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Des pays européens renouent avec le vaccin d'AstraZeneca

Une infirmière nettoie le bras de Jean Castex avant l'injection.

Le premier ministre français, Jean Castex, a reçu une première dose du vaccin d'AstraZeneca vendredi, tout juste après que la France a annoncé que celui-ci serait de nouveau administré.

Photo : Reuters

Reuters

Une dizaine de pays, dont la France et l'Allemagne, qui avaient suspendu l'utilisation du vaccin contre la COVID-19 d'AstraZeneca, soupçonné de provoquer de graves effets indésirables, ont annoncé que celui-ci serait de nouveau administré à compter de vendredi, après le feu vert des autorités sanitaires.

La reprise des injections de ce sérum permettra de jauger la confiance du public dans ce vaccin et le poids des recommandations des autorités, alors que les variants du coronavirus ne faiblissent pas et que la maladie a déjà fait près de 2,7 millions de morts dans le monde.

Jeudi, la directrice de l'Agence européenne des médicaments (EMA), tout en disant ne pouvoir formellement exclure un lien entre la vaccination et les 30 rares cas de formation de caillots sanguins sur lesquels l'agence a enquêté, a déclaré que les bénéfices du vaccin du laboratoire anglo-suédois étaient supérieurs aux risques.

C'est un vaccin sûr et efficace, a-t-elle insisté, assurant que, si elle le pouvait, elle se ferait vacciner dès vendredi.

L'EMA a été soumise à une intense pression depuis le début de la semaine après la décision de plusieurs pays européens, emmenés par l'Allemagne, de suspendre la vaccination avec le produit d'AstraZeneca à la suite de quelques cas de thrombo-embolie, la formation de caillots sanguins, chez des personnes ayant reçu le vaccin peu auparavant.

Des pays, essentiellement du nord de l'Europe, avaient déjà suspendu l'utilisation de ce vaccin la semaine dernière.

La MRH, l'agence britannique de la santé, qui enquête sur cinq cas rares de caillots sanguins signalés sur 11 millions de personnes vaccinées au Royaume-Uni, a également estimé que les injections du vaccin devaient se poursuivre en attendant de plus amples analyses.

Ce sur quoi nous devrions vraiment nous concentrer, c'est le fait que c'est incroyablement rassurant. Les processus fonctionnent, la surveillance de la sécurité que nous attendons tous de nos autorités est en cours, a déclaré pour sa part à la BBC Andrew Pollard, qui dirige l'Oxford Vaccine Group.

Nous devons continuer à faire attention à la sécurité, mais en fin de compte, c'est le virus que nous combattons, pas les vaccins, a-t-il ajouté.

Le vaccin d'AstraZeneca a été développé en partenariat avec l'Université d'Oxford.

Boris Johnson présente son bras gauche à une infirmière qui s'apprête à lui faire une injection.

Le premier ministre britannique, Boris Johnson, a reçu une première dose du vaccin d'AstraZeneca vendredi.

Photo : Reuters

Plusieurs responsables politiques ont voulu montrer l'exemple sur la sûreté du vaccin vendredi, en se disant ouverts à le recevoir ou en se faisant vacciner devant les caméras, comme le premier ministre britannique Boris Johnson.

Âgé de 56 ans, il avait dû être soigné pendant plusieurs jours aux soins intensifs l'an dernier, après avoir été contaminé par le SRAS-CoV-2.

Des avantages supérieurs aux risques

L'Allemagne a repris vendredi les injections de ce vaccin. La chancelière Angela Merkel, âgée de 66 ans, s'est déclarée prête à le recevoir, lors d'une conférence de presse.

En France, la Haute Autorité de santé (HAS) a recommandé vendredi la reprise immédiate de la vaccination avec le sérum d'AstraZeneca, mais uniquement, à ce stade, pour les personnes âgées de 55 ans et plus.

La HAS note que l'EMA a décelé un possible surrisque de thrombose des sinus veineux cérébraux (TVC) et de coagulations intravasculaires disséminées (CIVD) chez les personnes de moins de 55 ans.

Le premier ministre français, Jean Castex, âgé de 55 ans, s'est fait vacciner contre la COVID-19 avec le vaccin d'AstraZeneca en début d'après-midi à l'hôpital militaire Bégin de Saint-Mandé (Val-de-Marne).

De son côté, le président du Conseil italien, Mario Draghi, a déclaré que l'Italie reprendrait également ce vendredi les injections du vaccin d'AstraZeneca. Il a aussi annoncé qu'il recevrait lui-même ce vaccin.

En Espagne, la reprise est prévue pour mercredi. Hors d'Europe, le Canada et l'Indonésie ont également exprimé leur volonté de continuer à inoculer le produit du laboratoire anglo-suédois.

En revanche, la Finlande a suspendu vendredi l'utilisation du vaccin, le temps d'enquêter sur deux cas possibles de thrombose, des investigations qui pourraient s'étendre sur une semaine, selon l'Institut finlandais de la santé.

Le Danemark, la Suède et la Norvège ont quant à eux averti qu'il leur faudrait encore du temps pour décider de reprendre ou non la vaccination à l'aide du vaccin d'AstraZeneca. Les trois pays ont promis de rendre leur décision la semaine prochaine.

Le comité d'experts sur la sécurité des vaccins de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a rendu vendredi ses conclusions sur le vaccin contre le COVID-19 d'AstraZeneca.

Le directeur Europe de l'OMS, Hans Kluge, a estimé jeudi que les avantages du vaccin l'emportaient de loin sur tous les risques et que les pays devraient reprendre les injections afin de sauver des vies.

Comparé aux vaccins à ARN messager, comme ceux du duo Pfizer-BioNtech et de Moderna, le sérum d'AstraZeneca repose sur une technique plus classique, l'adénovirus, ce qui le rend plus facile à transporter, à stocker et à distribuer, des atouts pour une vaccination de masse de la population.

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