

Jean-Guy Dufour préserve l’histoire à sa façon. Il peint les bâtiments le plus fidèlement possible à partir des photos qu’il prend, mais il les situe dans un tout autre décor sur ses toiles.

Portraits personnalisés

En rencontrant leurs propriétaires, Jean-Guy Dufour leur propose de faire des œuvres sur mesure.

Aussitôt qu’elles sont faites, je vais rencontrer les personnes pour leur demander la permission d’exposer leur maison et leur demander s’ils aimeraient quelque chose de plus personnel que je peux rajouter dans la photo, comme leurs enfants, leur famille. C’est ce qui rend la chose plus intéressante pour eux, raconte-t-il.

M. Dufour compte une centaine de toiles dans son portfolio. À sa grande surprise, il en a vendu plusieurs, dont une à Katerine Belley-Murray et son conjoint Rodrigo Brignani-Peres.

La toile de la maison blanche ancestrale montrant les deux parents, un bébé en poussette, un cochon domestique et un chien à l'avant-plan.

La toile illustrant la maison de Katerine Belley-Murray et Rodrigo Brignani-Peres a été personnalisée pour leur famille.

Photo : Jean-Guy Dufour

C’est super représentatif pour nous, puisque c’est ici qu’on a décidé de fonder une famille. Il a même ajouté notre bébé, notre chien, notre cochon, moi et mon chum. On se dit que ça va aller de génération en génération, confie la jeune mère de famille.

Certaines toiles de M. Dufour ont trouvé preneur jusqu’à l’autre bout du Canada et même aux États-Unis.

Moi, je suis violoniste et M. Dufour a peint une violoniste assise à la table de pique-nique au chalet. J’ai vraiment trouvé ça une belle attention de sa part.

Une citation de :Renée-Paule Gauthier, violoniste installée à Chicago originaire d’Arvida
Une jeune fille joue du violon assise sur une table de pique-nique devant le chalet en bois rond dans une forêt.

Le peintre Jean-Guy Dufour a reproduit le chalet d'enfance de la violoniste Renée-Paule Gauthier.

Photo : Jean-Guy Dufour

Le reportage de Catherine Paradis a également été diffusé à l'émission Désautels le dimanche, sur Ici Première.

Souvenirs inestimables

C’est grâce au conseiller municipal Carl Dufour que les toiles de Jean-Guy Dufour ont fait autant de chemin.

Quand je les ai publiées sur ma page Facebook, il y a eu 600 commentaires. Ça a déboulé!, dit l’élu en riant.

Le succès de Jean-Guy Dufour ne l’étonne toutefois pas.

Vos peintures relatent l’histoire d’Arvida. Vous avez peint des bâtiments d’intérêt qui ont touché des gens d’Arvida qui sont aujourd’hui partout dans le monde, lui a-t-il dit lors d’une rencontre devant l’ancienne école anglophone Saint-Patrick.

Carl Dufour et Jean-Guy Dufour devant la structure du bâtiment incendié.

Le conseiller municipal Carl Dufour trouve remarquable que Jean-Guy Dufour soit le dernier à avoir peint l'ancienne école Saint-Patrick d'Arvida.

Photo : Radio-Canada / Catherine Paradis

Le bâtiment des années 40 a été incendié il y a quelques semaines, tout juste après que Jean-Guy Dufour l’eut peinte à la demande d’une dame maintenant établie à Gatineau.

Peintre naïf

Vivant, dynamique, authentique. Voilà comment plusieurs qualifient le travail du nouveau peintre d’Arvida.

Je me considère comme un peintre naïf, car je peins un peu à ma manière. Les gens achètent la toile non pas pour la qualité artistique, mais pour ce qu’elle évoque pour les gens, c’est ça qui les touche.

Jean-Guy Dufour prépare maintenant une exposition sur ses 12 maisons coup de cœur, intitulée Les belles d’Arvida, qui sera présentée à la bibliothèque municipale prochainement.

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