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Des chauffeurs de taxi albertains se sentent abandonnés par la province

Un taxi attend un client devant l'hôtel The Westin, dans le centre-ville d'Edmonton, le 10 avril 2019.

Plusieurs chauffeurs de taxi albertains demandent l'aide de la province pour survivre à la baisse de leur clientèle pendant la pandémie.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Depuis des mois, les chauffeurs de taxi albertains rapportent des chutes de revenus allant jusqu’à 60 % en raison du manque de clients. Plusieurs d’entre eux, qui ne se qualifient ni pour la prime aux travailleurs essentiels ni pour les programmes d’aide aux petites entreprises, se sentent laissés pour compte.

Assis dans son taxi près d’un hôtel d’Edmonton, Ahmed Charkieh attend des clients potentiels.

Avec les aéroports, les restaurants et les bars quasi déserts, les appels se font toutefois rares. Il estime que son chiffre d’affaires a baissé de 40 à 50 % dans les derniers mois.

On travaille littéralement 7 jours par semaine, 12 heures par jour juste pour survivre, dit-il.

Comme la plupart des chauffeurs de taxi, il est travailleur autonome, sous contrat, et non employé. Il ne se qualifie donc pas pour la prime de 1200 $ que l’Alberta a promise aux travailleurs essentiels.

La province a certes mis en place un programme de relance pour les petites entreprises, mais seules les entreprises qui ont dû fermer ou réduire leurs opérations sur ordre de la santé publique y ont accès.

Parce qu’on est indépendants, il y a un tas de programmes qui sont offerts aux travailleurs ordinaires dont on ne peut pas profiter, déplore Ahmed Charkieh.

Selon l’opposition officielle, la situation des chauffeurs montre que le gouvernement est complètement déconnecté de la réalité des travailleurs albertains.

La porte-parole néo-démocrate en matière de travail, Christina Gray, soutient que le gouvernement avait promis que les chauffeurs pourraient profiter du programme de relance pour les petites entreprises, mais qu'il « a menti ».

Je m’inquiète que les ministres ne comprennent même pas leurs programmes d’aide financière, avance-t-elle.

L’opposition soutient d’ailleurs que la prime aux travailleurs essentiels, qui s’est fait attendre pendant des mois, est remplie d’incohérences.

Dans une épicerie, un employé qui a travaillé plus de 300 heures se qualifie, mais son collègue, peut-être pas. Le caissier se qualifie, mais le gardien de sécurité à la porte, non, souligne-t-elle dans un courriel.

Des programmes fédéraux accessibles, mais insuffisants

Les chauffeurs de taxi qui ont perdu plus de 50 % de leurs revenus peuvent bénéficier d’un programme fédéral, la Prestation canadienne de la relance économique (PCRE). Celle-ci leur donne jusqu’à 500 $ par semaine.

Même avec cette bouée de sauvetage, toutefois, Jagdish Loteuy, un chauffeur pour l'entreprise Yellow Cab, explique qu’il peine à joindre les deux bouts.

Jagdish Loteuy est assis dans son taxi, stationné dans la rue.

Même avec la PCRE, Jagdish Loteuy, chauffeur de taxi depuis cinq ans, travaille de 12 à 15 heures par jour pour tenter de subvenir aux coûts de permis, d'immatriculation et de location de son véhicule.

Photo : Radio-Canada / Mirna Djukic

L'entreprise lui loue son véhicule au même prix qu’avant la pandémie. Il doit également payer lui-même pour le permis municipal, l’immatriculation du véhicule et le permis de conduire.

La province devrait intervenir auprès des propriétaires de compagnie pour qu’ils réduisent les frais [de location de véhicule], suggère-t-il. Elle devrait aussi travailler avec les municipalités pour suspendre les frais.

Les chauffeurs qui ont perdu moins de 50 % de leurs revenus ne se qualifient pas pour la PCRE.

Le programme de prime pour les travailleurs essentiels est financé à hauteur de 387 millions de dollars pour le fédéral, et de 118 millions par le gouvernement provincial. C’est ce dernier qui détermine les critères d'admissibilité.

Les employeurs du secteur privé ont jusqu’au 19 mars pour faire une demande au nom de leurs employés.

Le gouvernement n’avait pas répondu aux demandes de Radio-Canada avant la publication de cet article.

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