•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Montréal prend les grands moyens pour redonner vie au centre-ville cet été

Des immeubles de bureaux du centre-ville de Montréal.

Le centre-ville de Montréal a été largement abandonné depuis le début de la pandémie.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La Presse canadienne

Montréal entend faire l'impossible pour redonner vie à son centre-ville cet été, mais devra se résigner au fait que l'ensemble des travailleurs des tours de bureaux n'y seront pas.

La mairesse Valérie Plante, entourée de dirigeants d'organismes des secteurs économique, touristique et culturel, a présenté jeudi un plan de relance du centre-ville qui comprend des investissements de plus de 33 millions de dollars provenant du gouvernement du Québec, de la Ville de Montréal et de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

On met en place tous les éléments pour éviter l'enclenchement d'un cycle de dévitalisation du centre-ville. [...] Il n'y a aucune des mesures qu'on vous annonce qui peut répondre individuellement à cet enjeu majeur. Et il n'y a aucun des partenaires à lui seul qui peut, non plus, y faire face, a martelé Luc Rabouin, responsable du développement économique au comité exécutif de la Ville de Montréal.

Cure d'embellissement festive

L'objectif est de rendre l'espace urbain attrayant par l'ouverture de terrasses élargies, la piétonnisation de certaines artères, de l'animation et des spectacles, du moins dans les salles qui pourront rouvrir à compter du 26 mars.

Parmi les initiatives prévues, une enveloppe de 3 millions de dollars est destinée aux festivals et aux arts du cirque afin de soutenir la création de nouvelles formules adaptées au contexte sanitaire. Un autre montant de 3 millions $ vise des aménagements et l'animation. Les commerces, particulièrement les bars et les restaurants, auront accès à une enveloppe de 4 millions $ pour soutenir leur réouverture. De plus, la Ville réduit le coût d'un permis de terrasse à la somme symbolique de 50 $, tout en promettant de la flexibilité pour l'aménagement de terrasses plus grandes.

La gratuité du stationnement sur rue les vendredis soirs et les fins de semaine sera prolongée jusqu'à la fête du Travail, dans l'espoir d'attirer des citoyens de l'extérieur.

Pour améliorer l'expérience montréalaise, Valérie Plante estime que le centre-ville doit se parer de ses plus beaux atours, ce qui inclut jusqu'aux chantiers de construction privés.

On mise beaucoup sur l'animation, la propreté, la gestion des chantiers, les nôtres, mais aussi encourager les chantiers privés. On veut des chantiers privés propres et sécuritaires. Il va y avoir des sommes pour accompagner ces chantiers, pour habiller les chantiers pour que ce soit plus beau, a dit la mairesse.

Les tours de bureaux vides

Par ailleurs, la revitalisation du centre-ville est un objectif difficilement réalisable sans la présence des travailleurs qui peuplent les tours de bureaux le jour.

Pour réussir une relance, il y a différents éléments qui doivent être remis en place, mais le premier, c'est de ramener du monde, a fait valoir Valérie Plante. Il va y avoir une stratégie de retour dans les tours à bureaux.

Le président de la Chambre de commerce, Michel Leblanc, admet que la tâche sera difficile. D'une part, le télétravail en combinaison avec une présence ponctuelle au bureau, le modèle hybride, va probablement durer, dit-il. D'autre part, l'été arrivera trop vite pour plusieurs.

Les grands employeurs, les grandes entreprises parlent de septembre. Certaines ont même parlé d'un moment plus tard. Le défi qu'on va se lancer, c'est de voir comment on peut rapprocher ça, dit-il.

Il admet, par ailleurs, que personne ne se laissera pousser dans le dos. Les employeurs disent : nous ne devancerons jamais ce que la santé publique va autoriser.

Par contre, même si elles ont découvert les avantages du télétravail, les entreprises en ont aussi découvert les inconvénients. Il dit avoir reçu des dizaines d'appels à ce sujet provenant d'employeurs qui sont extrêmement frustrés.

Il y a une perception qu'on a atteint les limites du télétravail sur l'efficacité à l'intérieur de l'entreprise, l'intégration des nouveaux travailleurs – c'est extrêmement difficile quand les gens ne se rencontrent pas – le maintien des cultures organisationnelles quand les gens sont éparpillés, la productivité des équipes créatives qui développent des projets.

Contrer l'exode

Michel Leblanc ne cache pas son inquiétude face aux discours qui circulent dans les milieux d'affaires depuis que la pandémie a forcé tout le monde à revoir l'organisation du travail.

On entend parler de modèles avec des pôles en banlieue, des pôles à l'extérieur, en périphérie. Donc, ça pose la question : est-ce que ces gens-là vont revenir travailler au centre-ville?

Une citation de :Michel Leblanc, président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain

Selon lui, le dynamisme de la restauration, des commerces et de la vie urbaine repose presque entièrement sur la présence des travailleurs.

Or, pour ramener les gens, il faudra les rassurer que ça va être sécuritaire de s'y rendre en transport collectif, d'y travailler, de sortir à l'extérieur, d'aller dans les foires commerciales, d'aller dans les foires alimentaires.

Un plan de sécurisation des immeubles – ascenseurs, espaces communs, etc. – est en cours d'élaboration avec la Direction de santé publique. Celui-ci doit non seulement se pencher sur les aires communes, mais sur l'aménagement des bureaux lui-même, notamment les espaces de travail, et même sur des espaces de travail extérieurs.

Il reconnaît à mots à demi couverts que plusieurs employeurs auront vu, avec le télétravail et un éventuel modèle hybride, une occasion de réduire leurs frais de location de bureau en réduisant l'espace dont ils ont besoin. Il y voit cependant une belle occasion d'attirer de nouveaux joueurs, particulièrement des PME et des entreprises en émergence. Une somme de 2 millions de dollars a été prévue spécifiquement pour soutenir l'installation d'entreprises en émergence au centre-ville.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !