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Des poètes d'ici pour la Journée de la poésie

Une personne tient un livre ouvert dans ces mains

Le 21 mars a été déclaré Journée mondiale de la poésie par l'UNESCO (archives).

Photo : getty images/istockphoto / patpitchaya

Si le 21 mars marque souvent l'arrivée du printemps, cette date est aussi celle de la Journée mondiale de la poésie décrétée par l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO).

La poésie détient un pouvoir sans égal; celui d’ébranler notre quotidien et de nous rappeler la beauté de ce qui nous entoure et la résilience de l’esprit humain, affirme la directrice générale de l'UNESCO, Audrey Azoulay.

À l'occasion de cette Journée de la poésie, voici quelques recueils poètes de l'Est-du-Québec à (re)découvrir.

La patience du lichen, Noémie Pomerleau-Cloutier (La Peuplade)

Noémie Pomerleau-Cloutier, poétesse, sur le bateau le Bella Desgagnés

Noémie Pomerleau-Cloutier, poétesse, sur le bateau le Bella Desgagnés (archives)

Photo : Noémie Pomerleau-Cloutier

C’est en quelque sorte une poésie documentaire à laquelle nous convie Noémie Pomerleau-Cloutier dans son deuxième recueil de poésie, La patience du lichen. L’autrice, qui est partie récolter des histoires au fil des villages de Basse-Côte-Nord, nous fait découvrir en instantanés la vie de ceux qui habitent aux confins du réseau routier/ là où la liberté sent le gaz. Elle nous propose ainsi une ode à la Côte-Nord et à ses paysages grandioses, mais surtout à ceux qui l’habitent.

ses yeux phares
me racontent
un endroit
où on prendrait soin des anciens
jusqu'à la fin

- Extrait de La patience du lichen


Passer l'hiver, Kateri Lemmens (Éditions du Noroît)

Kateri Lemmens au Salon du livre de Rimouski.

Kateri Lemmens est écrivaine et professeure de lettres et création littéraire à l'Université du Québec à Rimouski (archives).

Photo : Radio-Canada / Samuel Ranger

Que ce soit en hiver ou pendant un confinement, le fait de devoir rester entre quatre murs nous force à nous retourner vers l’intérieur et l’intime. C’est ce que fait Kateri Lemmens dans Passer l'hiver, nous obligeant à prendre une bouffée de temps et à découvrir ce qui soude nos corps [...] à notre part d'infini. Pour passer l'hiver, il faut endurer le froid et la tempête qui fait rage dehors, jusqu'à ce que le printemps revienne, comme une sorte de résurrection, un jour de mai.

le jour où ils ont fermé le fleuve l'autoroute la passe
parce que la tempête a dévoré l'air avec le ciel et la terre
les gens dans l'oubli de la chance qu'ils ont
du peu de souffle
des métastases

- Extrait de Passer l'hiver


Et arrivées au bout nous prendrons racine, Kristina Gauthier-Landry (La Peuplade)

Kristina Gauthier-Landry est assise sur un fauteuil et regarde la caméra.

Kristina Gauthier-Landry est originaire de Natashquan (archives)

Photo : Laurence Grandbois Bernard

Dans le recueil de Kristina Gauthier-Landry, les maisons boudent / tournent le dos / à la mer et la simplicité du quotidien se mélange à un territoire qui force la patience. On y rencontre des chuchotements d'enfants qui se demandent veux-tu être mon amie? et les instants précieux des découvertes où le ravissement est proche.

un sac de chips
un crush aux fraises
un tour de char
au dépanneur
[...]
descendre la côte
sans les mains

voilà la liste des bonheurs disponibles

- Extrait de Et arrivées au bout nous prendrons racine


Te dire où, Sara Dignard (les éditions du passage)

Sara Dignard devant un phare

Sara Dignard a étudié à l'Université du Québec à Rimouski et s'est inspirée des Îles-de-la-Madeleine pour son premier recueil « Le cours normal des choses », également publié aux éditions du passage (archives).

Photo : Nicolas Longpré

Dans Te dire où, Sara Dignard explore le corps de la femme, dans ses origines et dans son passage vers la vieillesse, quand le dos démissionne le premier/ lâche prise une vertèbre après l'autre et que l'on traîne parfois une fatigue lourde comme le deuil d'une mère. La poète parle sans détour de l'insuffisance d'être [s]oi et de l'importance de garder vivantes les lignées de femmes sans repos.

dans l'intervalle où je parle
les gestes rouillent

j'ai des piles de deuils à repasser

on ne m'a pas appris la vaillance
le peau à peau confiant

- Extrait de Te dire où


L'homme est un lion que je n'ai su faire rugir, Pierre-Luc Gagné (Hamac)

Page couverture

Pierre-Luc Gagné est originaire de Rimouski et publie son premier recueil de poésie chez Hamac.

Photo : Radio-Canada

Érotisme, hédonisme et quotidien. C’est ce que l’on retrouve dans le premier recueil de Pierre-Luc Gagné, L'homme est un lion que je n'ai su faire rugir. L'auteur y parle du manque, de l'amour et du désir, de la difficulté à se frayer un chemin entre le pubis et la tête et de la beauté des échanges qui n'ont pas de paroles.

J'ai l'espèce humaine en consignation. J'apprends à sentir autrement, à bourdonner mes envies de sucre, à attendre que la distance se taise, mais rien ne se tait.

- Extrait de L'homme est un lion que je n'ai su faire rugir

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