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Une association inquiète pour l'avenir de son cours de francisation

Le député Greg Fergus parle devant une classe d'étudiants adultes.

Les classes de la RAWQ reçoivent parfois des invités pour tenir des discussions en français. Le député de Hull-Aylmer, Greg Fergus, y a fait un tour avant la pandémie.

Photo :  courtoisie / Regional Association of West Quebecers

L’Outaouais pourrait se retrouver avec une ressource de francisation en moins, alors qu’un cours communautaire gratuit qui a desservi plus de 700 anglophones en trois ans se retrouve menacé, faute de subvention.

La Regional Association of West Quebecers (RAWQ), un organisme qui représente la population anglophone de l’Outaouais, offre des cours de français gratuits à Gatineau, Wakefield et Shawville, depuis 2018.

En trois ans, le nombre de classes est passé de 8 à 12. Et même si la pandémie a rendu les cours virtuels, en raison de la demande, des plans se dessinent pour que quatre groupes additionnels soient ouverts en septembre 2021.

Mais ce projet pourrait ne jamais se réaliser. La session en cours pourrait être la dernière, s’inquiète le directeur général du RAWQ, Linton Garner, alors que le ministère des Affaires municipales et de l'Habitation (MAMHQ) a récemment refusé la dernière demande de subvention de l’organisme.

Linton Garner dans un bureau, devant une bannière sur laquelle il est écrit « West Quebecers ».

Linton Garner, directeur général de l'Association régionale des West Quebecers

Photo : Radio-Canada / Jean Delisle

Au dernier semestre, 180 étudiants étaient inscrits, et plusieurs dizaines de personnes se trouvaient sur des listes d’attente.

On est pas mal déçus. On avait pensé qu’on avait offert un bon service à la population. On avait pensé qu’on avait fait notre part pour s’assurer que notre population soit capable de s’intégrer dans le milieu francophone, de travailler, de parler avec leurs voisins, de participer dans la vie quotidienne, a laissé tomber M. Garner.

Pas assez de votes

En 2018, une subvention de 73 464 $ a été accordée au RAWQ.

À la suite d’une réponse favorable de la clientèle visée, indique le MAMHQ par courriel, l’aide financière a été augmentée à 164 064 $ et la réalisation du projet prolongée jusqu'au printemps 2021.

Le fonds qui finançait les cours du RAWQ est géré par un comité de sélection régional formé des préfets des quatre MRC de l’Outaouais et du maire de Gatineau.

Lorsque la demande a atterri sur la table du comité, les options à évaluer étaient nombreuses. Des demandes totalisant plus de six millions de dollars ont été soumises par divers organismes de la région, plus du double de l’enveloppe disponible, indique le MAMHQ.

Selon la préfète de la MRC du Pontiac, Jane Toller, le cours de français n’a simplement pas reçu assez de votes.

Jane Toller debout devant un lutrin.

La préfète de la MRC du Pontiac, Jane Toller

Photo : Radio-Canada

Plus de la moitié des résidents du Pontiac ont l’anglais comme langue maternelle, ajoute la préfète. La MRC des Collines aussi a une bonne population anglophone, soit près du quart de ses résidents.

Dans les autres MRC, il n’y a peut-être pas autant de gens qui ont besoin d’apprendre cette langue. Mais ça devrait tout de même y être offert, parce que nous devrions tous encourager de nouveaux résidents à s’installer, qu’ils aient l’anglais ou une autre langue comme langue maternelle, croit Mme Toller.

Toutefois, la préfète croit qu’aucun organisme ne devrait s’attendre à recevoir cette subvention année après année. Nous voulons que chacun trouve un moyen d’être indépendant et durable, ajoute-t-elle.

De l'espoir

Pour le RAWQ, tout espoir n'est pas perdu. Linton Garner compte continuer d’interpeller les politiciens locaux et explorer d’autres sources de financement afin qu’une septième session ait lieu.

Selon lui, le cours de français a représenté au fil des ans un petit montant en termes de subventions et s’inscrit dans l’objectif des gouvernements provincial et fédéral d’encourager l’usage du français.

L’Association a tenu à ce que les cours restent entièrement gratuits pour en assurer l’accessibilité.

C’est pas évident pour tout le monde. Dans notre communauté, le taux de pauvreté est plus élevé que [chez] les francophones. Le taux de chômage est plus élevé. [...] Ça représenterait une grande perte de ressources pour notre communauté, s’inquiète M. Garner.

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