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Hausse des incidents haineux à l’endroit de la collectivité asiatique à Ottawa

Deux femmes portant le masque dans le quartier chinois d'Ottawa. Derrière elle, on voit l'Arche qui indique l'entrée du quartier chinois.

À Ottawa en 2020, 14 crimes haineux ont été rapportés contre les communautés asiatiques.

Photo : Radio-Canada / Andrew Lee

Radio-Canada

Après les récents événements survenus à Atlanta cette semaine, le Service de police d'Ottawa (SPO) rappelle qu'il faut dénoncer les crimes haineux envers les communautés racialisées.

Plus tôt cette semaine,un homme a tué huit personnes, dont six d'origine asiatique, dans des salons de massage d'Atlanta. Sept de ses victimes sont des femmes.

Le SPO a publié, jeudi, un communiqué pour attirer une fois de plus l'attention du public sur le racisme avec lequel les communautés asiatiques doivent composer, un phénomène accentué par la pandémie, selon les forces de police.

Depuis le printemps dernier, la proportion de membres racialisés de la collectivité ayant été victime d’agressions ou de harcèlement en fonction de leur race, de leur origine ethnique ou de la couleur de leur peau a augmenté relativement au reste de la population, peut-on lire.

Et c'est chez les Canadiens d'origine asiatique que l'on constate la plus forte hausse, selon les données du SPO. En 2020, 14 incidents ont été signalés, contre deux en 2019.

Le SPO assure être allé à la rencontre des communautés pour exprimer son soutien et sa résolution à assurer la sûreté de chacun. Une collaboration avec des personnes-ressources a été mise sur pied et la présence policière s'est vue augmenter.

Le service encourage également les victimes à dénoncer les crimes haineux.

Les incidents motivés par la haine font l’objet d’une enquête approfondie et la police d’Ottawa les prend très au sérieux, a assuré le sergent Ali Toghrol de l’Unité des crimes haineux et préjugés, dans le communiqué du SPO. Nous incitons les membres de notre collectivité ayant été ciblés, qui qu’ils soient, de le déclarer à la police.

La peur d'une attaque similaire

En entrevue à l'émission Sur le vif, la cofondatrice du Groupe d'entraide contre le racisme envers les Asiatiques au Québec, Julie Tran, a indiqué craindre des actes similaires au Québec, soulignant que d'autres groupes ont déjà été victimes de crime haineux dans l'histoire récente.

Nous sommes le bouc émissaire de cette pandémie, a-t-elle fait valoir. Avec la tuerie qui s’est passée [à Atlanta], ça a renforcé la peur au sein même des communautés asiatiques.

Le racisme, l'homogénéité des communautés asiatiques dans l'imaginaire collectif et le fait que l'appellation virus chinois soit répandue pour parler de la COVID-19 ne sont que quelques-uns des facteurs qui enveniment la situation. Ça crée cette peur, a-t-elle résumé.

Elle s'indigne particulièrement de la façon dont la fusillade a été rapportée dans les médias. Mme Tran estime que la thèse de la santé mentale prend beaucoup trop de place dans un cas qui, selon elle, respire le racisme et la sexualisation des communautés asiatiques.

Outre la pandémie, Mme Tran a expliqué qu'il était ardu pour les communautés asiatiques de faire reconnaître le racisme auquel elles doivent faire face.

Elle dénonce le discours selon lequel les personnes asiatiques sont de bons immigrants. Un discours qu'elle qualifie d'extrêmement dangereux et péjoratif pour les autres communautés immigrantes.

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